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Les statistiques ethniques, un outil contre les discriminations raciales ?
Publié dans El Watan le 23 - 06 - 2020

Un collectif de chercheurs du CNRS, de l'université et de l'Institut national des études démographiques ont posé, dans les colonnes de Libération, la question de l'intérêt d'autoriser la collecte de données ethniques, actuellement illégal en France ? Pour eux, «à l'instar des politiques d'égalité entre les hommes et les femmes, il est essentiel d'avoir des chiffres sur les discriminations raciales au niveau des institutions et des entreprises. Sans cela, toutes les incantations à l'égalité resteront vaines».
Les signataires (Vincent-Arnaud Chappe, Laure Bereni, Audrey Célestine, Sarah Mazouz, Pap Ndiaye et Patrick Simon) rappellent que lors des récentes manifestations antiracistes, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a rouvert le débat en se demandant si les statistiques ethniques ne seraient pas une solution, «s'attirant immédiatement les critiques de ceux qui voient dans ces chiffres un danger pour le modèle républicain».
Pourtant, estiment les chercheurs, «rien n'est possible dans la lutte contre les discriminations raciales si l'on ne prend pas la peine de mesurer les inégalités». Pourtant, ils savent que cette proposition, maintes fois formulée, s'est toujours heurtée à l'opposition de celles et ceux qui voient dans ces mesures le spectre de la catégorisation ethno-raciale un instrument étatique de la racialisation des sociétés rappelant les «heures sombres» du pays.
Produire des statistiques ethno-raciales ne veut pas dire «ficher la population»
Ils insistent cependant pour dire que «la société n'a pas attendu les catégories de la statistique pour racialiser et produire ensuite des discriminations qui suivent les ‘‘lignes de couleur'' ! Et par ailleurs, produire des statistiques ethno-raciales ne veut pas dire ‘‘ficher la population'' mais se donner le moyen de construire des outils qui, tout en préservant l'anonymat et la vie privée, permettent aux institutions et à leurs représentants de repérer les discriminations pour mener et évaluer les politiques à leur encontre.
Nous pensons ainsi que des modes de comptage – au niveau des organisations, publiques comme privées – qui n'engagent pas une «fixation» des identités ou une assignation externe et qui peuvent se faire sur un mode consensuel et sécurisé sont possibles, à l'instar de la méthode de «l'auto-hétéro-perception» (demander aux personnes comment elles pensent qu'elles sont perçues dans l'espace public). Ceci nécessite une réflexion et un débat démocratique approfondi sur les moyens par lesquels nous souhaitons collectivement représenter et agir contre les injustices et le racisme vécus par les minorités.
«Ce qui manque, c'est la volonté politique»
Les signataires évoquent quelques avancées au niveau européen et des propositions par des institutions nationales : «La Cnil et le Défenseur des droits avaient ­entamé une réflexion sur la question il y a quelques années, dans la lignée du rapport rendu par le Comité pour la mesure de la diversité et l'évaluation des discriminations (Comedd) en 2010.
Celui-ci préconisait déjà une extension des outils de mesure de l'égalité femmes-hommes aux discriminations raciales. L'Union européenne, à travers la directive du 22 octobre 2014 sur le «reporting extra-financier» élargi à la «diversité», a tendu une perche au gouvernement français qui ne l'a pas saisie. Les chercheurs ne sont pas dupes que cette volonté politique fait défaut pour y voir plus clair dans ce sujet épineux : «Nous sommes pourtant convaincu(e)s que sans l'obligation de mesurer les discriminations au niveau des institutions et des entreprises, toutes les incantations à l'égalité resteront vaines.
Il est aujourd'hui largement temps pour la France d'aller au-delà d'une politique de lutte contre les discriminations raciales tournée vers la résolution aléatoire de cas individuels, et de prendre enfin la pleine mesure du caractère systémique des discriminations, pour proposer une réponse à la hauteur de l'injustice vécue par des millions de nos concitoyen(ne)s».


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