Les grandes entreprises des pays émergents font désormais jeu égal avec les multinationales des pays développés et sont à la fois des concurrentes et des partenaires obligés, note mardi une étude du Boston Consulting Group (BCG) sur les 100 groupes «challengers» émergents. «Cette réalité reflète un nouvel ordre mondial», explique BCG dans son cinquième rapport sur les 100 entreprises les plus importantes des pays émergents. «Ces champions ont des croissances quatre fois supérieures à celles des entreprises des pays développés et elles ont créé 1,4 million d'emplois entre 2006 et 2011", souligne le directeur associé au BCG à Paris, spécialiste du sujet globalisation. Le groupe des 100 a enregistré une progression «très rapide» de leur chiffre d'affaires total entre 2008 et 2011, avec une croissance de 16% qui leur a permis d'atteindre 26,5 milliards de dollars, a indiqué BCG. Ces groupes «apparaissent désormais comme des concurrents des pays développés», estime le cabinet. «La bataille se joue surtout sur les autres pays émergents. Les Indiens et les Chinois vont en Afrique, en Amérique latine et en Asie du sud-est. Il s'agit de leur priorité numéro 1, car c'est là que sont localisés 90% de la croissance économique mondiale», explique-t-on de même source. «C'est un axe sud-sud qui est en train de se développer», poursuit le directeur associé au BCG. Selon le cabinet «une logique commerciale d'égal à égal peut être une source de croissance énorme pour les multinationales». L'étude du cabinet souligne également que les groupes chinois ont cédé du terrain, en ne disposant plus que de 30 entreprises dans le groupe des 100 challengers, contre 44 lors de la publication de la première étude en 2006. D'une manière générale, le groupe des pays des Bric (Brésil, Russie, Inde et Chine) ont cependant cédé du terrain depuis 2006 en passant de 84 entreprises dans le groupe des 100 à 69. Les autres pays émergents ont joué des coudes pour se hisser dans ce classement, qui regroupe désormais les entreprises de 17 pays, soit 7 de plus qu'en 2006. L'étude porte sur des entreprises basées dans les pays émergents qui réalisent un chiffre d'affaires supérieur au milliard de dollars et qui ont une activité internationale.