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Que fait Hollande?
GUERRE AU MALI
Publié dans L'Expression le 16 - 01 - 2013

Le président de la République française
De l'intérieur même de la France, des voix comme celle de Noël Mamère et Jean-Luc Melonchon commencent à s'élever pour remettre en cause la légalité de ce qui ressemble à une guerre inutile.
L'histoire est un éternel recommen- cement, disent souvent les plus sages d'entre les hommes. Une sorte de reprise des choses sinon à l'identique, du moins au semblable. Ce qui devrait, en principe, aider les hommes à tirer profit et expérience de leurs actes passés ou de ceux des autres. Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas, surtout lorsque, aveuglés par l'intérêt, les hommes préfèrent écouter les sirènes de la force, et les envies de puissance. Surviennent alors les mêmes erreurs, puis les mêmes bêtises et tout ce que cela entraîne comme dégâts sans qu'aucune intention d'améliorer les choses n'apparaisse. Il devient alors normal que les mêmes causes donnent les mêmes effets.
Lorsque les Américains armaient les Afghans pour affaiblir l'Urss d'alors, ils ne pensaient pas un seul instant que ces armes allaient être retournées contre eux. Mais dès qu'ils le comprirent, c'était trop tard. Durant la guerre imposée à la Libye, et malgré les appels de l'Algérie à ne pas déverser tant d'armement sur la terre libyenne, on refusait de l'écouter. Aujourd'hui, au nord du Mali, ce sont surtout ces armes qui se retournent contre les Français. Comme quoi, souvent, les armes se retournent contre leurs pourvoyeurs.
Mais si personne n'écoute de nos jours, c'est parce que, dans ce tumulte guerrier du troisième millénaire, il semble que chaque puissance ressent fortement le besoin d'ennemis pour justifier des agressions qui ne sont ni justifiables ni justifiées.
A vrai dire, les ennemis sont choisis en fonction de leurs richesses, comme la Libye par exemple, ou de leur proximité de zones riches, tout comme ils sont choisis selon les nécessités stratégiques et les résultats de la prospective menée par des centres spécialisés. Nul ne s'en cache: une nouvelle conception de la gendarmerie mondiale est en train de prendre forme et un nouveau partage du monde est en construction. La nouvelle délimitation des territoires peut même se faire par des opérations «Serval», un nom qui en dit long sur l'intention française et leur marquage est laissé, poliment, à ceux qui en sont le plus concernés.
En Afrique du Nord, les Américains bougent à peine les lèvres pour soutenir une France qui veut s'imposer plus fortement dans une zone qui était et qui demeure, malheureusement, sa zone d'influence, pour ne pas dire sa chasse gardée.
Lorsque ce sont les Américains qui sont concernés, les autres ne se mêlent pas. Les territoires, c'est ainsi, ça s'arrête là où va l'urine des servals ou des autres animaux, bipèdes compris!
Toutefois, chacun essaie de tirer profit de la guerre de l' autres alors, même entre puissants, les choses ne sont pas toujours claires. Les soutiens se négocient, les participations se font au prorata des gains attendus et, dans cette interminable partie de négociations intéressées, ce sont toujours les intérêts qui priment.
Quitte à aller à l'absurde ou à l'insensé comme ce déversement incroyable d'armes en terre libyenne lors du conflit qui emporta El Kadhafi malgré les appels incessants des Algériens et leurs innombrables mises en garde.
Aujourd'hui, pour les Français qui interviennent au Mali, le bien des Maliens n'est sans doute pas leur priorité et que les choses soient claires: la philanthropie, l'altruisme et les opérations caritatives ne s'inscrivent jamais sous le registre des guerres et des conflits armés.
Et, après tout, rien ne dit que l'occupation du Nord malien par les islamistes n'était pas programmée et que la fameuse ligne de partition du Mali n'était pas décidée depuis longtemps à cet escient justement par quelques officines dont les manipulations sont légion.
Si l'intervention française a eu lieu, c'est d'abord dans l'intérêt de la France et des entreprises françaises. C'est pour que ces dernière continuent à faire ce qu'elles sont en train de faire depuis longtemps, en paix. Sous-entendu sans les trouble-fête, qu'ils se nomment Ansar, charia, Aqmi, Munjao ou même le diable, tel n'est pas et n'a jamais été le problème. Car, si vraiment
la France avait pour objectif de chasser les islamistes, pourquoi alors a-t-elle quitté l'Afghanistan? En tous les cas, de l'intérieur même de la France,
des voix comme celle de Noël Mamère et Jean-Luc Melonchon commencent à s'élever pour remettre en cause la légalité de ce qui ressemble à une guerre inutile à un moment où la crise frappe de plein fouet l'Hexagone et où les indicateurs sont au rouge.
Dès le départ, d'autres comme De Villepin, avaient attiré l'attention sur l'inutilité de cette guerre. Alors que fait Hollande?


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