Si la sortie face aux Bafana-Bafana a montré les facettes d'une préparation foncière par trop chargée, certains éléments de l'EN éprouvant des difficultés à enchaîner leurs mouvements, il n'en demeure pas moins que le test sud-africain a mis en avant la capacité des Verts à mettre la cadence à tout moment de la partie. Mohamed Bouchama - Alger (Le Soir) - Vahid Halilhodzic a certainement compris : seul le travail paie. Et le travail que le Bosnien est en train d'administrer aux coéquipiers de Feghouli portera ses fruits. De préférence dès le derby maghrébin de cette 29e Coupe d'Afrique des nations de football. Une première, redoutée aussi bien par les joueurs que par leur coach. Les premiers ont forcément compris. A l'instar de leur sélectionneur, ils ont refait dans leur tête le match de samedi soir à l'Orlando Stadium de Soweto et ont probablement découvert des défauts dans leur jeu, dans la transmission particulièrement. Certaines relances étaient mal exécutées, soit elles étaient lancées trop rapidement, sinon un peu tardivement. Cela change beaucoup la donne, les décalages, détail important dans l'exécution des phases de jeu, se font généralement à partir d'une remise, passe ou relance parties dans un parfait timing. Or, face aux Sud-Africains, quand les Algériens commençaient à mettre le pied sur l'accélérateur, la machine semblait bizarrement mal réglée. L'axe médian sensiblement remodelé (dans le fond et dans la forme), suite à la défection de Lacen, en est peut-être responsable. L'incorporation d'un milieu gauche (Hameur Bouazza), qui s'est complètement libéré dès lors que Mehdi-Mostefa a retrouvé une place au milieu, n'a pas connu la réussite espérée par Coach Vahid. Quid de l'association Lemmouchia-Guedioura ? Si le milieu de Nottingham a joué juste (un peu trop même comparativement à ses précédentes sorties où il osait, par exemple, des tirs de loin), le chômeur de luxe du Club Africain a failli physiquement et tactiquement. Une ligne d'attaque à réactiver C'est peut-être ce «piston grippé» qui aura privé Slimani et les autres attaquants de ballons mieux exploitables. Le retour de Medhi Lacen, ce jeudi, à l'occasion de la rencontre face aux Platinum Stars, pourrait nous renseigner davantage sur les vraies raisons de cette défaillance signalée au niveau de l'entrejeu des Verts. Très peu utilisé par son club espagnol, Getafe, Lacen se retrouvera probablement dans la même situation que Lemmouchia. A la seule différence que «l'Espagnol» des Verts cumule, sous l'ère Halilhodzic, un capitalconfiance considérable qui a fait de lui, et ce n'est pas rien, le capitaine attitré de la sélection, notamment depuis que Bougherra n'est plus là. Lacen, outre ses facultés de récupérateur, a l'avantage de servir de véritable courroie de transmission entre les compartiments arrière et avant. Son entente avec Guedioura plaide pour une réactivation des lignes, une meilleure transmission en tout cas. Cela ne veut pas dire que Lemmouchia disparaîtra de l'échiquier mis en place par Halilhodzic. L'ancien joueur de l'ESS et de l'USMA, qui s'est avéré un choix par défaut depuis que Yebda s'est gravement blessé, peut être intégré dans la stratégie avec des missions précises. Comme «marquer à la culotte» de virtuoses adversaires, à l'exemple de Darragi (Tunisie), Yaya Touré (Côte d'Ivoire) ou Romao Alaixys (Togo). Cela reste, bien entendu, des supputations de journalistes. Seul Coach Vahid tient la vérité et dispose des clés de la réussite.