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Mustapha Benfodil . Journaliste, écrivain : «Je dédie mon prix à Khaled Drareni et à tous les détenus d'opinion et politiques»
Publié dans El Watan le 22 - 10 - 2020

Le Prix littéraire Mohamed Dib 2020 en langue française a été attribué, mardi soir, au journaliste et écrivain Mustapha Benfodil pour son roman Body Writing…, publié en 2018 par les éditions Barzakh. Le lauréat revient avec beaucoup d'émotion sur cette distinction.

-Vous êtes lauréat du concours de la 7e session du Prix littéraire Mohammed Dib 2020. Comment vivez-vous ce couronnement littéraire aujourd'hui ?
Je suis extrêmement ému parce que c'est un prix prestigieux, portant le nom de l'écrivain algérien Mohammed Dib que j'admire énormément. Il m'a énormément marqué. Les gens retiennent surtout la trilogie La grande Maison, mais c'est quelqu'un qui a une écriture et une pratique singulières. Recevoir ce prix au moment où nous fêtons le centenaire de Dib fait sens pour moi. Ma première pensée est allée au journaliste Khaled Drareni. Dans Khaled Drareni, il y a le confrère, le frère et le symbole. Quand je parle de Khaled Drareni, je parle de tous les détenus d'opinion et politiques. Ce sont des personnes injustement incarcérées. Ils sont soustraits à l'affection de leur famille et de leurs enfants. Je pense que c'est une terrible injustice. Je pense que la répression ne règle rien. Ces personnes sont en prison pour nous. Je pense que l'écriture a beaucoup à voir avec la dignité humaine, avec la notion de liberté. On écrit, aussi, pour cela. En tous les cas, c'est comme cela que je l'entends. C'est tout à fait naturel que je défende leur cause. Je remercie l'association La Grande Maison qui est l'initiatrice du prix, qui mène un travail extraordinaire sous la direction de sa présidente, Mme Sabiha Benmansour. Je salue, aussi, l'ensemble des membres du jury, présidé par Mohamed Sari.
-Pourquoi avoir voulu participer au prestigieux prix Mohammed Dib ?
J'ai voulu y participer car il a une valeur morale et symbolique qui est très importante. D'abord, nous n'avons pas beaucoup de prix littéraires en Algérie. Et en même temps, c'est une manière pour moi de confronter ma proposition. Car un roman est d'abord une proposition artistique avant tout. On ne sait pas exactement comment il est reçu. On écrit vraiment dans le noir et dans la solitude absolue, surtout quand on est dans la recherche formelle comme je le suis. Participer à un tel prix, ce n'est pas pour le prestige, même si cela compte. Mais c'est aussi une manière de se confronter, confronter son travail à l'appréciation d'éminents spécialistes comme ceux du jury Mohammed Dib.
-Sinon, qu'est-ce qui vous a inspiré pour écrire votre roman Body writing…
C'est d'abord ma vie quotidienne. Chez moi, j'ai des tonnes et des tonnes de cartons, d'armoires, jonchées de mon propre journal. Ce matériau lui-même m'a toujours intrigué puisqu'il contient les choses que j'écrivais il y a trente ans avec une certaine légèreté. Avec le temps, cela devient presque de l'archive. Même si techniquement ce n'est pas tout à fait cela. Mais cela reste un document qui n'est pas neutre. Par exemple, je peux traiter de choses tout à fait triviales du quotidien, et un beau jour il y a quelque chose qui s'appelle les émeutes d'Octobre. Je suis toujours dans mon journal intime, mais seulement il y a des dates qui sont un peu plus parlantes que d'autres. A ce moment là, on n'est plus tout à fait dans le journal intime. On bascule presque dans quelque chose qui ressemblerait au journal intime d'une nation. C'est pour cela qu'on va trouver des choses qui sont presque de l'ordre du chuchotement et des choses qui sont de l'ordre de l'émeute.
– Quel est votre rapport à la lecture et à la littérature ?
Je pense que ce sont les deux moteurs essentiels de l'écrivain. On ne peut pas écrire sans se confronter, sans s'informer et sans se situer parce que contrairement aux arts plastiques, au cinéma et au théâtre, il y a une très grande technicité. On acquiert un savoir-faire pour être réalisateur, pour jouer la comédie, pour se frotter aux arts visuels. On a l'impression que pour la littérature, il suffit d'avoir besoin d'une langue, de mots et d'une histoire et on y va. Cela est un peu plus complexe que cela. On se nourrit énormément de la lecture. Mes choix sont extrêmement éclectiques. Je peux totalement être féru des grands classiques, De Don Quichotte, de Lamartine, de Victor Hugo. De tous les courants littéraires. Et en même temps, je suis aussi attaché à toutes les formes expérimentales, les avant-gardes qui ont traversé le XXe siècle, notamment le nouveau roman, le réalisme, le surréalisme, le réalisme magique. Tout cela m'a nourri. J'ai puisé dans tous ces courants parce que j'y trouve à chaque fois un procédé qui pourrait me nourrir et m'ouvrir des voies.
-Après la publication de votre roman Body writing…, êtes-vous sur un autre projet d'écriture ?
En fait, à la base, il y a un diptyque, c'est-à-dire deux romans qui se chevauchent et qui se complètent. Il y a donc Body writing… et il y avait une espèce de suite, mais ce n'est pas tout à fait une suite, c'est un autre roman mais qui reprend des éléments narratifs de Body writing… Son titre est l'anti-livre. Je suis, actuellement, sur ce projet là d'écriture. La création est avant tout des conditions d'écriture. Surtout que nous autres journalistes, exerçons un métier passionnant. Il faut que je trouve le temps nécessaire, mais avec ce prix là, j'espère me consacrer à l'écriture.


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