Un choc d'ignorances    Orior : Le groupe rachète le belge Culinor    CNAN : Un nouveau navire de transport de marchandise réceptionné    USA : Les banquiers centraux au chevet de la faible croissance    Afrique du Sud : Un maire de l'opposition élu à Johannesburg    Guinée : Des investissements nécessaires pour réhabiliter le réseau routier    Camps de réfugiés sahraouis : Les agences humanitaires de l'ONU appellent à une réponse urgente    Scandale des JO : Berraf dément toutes les accusations contre le COA    Ligue 1 Mobilis : Match perdu et défalcation de trois points pour les Relizanais    Souk Ahras : La figue de barbarie inonde les espaces commerciaux    Barrage d'Ain Dalia : 5.000 m3 supplémentaires pour renforcer l'AEP    Annaba : Importance d'encourager les recherches sur les traces du roi Jugurtha    Souk Ahras : Le premier roman de Samir Bouzidi apparaît    La gestion de l'élite décriée par les spécialistes    «Les mesures qui s'imposent seront prises»    On vous le dit    Ooredoo : Joseph Ged quitte l'Algérie    Nouvelles d'Oran    Jeunesse et Sports : renforcer le dispositif d'échange    Commerce extérieur : Les recettes des hydrocarbures chutent de 32%    Ligue 1 : Les derbies algérois au 5 Juillet    Ce qu'on peut voir au musée    Une bâtisse historique peu connue !    Une édition pour tous les Amazighs en vue    Rio ou la soif de l'or    Addis-Abeba promet qu'il ne sera pas inquiété    Un rapport d'enquêteurs de l'ONU attendu    Combats douteux    "Elle sera explosive"    40.000 hadjis l'année prochaine    4 conteneurs de viande avariée saisis à Boumerdès    Bouira attend son institut médical    La lutte contre la cybercriminalité de plus en plus complexe    L'homme d'une "success story"    L'Union des familles laïques de France s'en mêle    Le huis clos reprend de plus belle    Rachid Ghezzal dit non à Everton    Le court métrage "Koceila" au programme    Un premier recueil de nouvelles de Karima Aitouche    Grande affluence à la représentation    Les agences humanitaires de l'ONU appellent à une réponse urgente    « Réformer, c'est faire du secteur éducatif un vecteur du savoir »    Le nouveau tarif douanier à 10 chiffres entrera en vigueur le 18 septembre    Les hadjis algériens affluent vers Médine    "On s'en tient à la lettre du Président"    Lamamra : "Cela ne reflète pas la réalité de l'Algérie"    2 060 fusils seront restitués début septembre    «La place du MSP n'est pas dans l'opposition»    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Hommage franco-algérien au château royal d'Amboise
Bicentenaire de la naissance de l'émir Abdelkader
Publié dans El Watan le 26 - 05 - 2009

Le souffle de Abdelkader animait, il y a quelques jours, le château d'Amboise (Indre-et-Loire France), lors d'une rencontre extraordinaire initiée par Mohamed Bouderbala, président de l'association France Algérie Centre avec le concours sensible et généreux de Jean-Louis Sureau, directeur du château et le soutien actif de la mairie de la ville.
Cette réception, en hommage à l'Emir pour le bicentenaire de sa naissance, a été honorée par la présence de M. Boutaleb, président de la Fondation Emir Abdelkader à Alger, de M. Benchehida, directeur de la communication, de l'information et de la documentation du ministère algérien des Affaires étrangères, de Mme Claude Roiron, présidente du Conseil régional d'Indre et Loire, Mme Bariza Khiari, vice-présidente des amitiés franco-algériennes du Sénat français, l'écrivaine Karima Berger, auteure de l'ouvrage intitulé Eclats d'Islam, (éd. Albin Michel 2009), l'historien Ahmed Koulakssis, auteur de L'Emir Khaled (éd. L'Harmattan 1987), descendant de Abdelkader et première figure du nationalisme politique algérien. Les dignitaires locaux le pressentaient depuis quelques années : la personnalité exceptionnellement riche de l'émir, son intégrité morale et son ouverture d'esprit allaient faire de lui l'ambassadeur nécessaire de la fraternité et du respect d'autrui, dans la société française et par-delà les frontières.
Ils étaient présents déjà en 2005 aux côtés de S.E Idriss Jazaïri, parent d'Abdelkader, lors de l'inauguration du jardin d'Orient réalisé par l'artiste algérien de renommée internationale, Rachid Koraïchi. Un cimetière musulman dans l'enceinte du château royal d'Amboise, l'un des joyaux du Val de Loire ! Oui, vingt-cinq stèles porteuses d'un verset coranique dédiées aux membres de la suite de l'Emir, ensevelies trop vite entre 1848 et 1852. Oui, dans un château renaissance, le sens du mot éclate aujourd'hui. La sève circule dans son grand cèdre, les racines et les branches ont repris leur pousse et s'étirent irrésistiblement dans la lumière spirituelle d'Abdelkader. La même lumière éclaire l'œuvre de Koraïchi qui a réuni le Jardin des artisans d'Alger, d'Amboise et de Damas où l'Emir a fini ses jours. Un peu de pluie, dimanche, ne pouvait rien contre elle.
Après un moment de recueillement, les hôtes de château ont suivi ses pas dans le parc du château jusqu'à sa représentation fidèle, par l'artiste Michel Audiard, debout contre le ciel, tout près du lieu où l'Emir avait pris l'habitude de se retirer pour prier. La réussite de la rencontre du 17 mai résulte bien de la lucidité et du désir : la conscience du passé que l'on affronte pour l'assumer et la joie, déjà, d'une confiance que l'on travaille à restaurer à la source de l'âme. Le cœur n'est pas mièvre, c'est une forge, les artistes le savent. Une foule dense était venue de diverses régions d'Algérie et de France saluer le fondateur de l'Etat algérien et le mystique exemplaire dans le combat des armes et celui de l'esprit, dont la présence vivante irradie l'Orient et l'Occident. Le soleil du cœur touche au centre et ne meurt pas : Amboise, hier, n'avait plus de coordonnées sur nos cartes. Nous étions suspendus au seuil d'une terre de lumière. Quelques cadeaux ont été échangés.
En tant que marraine du bicentenaire, j'ai offert à M. Boutaleb, pour la Fondation d'Alger, un portrait de l'Emir combattant que j'ai réalisé à l'encre, où l'on voit Abdekader, dans une bourrasque, se retourner et recevoir l'éclat divin. Ensuite est venu le temps simple et chaleureux de la collation traditionnelle sur une table dressée près de la formidable statue d'Abdelkader, d'1,86 m de haut, réalisée en métal par l'artiste amboisien Fernand Martin Dumagny, puis M. Sureau nous a guidés vers la salle où l'Emir avait vécu, deux fois majestueuse désormais et Nassima a chanté, accompagnée de ses musiciens. Des textes soufis qu'elle a mis en musique, des chants de l'exil et ceux de l'amour, d'une voix pleine et pure. Quelqu'un a soufflé alors le mot de « communion », il était juste. La voix inouïe de Nassima nous a ravis, bouleversés et étonnés d'être invités à cette hauteur.
La réconciliation entre l'Algérie et la France peut se vivre maintenant. Oui, peut-être, hier nous le sentions, nous le savions, mais à une condition : de nous engager à la vivre jusqu'aux profondeurs. Dans l'aire authentique où les stratégies n'ont plus leur place, où les intérêts sont annulés par la force de la grâce. Or, l'Algérie est un trésor spirituel, artistique et littéraire. Les soldats français ont eu la grossièreté de déchirer les livres merveilleux de l'Emir pour les jeter aux vents du désert, cette image ne me quitte pas. Les feuilles des livres de la science et de la philosophie, les poèmes persans, les enluminures dont le secret du bleu est perdu, le mystère admirable de l'Orient bafoué, piétiné, éparpillé. Réparer cela, maintenant ? Témoigner, en tout cas. Et de toutes les forces du cœur, avec une énergie sans réserve. Pour que nos amis algériens soient reconnus dans leur dimension essentiellement belle et subtile, et qu'ils puissent être heureux de leur culture, puisqu'ils sont la science et la philosophie, la poésie, l'art d'écrire et de bâtir. Les penseurs et les artistes français doivent être les premiers à fêter avec eux reconnaissance et retrouvailles. Veuille le ciel féconder entre nous les voies ouvertes hier lors d'une rencontre résolument porteuse de germes d'avenir.
Martin Le Coz : Auteur de deux ouvrages sur Abdelkader : Le Jardin d'Orient (Ed. Michalon 2008) et La Couronne de vent (Ed. Al Manar 2009) le 18 mai 2009, à Amboise.(intervention au centre culturel d'Alger, dimanche 24 mai à 17 h)


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.