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Ancien maire de Souk Ahras, moudjahid et fervent défenseur des couches défavorisées : Hemana Boulaâres tire sa révérence
Publié dans El Watan le 12 - 08 - 2020

Quand un homme de l'étoffe de Hemana Boulaâres s'en va, c'est un pan de l'histoire révolutionnaire et de la mémoire collective qui s'effondre.
L'homme des grandes positions s'est éteint dimanche, sans laisser l'occasion aux nombreuses personnes qui voyaient en lui un moudjahid aux convictions inébranlables, un ambassadeur fiable des causes justes, la voix des nécessiteux et des incompris de lui dire adieu. Une façon à lui de signer un départ, sans se départir de sa grandeur d'âme et son aisance morale.
Partisan effectif des choix citoyens, il était d'une présence réconfortante au sein des partis politiques, des associations locales et nationales et des assemblées élues, car il était de cette trempe d'hommes qui ne se reconnaissent guère dans ces allures de responsable calfeutré à l'intérieur d'un bureau, de militant de conjoncture ou de retraité radoteur de faits exaltés ou d'exploits affabulés. Moudjahid de la première heure, il participa, tout jeune, à plusieurs opérations armées contre l'occupant français, dont la grande bataille de Souk Ahras.
C'était le 26 avril de l'année 1958 au lieudit Oued Echouk où l'ALN mit en échec, après une rude épreuve de huit jours, toute la stratégie répressive de l'armée coloniale. Il en fait part dans le livre La bataille de Souk Ahras.
Un exploit de la Base de l'Est, édité au nom de l'Association des rescapés de la grande bataille de Souk Ahras, dont il était le président. Elu maire et ensuite membre de l'APC et de l'APW, Boulaâres savait gérer les humeurs des uns et les tempéraments des autres sans jamais disculper les auteurs de la gabegie ou dédouaner à blanc les incompétences.
Il avait pourtant cette aptitude de chasser loin les options manichéennes et mettre de son côté tous les responsables aux fins de mieux gérer et d'optimiser ses chances de réussite en sa qualité d'édile local et de président de parti.
D'une sagacité exceptionnelle, l'homme qui gardait du haut de ses 80 ans toute sa vigueur de militant invétéré lançait, des années auparavant, à l'adresse des faiseurs de constats et des groupes à palabres : «Quand le pire émerge au lieu du meilleur, ne cherchez pas très loin, car vous êtes aussi responsables à cause de vos éclipses et dérobade.» Le temps lui donna raison bien avant son départ pour un monde meilleur.


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