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AIN-DEFLA
La base de l'Unpef s'impatiente
Publié dans Le Soir d'Algérie le 08 - 02 - 2010

L'Union nationale des personnels d'enseignement et de formation (Unpef) a tenu une réunion dans l'amphithéâtre du lycée Ahmed- Alili de Aïn-Defla.
Ont pris par à cette rencontre, mardi dernier, quelque 200 syndicalistes de cette formation venus de toutes les contrées de la wilaya, présidée par Toufik Ouadani, rehaussée par la présence de Sadek Dziri, le secrétaire général national de l'Unpef qui pour faire avancer les revendications des enseignants avait initié un mouvement de grève nationale paralysant le secteur durant trois semaines consécutives. Le secrétaire général du bureau de wilaya a d'abord rendu compte à l'assemblée des résultats des discussions que son bureau a eues avec les responsables du secteur de l'éducation le 31 janvier dernier : «Il a été entendu avec la direction de l'éducation que les 9 points de la plate-forme de revendications ont été pris en compte et que la direction du secteur s'était engagée à répondre favorablement, soit le versement régulier des traitements, le paiement des arriérés, la régularisation des dossiers, et ce, à l'issue de la réunion bi-partite du 31 janvier dernier au siège de la direction. Le responsable national de l'Unpef a tenu, quant à lui, à informer la base sur l'état d'avancement des négociations qui sont en cours avec la commission ad hoc désignée par le gouvernement. Il a rappelé que «grâce à la mobilisation très large du corps enseignant, un grand pas a été fait et un grand acquis obtenu. Ainsi quelle que soit la réévaluation revendiquée concernant quatre primes, elles seront servies avec un effet rétroactif remontant au 1er janvier 2008». «Le résultat de ces négociations qu'on fait traîner et qui perdurent... aucune date-butoir n'a été avancée... la commission tergiverse et fait traîner les choses en longueur», ajoutant : «Nous s'avons que plus les mois passent plus la réévaluation sera faible, c'est l'intention inavouée de ceux qui sont en face et qui détiennent la bourse.» Au sujet de la date-butoir, la base est décidée et unanime : «Ce n'est pas à eux de fixer cette date... mais c'est à nous de le faire... et si elle n'est pas respectée nous entamerons une grève ouverte.» Sadek Dziri dira à cet effet : «Pour nous, la grève n'est pas une fin en soi mais un moyen de lutte pour faire aboutir nos revendications ; pour nous c'est le seul moyen, ils ne nous laissent pas le choix !» Pour ce qui est de la réévaluation des primes, il ajoutera : «De toute façon, ils nous prennent avec la main droite ce qu'ils nous donnent avec la main gauche.» En rappelant que le pouvoir d'achat ne cesse de se dégrader de jour en jour. Le SN de l'Unpef dira aussi : «Nous avons supporté toutes les crises qu'a traversées le pays avec toute la compréhension de citoyens qui aiment leur pays mais quand l'embellie est là elle doit profiter à tous.» Evoquant la tripartite, l'orateur a tenu à préciser : «En fait, on ne peut parler de tripartite mais seulement de bipartite — le pouvoir et le patronat. Le pouvoir négocie en fait avec lui-même dans ce qu'on appelle la tripartite.» Il revendique au nom de l'UNPEF : «Cette tripartite doit s'élargir à tous les partenaires sociaux qui ont prouvé et qui continuent à prouver chaque jour un peu plus leur représentativité sur le terrain grâce à la confiance dont la formation syndicale est investie.» Il rappelle aussi que la seule formation, désignée par les textes pour négocier avec le pouvoir, est bien l'UGTA ; pour les autres formations ce sont leurs tutelles qui négocient à leur place... «Il faut que cela change.» Le débat sur la gestion des œuvres sociales a pris une grande part de la réunion. Une proposition à fait l'unanimité : «Les formations syndicales n'ont pas à gérer les œuvres sociales encore moins la mainmise sur ces œuvres de la part d'une seule formation.» Certains intervenants ont dénoncé la procédure d'octroi des aides, «seuls ceux qui ont formulé des demandes, exprimé des besoins ou déposé des dossiers, et encore pas tous, en ont bénéficié... Et les autres, ils se contentent de cotiser». Selon les responsables syndicaux, de grosses sommes ont été versées au Trésor public entre 1982 et 1994 et les sommes actuellement en possession des œuvres sociales de l'éducation sont colossales. «Qu'une seule formation syndicale gère ces fonds, et elle seule... c'est inadmissible !» Cette situation a fait dire à certains qu«'avec les fonds on nous donne le 13e mois et qu'on en finisse». «Proposition rejetée parce qu'il s'agit d'une œuvre de solidarité». Par ailleurs il a aussi été question du comportement des responsables administratifs. Selon de nombreux témoignages, ce sont les chefs d'établissement qui se sont livrés à des pressions sur les enseignants grévistes et qui ont pris fait et cause pour l'administration. «Pourtant, ils oublient qu'ils ont été sévèrement touchés par la surpression du corps des directeurs, ils ne bénéficient plus que d'une indemnité de poste spécifique et à n'importe quel moment ils peuvent être relevés», rappelle-t-on. Certains intervenants ont trouvé le comportement de ces administratifs totalement paradoxal : «Ils ne participent pas au mouvement de grève, appliquent les sanctions, exercent des pressions mais bénéficient des retombées positives des résultats obtenus.» Le cas des enseignants qui ont pris leur retraite a été soulevé par plusieurs intervenants. «Ils ont donné le meilleur d'eux- mêmes certains pendant plus de 40 ans... toute une vie et en bout de course, ils sortent par la petite porte avec une pension squelettique. C'est injuste.» Le statut de la femme au foyer n'a pas été omis : «C'est honteux que la femme au foyer qui n'a pas ou pas encore enfanté touche 5,75 DA par mois.» «L'Unpef a inscrit ce point parmi les revendications à venir», ont déclaré les responsables de cette formation. Mais l'intervention qui a été la plus approuvée a été sans nul doute celle de cet enseignant qui a clamé : «Nous luttons et lutterons beaucoup plus pour notre dignité et un statut social et matériel honorable !»

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