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Des terroristes syriens parmi les réfugiés : La nouvelle menace venue du Sud
Publié dans El Watan le 09 - 01 - 2019

Moins de deux semaines après la saisie d'une importante cargaison d'armes de guerre, avec 48 millions de pièces de munitions, à bord d'un navire en provenance de Turquie, les autorités libyennes ont mis la main sur plus de 20 000 autres armes à feu, trouvées à bord d'un cargo en provenance d'Istanbul, alors que les gardes-côtes grecs affirment avoir «désamorcé une bombe ambulante», en arrêtant un navire reliant la Turquie à la Libye, transportant une grande quantité d'explosifs et de détonateurs.
De plus en plus important et puissant, cet arsenal de guerre est, dans l'écrasante majorité des cas, embarqué à partir d'Istanbul, d'où des contingents de «djihadistes», fuyant les zones de combat en Syrie, s'envolent vers le Soudan pour rejoindre l'Algérie, en passant par le Mali et le Niger. Selon des sources sécuritaires, «il s'agit d'opérations d'exfiltration de ‘‘combattants'' syriens vers l'Algérie, organisées à la veille du retrait américain de la Syrie.
Âgés entre 20 et 30 ans, ils viennent majoritairement d'Alep, l'une des zones de combat de Daech, de l'ALS (Armée libre syrienne) et de Jabhat Al Nosra. Devenus encombrants dans leur pays, ils sont encouragés par l'armée syrienne, la Turquie et certains pays arabes, dont le Qatar et la Jordanie, à se redéployer ailleurs, notamment en Algérie, en leur assurant la logistique nécessaire et les faux documents de voyage.
C'est ainsi qu'une nouvelle route migratoire leur a été ouverte grâce à la Turquie et le Soudan, mais aussi à la Syrie, qui veut s'en débarrasser». A en croire nos interlocuteurs, «entre la fin du mois de décembre dernier et le début du mois en cours, 15 anciens soldats et officiers de l'ALS ont été arrêtés, 10 d'entre eux à Adrar et 5 à Ouargla.
Munis de faux papiers et d'importantes sommes d'argent, ils ont tous rejoint le pays par le Niger. Ils avaient quitté la Syrie à destination d'Istanbul, d'où ils se sont envolés vers Khartoum au Soudan. De là, ils ont été pris en charge par des réseaux de passeurs jusqu'au nord du Niger, où ils ont bénéficié d'une escorte armée jusqu'à la frontière algérienne.
Ils ont bénéficié d'une importante logistique qui ne peut être assurée que par des Etats ou des officines occultes, qui leur sont affiliés. Beaucoup ont été refoulés vers le Niger et le Mali, par où ils sont entrés, mais des dizaines ont réussi à passer à travers les mailles du filet des services de sécurité. Ils étaient un peu plus d'une centaine il y a moins d'un mois. Aujourd'hui, le nombre des personnes arrêtées a atteint 150, majoritairement d'origine syrienne, mais aussi yéménite, et à un degré moindre palestinienne…»
Anciens combattants de l'ALS
Nos interlocuteurs affirment, par ailleurs, que ces ex-combattants de l'ALS «ont maintenu leurs contacts avec des responsables de cette organisation minée par les djihadistes de Daech et d'Al Qaîda. Les appels téléphoniques et certaines de leurs communications via le Net avec des officiers de l'ALS en Turquie et en Syrie ont été interceptés et lèvent le voile sur les objectifs recherchés à travers le développement d'une nouvelle route migratoire pour l'exportation du ‘‘djihad'' et des combats ethniques en Algérie l'un des derniers remparts contre le terrorisme islamiste».
Pour nos interlocuteurs, tous les éléments suspects arrêtés ont été refoulés sur décision de justice, eu égard à leur statut de migrants illégaux. «En vertu de la loi, ils sont considérés en situation illégale, parce qu'ils n'ont pas recouru à la procédure légale d'obtention d'une protection internationale. Ils ont choisi de violer les lois de notre pays en entrant clandestinement avec de faux papiers, et certains d'entre eux ont continué à entretenir des relations avec des mouvements considérés comme terroristes. Ainsi, ils tombent sous le coup de la loi. Ils ont été reconduits aux frontières nigérienne et malienne, par où ils sont entrés. L'Algérie ne permettra jamais que son territoire soit utilisé comme zone de combat ou de lutte interethnique, comme cela est le cas au nord du Mali, en Syrie, en Libye.»
Etat d'alerte
Le choix de notre pays, destination finale de djihadistes, n'est pas fortuit. Après avoir déjoué le plan d'éclatement à travers le mouvement massif de la population subsaharienne vers le pays, estiment nos sources, l'Algérie fait face aujourd'hui à un autre danger, celui de devenir une terre d'asile pour les djihadistes, rebelles et mercenaires ayant fui les zones de conflit au Moyen-Orient. Chaque jour que Dieu fait, des quantités considérables d'armes de guerre aussi lourdes que sophistiquées, dissimulées dans des caches en plein désert, sont récupérées par les unités de l'ANP.
Communiqué par le ministère de la Défense nationale, le bilan pour l'année 2018 fait état de la saisie 707 pièces d'armement, dont 231 kalachnikovs, 388 fusils, 25 pistolets, 48 mitrailleurs, 15 lance-roquettes, 399 chargeurs, 52 chaînes de munitions avec 94 764 balles de différents calibres, 42 grenades, 498 obus et 143 charges propulsives.
L'arsenal comporte également des missiles antichar et anti-aviation ainsi que des quantités importantes d'explosifs. Cet acharnement à vouloir coûte que coûte inonder le sud du pays d'armes de guerre lève le voile sur cette volonté délibérée de mettre en exécution le scénario du «chaos positif» qui a fait éclater l'Irak, la Syrie, le Yémen et la Libye, pour ne citer que ces pays.
«Ce dossier est pris en charge par les plus hautes autorités sécuritaires du pays. Les unités de l'Anp sont mises en alerte maximum. Des consignes ont été données pour empêcher tout flux illégal vers le pays. Des mesures ont été prises et les postes de contrôle fixes et mobiles ont été multipliés dans les zones frontalières à Tamanrasset, Illizi, Adrar, et même plus au nord à Ouargla et à Ghardaïa», expliquent nos interlocuteurs.


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