Lâché par les cadres de son parti, dont tous les ministres FLN, Abdelaziz Belkhadem fait dans la résistance. Il refuse de céder. Le secrétaire général du l'ex-parti unique croit encore en ses soutiens au sein du comité central (CC), affirmant que les huit ministres qui réclament «sa tête» n'ont pas l'appui d'une «quelconque partie au sommet du pouvoir», selon ses déclarations faites à notre confrère El Khabar. Laissant entendre que les huit ministres n'étaient pas «actionnés» par une quelconque officine du pouvoir. La prochaine session du comité central, qui devrait se tenir à la fin du mois en cours, s'annonce décisive. Belkhadem compte remettre son mandat en jeu, estimant que cette instance lui renouvellera sa confiance. «Si la majorité de ses membres ne me renouvelle pas la confiance, je me retire», promet-il. Dans la perspective de cette bataille, chaque camp mobilise ses troupes. Les ministres dissidents partent en campagne pour sensibiliser les membres du comité central. Tayeb Louh et Amar Tou, qui soutenaient Belkhadem dans sa lutte contre le mouvement du redressement, font une tournée à l'ouest du pays pour convaincre les militants de «la nécessité de dégager le secrétaire général de son poste». D'autres ministres demandent à Belkhadem de partir avant même la réunion du CC, comme le revendique Abdelaziz Ziari, ministre de la Santé. Selon lui, Belkhadem «est devenu un facteur de division. Pour cela, il devrait démissionner, car le FLN a besoin d'un responsable qui unifie et non pas celui qui divise. Il devrait partir de lui-même dans la dignité», déclare Abdelaziz Ziari en réaction aux propos de Belkhadem. Il accuse le secrétaire général d'avoir choisi de laver le linge sale dans la rue et «le fait même qu'il demande de poser la question de la confiance confirme qu'il est devenu un facteur de division», ajoute encore Abdelaziz Ziari. Attaqué de toutes parts, Abdelaziz Belkhadem estime que seul le comité central pourrait le démettre. «Je ne suis pas un fonctionnaire, mais élu par le comité central et ce n'est qu'à cette instance que je dois rendre des comptes», tonne-t-il. Cependant, Belkhadem se dit prêt à quitter son poste dans le cas où c'est le président Bouteflika qui le lui demande. «J'ai dit et je persiste à le dire que si le président de la République me demande de quitter, je le ferais en raison de mon engagement personnel avec lui», précise-t-il.