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Ces malades qui s'accrochent au pouvoir
Ils sont à la tête d'institutions sensibles
Publié dans El Watan le 29 - 01 - 2019

Maintenir à des postes stratégiques des responsables lourdement affaiblis par la maladie conduit au mieux à la vacance de pouvoir, et au pire à la délégation de celui-ci à d'autres. Dans les deux cas, c'est l'intérêt des personnes qui a été pris en compte au détriment de celui des institutions. Les cas sont nombreux. On pourrait citer ceux des trois premiers hommes de l'Etat, le président de la République, le président du Sénat et le président du Conseil constitutionnel, décédé tôt dans la matinée d'hier des suites d'une longue maladie.
Le décès de Mourad Medelci, président du Conseil constitutionnel, tôt dans la matinée hier à son domicile, dès son retour de l'étranger pour des soins, nous amène inévitablement à évoquer la situation inédite de ces dirigeants algériens qui occupent des postes de responsabilité importants, alors qu'ils souffrent de lourdes maladies, souvent handicapantes. Troisième homme de l'Etat, le défunt Medelci, âgé de 76 ans, a dû être transféré à l'étranger pour une lourde opération et des soins, qui l'ont éloigné durant plus d'un mois de son poste. Pourtant, ses missions ne sont pas des moindres.
Aussi bien la Constitution que le règlement intérieur et la loi relative au régime électoral, le mettent en avant et ne prévoient pas de délégation de pouvoirs, notamment en ce qui concerne les élections présidentielles. Il est le seul habilité à choisir les rapporteurs qui statuent sur les dossiers de candidature à la candidature, ainsi que ceux qui traitent les recours. Son décès intervenu à la veille de l'installation du Conseil de la nation met ce dernier et la Présidence au pied du mur.
Le premier doit se réunir dès l'annonce du décès pour déclarer la vacance du poste de président et transmettre la déclaration à la Présidence, qui doit désigner immédiatement un successeur, surtout que la mission qui lui est confiée est très importante pour le déroulement du scrutin présidentiel. En raison de sa lourde maladie, le défunt Medelci ne venait pratiquement plus à son bureau et, de fait, son poste était vacant durant toute cette période. N'aurait-il pas fallu déclarer la vacance et désigner un successeur pour éviter tout blocage de l'institution.
La question reste posée. Aujourd'hui, l'état de santé du deuxième homme de l'Etat, Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la nation, n'est plus un secret. Tout le monde sait que Bensalah souffre d'une lourde maladie et les soins dont il bénéficie, depuis plus d'une année, le mettent à chaque fois hors service durant des jours. Ses longues absences pour convalescence font souvent couler beaucoup d'encre et suscitent les plus folles rumeurs sur son sort.
Très affaibli, il aurait, dit-on, introduit deux demandes de mise de fin de mandat, mais elles ont fait l'objet de rejet par la Présidence. Abdelkader Bensalah va achever aujourd'hui son troisième mandat à la tête du Conseil de la nation (janvier 2007-janvier 2019), et rien n'indique qu'il ne soit pas reconduit pour un 4e mandat, en dépit de son état de santé et de son âge avancé (78 ans).
Elus le 29 décembre dernier, les nouveaux membres de cette Haute Chambre vont être installés aujourd'hui, probablement en l'absence des sénateurs du tiers présidentiel qui, jusque tard dans la journée d'hier, n'étaient pas encore désignés. Prévue par la Constitution, cette installation officielle annonce de plein droit le début de la législature. Peut-elle être conforme à la loi ? Seul le Conseil constitutionnel, dont le président vient de décéder, peut le dire.
Une vacance ou une délégation de pouvoir…
Depuis le début de son dernier mandat, l'état de santé du président Bouteflika s'est graduellement détérioré et les récentes images le montrant terriblement affecté, sans voix, attaché sur une chaise roulante, avec un regard hagard, un visage tuméfié et les mains qui n'arrivaient même pas à toucher l'emblème national ont été très affligeantes pour des millions d'Algériens.
Cette dégradation de l'état de santé du Président l'a disqualifié de toute activité politique à l'intérieur du pays (à l'exception de quelques inaugurations protocolaires, en mode silencieux et sur une chaise roulante) mais aussi des visites officielles à l'étranger et participation aux manifestations internationales, et ce, depuis 2014. Les seuls voyages que le Président s'est offert durant les cinq dernières années, ont été effectués dans le cadre de prises en charge médicales dans des hôpitaux français ou suisses.
Devenues de plus en plus rares, ses apparitions, pourtant bien contrôlées, sur les chaînes de télévision publiques et privées, laissent planer le doute sur ses capacités à gérer le pays. Bien plus grave. Ses longues absences du terrain politique ont plongé le pays dans une incertitude et une absence de visibilité inquiétantes au point de susciter des interrogations sur l'éventuelle dérogation de ses pouvoirs à une tierce personne de son entourage. Cette situation de vacance a fortement marqué ses deux derniers mandats – dix longues années – -durant lesquels l'Algérie a été mise entre parenthèses.
Cette pratique à maintenir les dirigeants à leur poste, en dépit de leur maladie qui les met hors service pendant longtemps, est devenue courante sous le règne de Bouteflika. Le premier cas a été celui du défunt Djamel Eddine Khène, nommé par le Président, au début du mois de mai de 2003, en tant que PDG du groupe Sonatrach, en dépit d'une lourde maladie. Après des soins à l'étranger, il n'a pas mis les pieds, durant une longue période, à son bureau de vice-président de l'activité amont, poste qu'il occupait avant qu'il ne soit désigné PDG de Sonatrach. Il meurt deux mois après sa nomination (juillet 2003), sans avoir eu à assumer pleinement ses fonctions. Bien plus tard.
Lors du remaniement de juillet 2015, Bouteflika a nommé le défunt Bakhti Belaïb, en tant que ministre du Commerce, alors que lui aussi souffrait d'un cancer. Après plusieurs convalescences liées à une lourde prise en charge à l'étranger et en Algérie, il reprend difficilement son travail. Il fait l'effort d'assumer sa mission, ses absences deviennent de plus en plus nombreuses. Il aura fallu une dégradation importante de son état de santé pour qu'en janvier 2017, la Présidence décide de nommer Abdelmadjid Tebboune en tant qu'intérimaire. Dix jours plus tard, Bakhti Belaïb décédait.
Des cas similaires sont nombreux et suscitent des questions. Certains justifient ces décisions sous «un angle humain», mais d'autres réfutent ce qu'ils désignent comme étant une «politique de vacance», parce que, disent-ils, «elle est dictée par le souci de préserver les hommes avant les institutions, alors que ce sont les intérêts de celles-ci qui doivent toujours et dans tous les cas primer».


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