Abdelghani Hamel salue les résultats positifs accomplis par la police algérienne    Hydraulique: 411 projets mis en service au premier semestre 2014 (ministre)    Au moins 75 civils victimes des raids de l'armée irakienne    Plus de 3,5 tonnes de marchandises saisies à Bejaia    Transfert : Yacine Brahimi (Grenade) s'engage pour cinq ans avec le FC Porto    PLUS DE 600 MORTS, 4000 BLESSES ET 100 000 DEPLACES : Gaza pleure ses morts    La police fête son 52ème anniversaire    Algérie Telecom étend son offre 4G LTE fixe aux cybercafés    L'euro stable face au dollar sur les marchés asiatiques    Ain Defla : 3 morts et 16 blessés dans un accident de la route    D'autres manifestations sont prévues dans d'autres villes    Les attentats visent notamment les forces de sécurité    Disparu depuis le 13 juillet    ASO Chlef : La préparation bat son plein avant les derniers réglages en Turquie    L'Occident joue l'Autorité palestinienne contre le Hamas    Constructions inachevées : Près de 2.500 dossiers, seulement, régularisés en 5 ans    Hamid Grine : «Séparer le bon grain de l'ivraie»    Ghardaïa : Lueur d'espoir    Transport de voyageurs et de marchandises : 1.470 décès dans des accidents    Education : Révélations sur un massacre    Prise en charge des cancéreux: De souffrances en souffrances    Algérie: Le projet de loi relatif au service national adopté à l'unanimité    La Chine veut renforcer ses investissements en Algérie    Un plan d'action pour booster le théâtre    EN BREF    Les APC s'efforcent d'aider les familles nécessiteuses    Crash d'un hélicoptère de l'armée libyenne    Au Brésil, les opérateurs télécoms sont les grands gagnants du Mondial    Installé récemment aux commandes de l'équipe nationale    "Je me suis trompé en partant à l'Inter"    Suspension des négociations de paix à Brazzaville    Monaco justifie la vente de James au Real Madrid    Malya Saâdi donne un concert à Alger    Les taliban s'expriment en tamazight    Etrange silence des partis et organisations politiques    Nessma Tv zappe Ghaza et opte pour le Ramadhan    De l'inhumanité du colonialisme...    Mais où est donc passé le glaive de Constantin ?    Une caravane pédagogique pour les jeunes    Hommage au jurisconsulte, Al-Gubrini (1246-1314)    Marchés : Les Bourses européennes tiraillées entre inquiétude géopolitique et bons résultats    Une fusillade fait quatre morts à Mombasa    Ghaza: L'Algérie appelle le Conseil de sécurité à agir pour mettre fin à l'agression militaire israélienne    Les Rouge et Noir fin prêts pour la Supercoupe    «Halilhodzic avait la chance d'avoir derrière lui un homme comme Raouraoua»    Le champ politique a joué la carte de son destin !    4e match amical et 4e victoire de l'USM Alger    Wall Street rebondit grâce aux résultats d'entreprises    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.




Vos amis recommandent

Hommage franco-algérien au château royal d'Amboise
Bicentenaire de la naissance de l'émir Abdelkader
Publié dans El Watan le 26 - 05 - 2009

Le souffle de Abdelkader animait, il y a quelques jours, le château d'Amboise (Indre-et-Loire France), lors d'une rencontre extraordinaire initiée par Mohamed Bouderbala, président de l'association France Algérie Centre avec le concours sensible et généreux de Jean-Louis Sureau, directeur du château et le soutien actif de la mairie de la ville.
Cette réception, en hommage à l'Emir pour le bicentenaire de sa naissance, a été honorée par la présence de M. Boutaleb, président de la Fondation Emir Abdelkader à Alger, de M. Benchehida, directeur de la communication, de l'information et de la documentation du ministère algérien des Affaires étrangères, de Mme Claude Roiron, présidente du Conseil régional d'Indre et Loire, Mme Bariza Khiari, vice-présidente des amitiés franco-algériennes du Sénat français, l'écrivaine Karima Berger, auteure de l'ouvrage intitulé Eclats d'Islam, (éd. Albin Michel 2009), l'historien Ahmed Koulakssis, auteur de L'Emir Khaled (éd. L'Harmattan 1987), descendant de Abdelkader et première figure du nationalisme politique algérien. Les dignitaires locaux le pressentaient depuis quelques années : la personnalité exceptionnellement riche de l'émir, son intégrité morale et son ouverture d'esprit allaient faire de lui l'ambassadeur nécessaire de la fraternité et du respect d'autrui, dans la société française et par-delà les frontières.
Ils étaient présents déjà en 2005 aux côtés de S.E Idriss Jazaïri, parent d'Abdelkader, lors de l'inauguration du jardin d'Orient réalisé par l'artiste algérien de renommée internationale, Rachid Koraïchi. Un cimetière musulman dans l'enceinte du château royal d'Amboise, l'un des joyaux du Val de Loire ! Oui, vingt-cinq stèles porteuses d'un verset coranique dédiées aux membres de la suite de l'Emir, ensevelies trop vite entre 1848 et 1852. Oui, dans un château renaissance, le sens du mot éclate aujourd'hui. La sève circule dans son grand cèdre, les racines et les branches ont repris leur pousse et s'étirent irrésistiblement dans la lumière spirituelle d'Abdelkader. La même lumière éclaire l'œuvre de Koraïchi qui a réuni le Jardin des artisans d'Alger, d'Amboise et de Damas où l'Emir a fini ses jours. Un peu de pluie, dimanche, ne pouvait rien contre elle.
Après un moment de recueillement, les hôtes de château ont suivi ses pas dans le parc du château jusqu'à sa représentation fidèle, par l'artiste Michel Audiard, debout contre le ciel, tout près du lieu où l'Emir avait pris l'habitude de se retirer pour prier. La réussite de la rencontre du 17 mai résulte bien de la lucidité et du désir : la conscience du passé que l'on affronte pour l'assumer et la joie, déjà, d'une confiance que l'on travaille à restaurer à la source de l'âme. Le cœur n'est pas mièvre, c'est une forge, les artistes le savent. Une foule dense était venue de diverses régions d'Algérie et de France saluer le fondateur de l'Etat algérien et le mystique exemplaire dans le combat des armes et celui de l'esprit, dont la présence vivante irradie l'Orient et l'Occident. Le soleil du cœur touche au centre et ne meurt pas : Amboise, hier, n'avait plus de coordonnées sur nos cartes. Nous étions suspendus au seuil d'une terre de lumière. Quelques cadeaux ont été échangés.
En tant que marraine du bicentenaire, j'ai offert à M. Boutaleb, pour la Fondation d'Alger, un portrait de l'Emir combattant que j'ai réalisé à l'encre, où l'on voit Abdekader, dans une bourrasque, se retourner et recevoir l'éclat divin. Ensuite est venu le temps simple et chaleureux de la collation traditionnelle sur une table dressée près de la formidable statue d'Abdelkader, d'1,86 m de haut, réalisée en métal par l'artiste amboisien Fernand Martin Dumagny, puis M. Sureau nous a guidés vers la salle où l'Emir avait vécu, deux fois majestueuse désormais et Nassima a chanté, accompagnée de ses musiciens. Des textes soufis qu'elle a mis en musique, des chants de l'exil et ceux de l'amour, d'une voix pleine et pure. Quelqu'un a soufflé alors le mot de « communion », il était juste. La voix inouïe de Nassima nous a ravis, bouleversés et étonnés d'être invités à cette hauteur.
La réconciliation entre l'Algérie et la France peut se vivre maintenant. Oui, peut-être, hier nous le sentions, nous le savions, mais à une condition : de nous engager à la vivre jusqu'aux profondeurs. Dans l'aire authentique où les stratégies n'ont plus leur place, où les intérêts sont annulés par la force de la grâce. Or, l'Algérie est un trésor spirituel, artistique et littéraire. Les soldats français ont eu la grossièreté de déchirer les livres merveilleux de l'Emir pour les jeter aux vents du désert, cette image ne me quitte pas. Les feuilles des livres de la science et de la philosophie, les poèmes persans, les enluminures dont le secret du bleu est perdu, le mystère admirable de l'Orient bafoué, piétiné, éparpillé. Réparer cela, maintenant ? Témoigner, en tout cas. Et de toutes les forces du cœur, avec une énergie sans réserve. Pour que nos amis algériens soient reconnus dans leur dimension essentiellement belle et subtile, et qu'ils puissent être heureux de leur culture, puisqu'ils sont la science et la philosophie, la poésie, l'art d'écrire et de bâtir. Les penseurs et les artistes français doivent être les premiers à fêter avec eux reconnaissance et retrouvailles. Veuille le ciel féconder entre nous les voies ouvertes hier lors d'une rencontre résolument porteuse de germes d'avenir.
Martin Le Coz : Auteur de deux ouvrages sur Abdelkader : Le Jardin d'Orient (Ed. Michalon 2008) et La Couronne de vent (Ed. Al Manar 2009) le 18 mai 2009, à Amboise.(intervention au centre culturel d'Alger, dimanche 24 mai à 17 h)


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.