Le «groupe de militants du FLN», qui ont lancé un appel pour le renouveau de leur formation, serait composé de plusieurs «dinosaures». Pour sa part, la cellule de suivi du FLN se dit prête à soutenir l'initiative de Bouhara. Tarek Hafid - Alger (Le Soir) - Abderezak Bouhara a d'ores et déjà gagné un premier point face à Belkhadem. Ce dernier avait, en effet, qualifié de «non-événement» l'initiative lancée par Bouhara. Mais il s'avère que ce document a eu un retentissement sans précédent au sein du FLN. «L'appel a été distribué dans l'ensemble des mouhafadhate du parti. Il est aujourd'hui au niveau de la base. Les militants sont conscients de la situation catastrophique dans laquelle a été plongé le parti. Il suffit de reprendre les résultats des dernières élections pour le constater», a souligné hier le sénateur Abdallah Bousnane, en marge d'une séance plénière au Conseil de la nation. L'homme, qui ne cache pas son soutien à Abderezak Bouhara, a affirmé que plusieurs «dinosaures» du FLN ont participé à la rédaction du document en question. Bousnane s'est refusé à donner des noms. Il a toutefois évoqué Abdelkader Hadjar, qui pourrait soutenir l'idée de la tenue d'un congrès extraordinaire du FLN. La position de l'ambassadeur d'Algérie au Caire, un habitué des «grandes manuvres», pèsera de tout son poids en cas de clash. «Hadjar a été destinataire de la lettre. Nous attendons sa réponse. Mais nous savons qu'il n'est pas satisfait du rendement de l'actuelle direction», notera Bousnane. Une déclaration que démentira formellement le sénateur Madani Houd. «C'est faux ! Abdelkader Hadjar ne soutient pas Abderezak Bouhara. Il n'a rien contre Belkhadem, bien au contraire», lancera Houd, qui se dit très proche de Hadjar. Cette polémique entre les partisans de Bouhara et ceux de Belkhadem ne fait que débuter. Elle devrait atteindre son paroxysme samedi prochain lors de la tenue de la réunion de l'instance exécutive du FLN. Abderezak Bouhara, qui est membre de cette instance, envisage d'imposer son projet de congrès extraordinaire à cette occasion. Et il pourrait bien avoir le soutien de cadres membres de la cellule de suivi du FLN, le mouvement de contestation qui a pris forme lors des élections législatives. «Nous sommes prêts, sous certaines conditions, à soutenir Abderezak Bouhara. C'est une personnalité respectable qui a une vision très objective de la situation actuelle du FLN. Lui, au moins, a eu le mérite d'entendre les appels des militants de base. Si son projet permet de remettre le parti sur les rails, alors oui il obtiendra notre aide», a affirmé hier Abbès Mékhalif, porte-parole de la cellule de suivi.