MCA : Kerbadj confirme la tenue des derbies au 5-Juillet    Sellal en visite de travail à Tizi Ouzou    Séisme de magnitude 5.3 enregistré à Médéa    Pétrole: Réunion cruciale de l'OPEP le 2 juin    Pour le grand bien d'Israël    Hillary Clinton, Tony Blair, les faces sinistres de l'Occident    Constantine - Sortie d'une nouvelle promotion: Des officiers de police prêtent serment    Mohamed Zerrouati (Membre du conseil d'administration de la JS Saoura): «Travail et persévérance, gages de la réussite»    Hand ball - Division Excellence: Le GS Pétroliers fait un grand pas pour le titre    Sellal: De nouvelles taxes en 2017    CHLEF: Mise en place d'un dispositif sécuritaire pour le BAC    Quatre personnes mortes noyées dans une mare d'eau à Djelfa    Gdyel: Remise, aujourd'hui, des clés de 180 logements LPA    ZEMMOURA: Le correspondant de presse Berrached Mohamed n'est plus    Plus c'est pti...    Ghezzal «Le coach peut compter sur moi face aux Seychelles»    MCA :Ghrib : «Innocent, Chaouchi est victime d'un complot»    Nord du Mali : Cinq soldats maliens tués et quatre blessés dans l'explosion d'une mine    Nucléaire: l'utopie Obama!    L'ONU encourage le rapprochement    Maroc : Le tribunal européen a été très clair dans son jugement    Adhésion de la Turquie à l'UE: Parcours d'obstacles ou jeu de dupes?    Les premiers jalons juridiques de la Constitution    L'Arav victime de sa sagesse et de sa vieillesse    USA : Janet Yellen promet une hausse des taux "dans les prochains mois"    La ville la plus chaude de la planète    La grande question    Le HBCB et le REH accèdent en division excellence    Hanni: "Ce serait un immense plaisir"    Communes agricoles: l'éternel endettement    Mauritanie : La grève à la grande mine d'or de Tasiast se poursuit    Tunisie : Les compétences tunisiennes peuvent être recrutées par le Koweït    Saâdani baisse le ton à Maghnia    Fête du tapis à Tiaret : 37 artisans y participent    Des citoyens exigent le départ du maire et de son équipe    Ils incitaient des lycéennes à la débauche    60.000 AVC annuellement en Algérie    Quelle part d'incertitudes ?    Et Daesh est toujours là    Le 4 juin à Oran    Au menu du Festival du film africain de Galway    Le français indésirable dans les universités algériennes?    Le président Bouteflika félicite son homologue Mutalu Teshome    16e partie    67e partie    Remise des prix aux lauréats    Visite d’une délégation de l’institut Français des hautes études en sécurité    Théâtre : «Ana Djazairi» en tournée durant le mois sacré    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Hommage franco-algérien au château royal d'Amboise
Bicentenaire de la naissance de l'émir Abdelkader
Publié dans El Watan le 26 - 05 - 2009

Le souffle de Abdelkader animait, il y a quelques jours, le château d'Amboise (Indre-et-Loire France), lors d'une rencontre extraordinaire initiée par Mohamed Bouderbala, président de l'association France Algérie Centre avec le concours sensible et généreux de Jean-Louis Sureau, directeur du château et le soutien actif de la mairie de la ville.
Cette réception, en hommage à l'Emir pour le bicentenaire de sa naissance, a été honorée par la présence de M. Boutaleb, président de la Fondation Emir Abdelkader à Alger, de M. Benchehida, directeur de la communication, de l'information et de la documentation du ministère algérien des Affaires étrangères, de Mme Claude Roiron, présidente du Conseil régional d'Indre et Loire, Mme Bariza Khiari, vice-présidente des amitiés franco-algériennes du Sénat français, l'écrivaine Karima Berger, auteure de l'ouvrage intitulé Eclats d'Islam, (éd. Albin Michel 2009), l'historien Ahmed Koulakssis, auteur de L'Emir Khaled (éd. L'Harmattan 1987), descendant de Abdelkader et première figure du nationalisme politique algérien. Les dignitaires locaux le pressentaient depuis quelques années : la personnalité exceptionnellement riche de l'émir, son intégrité morale et son ouverture d'esprit allaient faire de lui l'ambassadeur nécessaire de la fraternité et du respect d'autrui, dans la société française et par-delà les frontières.
Ils étaient présents déjà en 2005 aux côtés de S.E Idriss Jazaïri, parent d'Abdelkader, lors de l'inauguration du jardin d'Orient réalisé par l'artiste algérien de renommée internationale, Rachid Koraïchi. Un cimetière musulman dans l'enceinte du château royal d'Amboise, l'un des joyaux du Val de Loire ! Oui, vingt-cinq stèles porteuses d'un verset coranique dédiées aux membres de la suite de l'Emir, ensevelies trop vite entre 1848 et 1852. Oui, dans un château renaissance, le sens du mot éclate aujourd'hui. La sève circule dans son grand cèdre, les racines et les branches ont repris leur pousse et s'étirent irrésistiblement dans la lumière spirituelle d'Abdelkader. La même lumière éclaire l'œuvre de Koraïchi qui a réuni le Jardin des artisans d'Alger, d'Amboise et de Damas où l'Emir a fini ses jours. Un peu de pluie, dimanche, ne pouvait rien contre elle.
Après un moment de recueillement, les hôtes de château ont suivi ses pas dans le parc du château jusqu'à sa représentation fidèle, par l'artiste Michel Audiard, debout contre le ciel, tout près du lieu où l'Emir avait pris l'habitude de se retirer pour prier. La réussite de la rencontre du 17 mai résulte bien de la lucidité et du désir : la conscience du passé que l'on affronte pour l'assumer et la joie, déjà, d'une confiance que l'on travaille à restaurer à la source de l'âme. Le cœur n'est pas mièvre, c'est une forge, les artistes le savent. Une foule dense était venue de diverses régions d'Algérie et de France saluer le fondateur de l'Etat algérien et le mystique exemplaire dans le combat des armes et celui de l'esprit, dont la présence vivante irradie l'Orient et l'Occident. Le soleil du cœur touche au centre et ne meurt pas : Amboise, hier, n'avait plus de coordonnées sur nos cartes. Nous étions suspendus au seuil d'une terre de lumière. Quelques cadeaux ont été échangés.
En tant que marraine du bicentenaire, j'ai offert à M. Boutaleb, pour la Fondation d'Alger, un portrait de l'Emir combattant que j'ai réalisé à l'encre, où l'on voit Abdekader, dans une bourrasque, se retourner et recevoir l'éclat divin. Ensuite est venu le temps simple et chaleureux de la collation traditionnelle sur une table dressée près de la formidable statue d'Abdelkader, d'1,86 m de haut, réalisée en métal par l'artiste amboisien Fernand Martin Dumagny, puis M. Sureau nous a guidés vers la salle où l'Emir avait vécu, deux fois majestueuse désormais et Nassima a chanté, accompagnée de ses musiciens. Des textes soufis qu'elle a mis en musique, des chants de l'exil et ceux de l'amour, d'une voix pleine et pure. Quelqu'un a soufflé alors le mot de « communion », il était juste. La voix inouïe de Nassima nous a ravis, bouleversés et étonnés d'être invités à cette hauteur.
La réconciliation entre l'Algérie et la France peut se vivre maintenant. Oui, peut-être, hier nous le sentions, nous le savions, mais à une condition : de nous engager à la vivre jusqu'aux profondeurs. Dans l'aire authentique où les stratégies n'ont plus leur place, où les intérêts sont annulés par la force de la grâce. Or, l'Algérie est un trésor spirituel, artistique et littéraire. Les soldats français ont eu la grossièreté de déchirer les livres merveilleux de l'Emir pour les jeter aux vents du désert, cette image ne me quitte pas. Les feuilles des livres de la science et de la philosophie, les poèmes persans, les enluminures dont le secret du bleu est perdu, le mystère admirable de l'Orient bafoué, piétiné, éparpillé. Réparer cela, maintenant ? Témoigner, en tout cas. Et de toutes les forces du cœur, avec une énergie sans réserve. Pour que nos amis algériens soient reconnus dans leur dimension essentiellement belle et subtile, et qu'ils puissent être heureux de leur culture, puisqu'ils sont la science et la philosophie, la poésie, l'art d'écrire et de bâtir. Les penseurs et les artistes français doivent être les premiers à fêter avec eux reconnaissance et retrouvailles. Veuille le ciel féconder entre nous les voies ouvertes hier lors d'une rencontre résolument porteuse de germes d'avenir.
Martin Le Coz : Auteur de deux ouvrages sur Abdelkader : Le Jardin d'Orient (Ed. Michalon 2008) et La Couronne de vent (Ed. Al Manar 2009) le 18 mai 2009, à Amboise.(intervention au centre culturel d'Alger, dimanche 24 mai à 17 h)


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.