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"Pensez à céder le flambeau aux jeunes!"
FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM ENGAGE D'ALGER
Publié dans L'Expression le 15 - 12 - 2012

Table ronde animée par les réalisateurs Mohamed Lakhdar Tati et Razika Mokrane
Pourquoi les réalisateurs de la nouvelle génération ne s'intéressent-ils pas aux films historiques? Manque de sérieux à leur égard ou/et d'intérêt de leur part à l'histoire de leur pays? Et quel film écrire?
«Les jeunes cinéastes et leur vision de la Guerre de libération» est le thème d'une table ronde animée mercredi dernier au cercle Frantz Fanon dans le cadre de la deuxième édition du Festival du film engagé. Modéré par le réalisateur Salim Aggar, cette table ronde était assurée par les deux réalisateurs de documentaires Mohamed Lakhdar Tati et Razika Mokrane.
Pour le premier qui se dit travailler l'aspect dynamique de l'histoire, cela veut dire concrètement «l'aspect historique de l'Histoire qui l'intéresserait». Pour Salim Aggar, qui relèvera un «manque de prise de conscience chez les jeunes d'aujourd'hui envers leur histoire», il dira toutefois qu'il faut laisser aux jeunes cinéastes de faire leur propres films historiques avec leur visions des choses. «Il faut penser à céder le flambeau aux jeunes qui ont plus de recul et ne pas avoir peur de montrer un héros en train de pleurer ou qui a peur». Salim Aggar reconnaîtra aussi tout le talent de Jaâfar Gacem qui ne doit pas être cantonné seulement aux sitcoms et le laisser faire ses preuves.
Pour Razika Mokrane qui affirme avoir rencontré des ethnologues et autres historiens en France, l'important, selon elle, est que les Algériens fassent eux même ce travail de mémoire, «pour faire sortir notre histoire de l'oubli» car la France estime t-elle porte sur nous un regard encore teinté de colonialisme, arguant son point de vue par les attaques dont fait souvent le FLN en France. Pour Tati l'intérêt, souligne-t-il, à faire des documentaires réside dans son «engagement, à se réapproprier l'histoire en étant sincère dans son travail puis de revisiter selon sa subjectivité et la faire partager aux autre pour donner ensuite l'envie aux gens de s y intéresser». Et de renchérir: «J'ai envie d'aborder l'histoire en tant qu'objet cinéma car je ne me sens pas investi d'une mission pédagogique. Le travail de l'historien est important. Celui du réalisateur est un traitement sur l'histoire qui est tout autre. Mon travail n'est pas d'éduquer les enfantas à connaître leur histoire». Et de renchérir: «J'ai appris à être patient. Il faut du temps pour réécrire l'histoire et se la réapproprier. Il faut cette révolte quand on sent que ce qu'on nous a légué nous satisfait pas. On revient à cette quête personnelle. Toute la filmographie du monde ne peut remplacer le travail d'un historien. Moi je lève le voile sur un thème, sur un épisode..».
Pour Tati qui prépare actuellement un documentaire sur les néoglucogenèses entre le Gpra et la RDA, fera remarquer qu'il préfère «prendre l'histoire par petit bout. Avec ces détails et sentiments qui subliment la vie tels le sourire, la peur etc». Pour Razika Mokrane, travailler pour intéresser nos jeunes l'histoire à est un combat. Relevant qu'entre 1990 et 2008 très peu de films sur la Guerre d'Algérie ont été faits, Salim Aggar, qui avouera réviser à l'époque ses cours d'histoire sur les livres d'Yves Courrière, estimera qu'il est urgent de faire aujourd'hui d'abord des docs en faisant intervenir ces moujahidines avant qu'ils ne meurent, et ensuite passer à la fiction.
De son côté estimera, Razika Mokrane: «Si vous voyagez, on vous posera des questions sur votre histoire et la guerre de Libération. Si vous ne savez pas répondre, vous n'avez pas d'identité». Aussi, dire aux jeunes que «faire connaître votre histoire pour aimer votre pays ne relève pas de ses prérogatives en tant que cinéaste.» a déclaré Mohamed Lakhdar Tati en faisant remarquer: «Non les années 1990 n'ont pas occulté l'histoire de la guerre d'Algérie car il y a confusion entre mémoire et histoire».
Pourquoi donc les réalisateurs de la nouvelle génération ne s'intéressent t-il pas ou très peu aux films historiques?Manque de sérieux à leur égard ou/ et d'intérêt de leur part à l'histoire de leur pays? Et quel film écrire aujourd'hui? Surtout quand c'est l'histoire officielle qui prime...


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