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Feghouli «Belmadi, c'est du très haut niveau»
Publié dans Le Buteur le 15 - 10 - 2019

Mardi soir à 21 heures, l'Algérie va affronter la Colombie dans un stade Pierre- Mauroy qui affichera complet pour l'occasion. Pour cette rencontre de gala, les Fennecs pourront compter sur Sofiane Feghouli. Pour Foot Mercato, ce cadre de l'Equipe nationale revient sur l'été doré des Verts, vainqueurs de la Coupe d'Afrique des nations. Il en a aussi profité pour évoquer la nouvelle génération algérienne qui monte en puissance ou encore l'admiration qu'il a pour Djamel Belmadi, bien plus qu'un sélectionneur aux yeux des joueurs. Entretien.

«On veut gagner la CAN, on va prendre les matches les uns après les autres en respectant tout le monde », voici ce que vous nous aviez confié avant la compétition en juin dernier. Vous avez tenu parole en remportant la Coupe d'Afrique des nations (entretien réalisé le 25 septembre).
C'est toujours facile de parler, mais il est vrai qu'on a parlé et qu'on a fait ce qu'on a dit. Un grand bravo à tous les joueurs qui ont participé, qu'ils aient beaucoup ou peu joué. Tout le monde a été essentiel dans cette victoire historique. Mais je tire surtout un grand coup de chapeau au staff technique qui a été essentiel dans cette victoire, qui a su inculquer un état d'esprit exceptionnel, qui a su faire jouer la concurrence qui été d'ailleurs saine, qui a su appeler les meilleurs joueurs du moment. Tactiquement, le staff a fait un travail énorme. Ils nous ont vraiment facilité la tâche. Félicitations à eux mais aussi aux supporters qui sont venus nous soutenir en Egypte. Beaucoup d'Algériens ont fait le déplacement à leurs frais. Ce n'est pas rien. Cette victoire est pour eux qui ont été essentiels dans cette conquête du deuxième titre continental.
C'était le 19 juillet dernier. Réalisez-vous aujourd'hui ?
Je n'ai pratiquement pas coupé. J'ai eu dix jours de vacances cette année. Donc j'ai dû me remettre tout de suite au travail. Je n'ai pas eu vraiment de vacances donc je n'ai pas vraiment réalisé à l'extérieur car j'étais concentré dans ma bulle. Je n'avais pas le temps de savourer durant la compétition. Après le tournoi, j'ai essayé de couper tout de suite pour me consacrer à ma famille le peu de temps que j'avais. Je n'ai donc pas vraiment réalisé pour être honnête. Mais je sais que j'ai fait quelque chose d'incroyable avec ma sélection. J'en suis fier. Je ne compte pas m'arrêter là. A chaque rassemblement, je fais attention à ce qu'on ne se relâche pas car on a encore de belles choses à accomplir avec l'Algérie.
Qu'avez-vous ressenti durant le tournoi et au moment de soulever ce trophée ? Est-ce le plus beau moment de votre carrière ?
Oui, absolument. Gagner une CAN à 24 équipes en Egypte en été avec la chaleur, ce n'était pas facile. C'est quelque chose d'hors norme. On a eu la meilleure attaque, la meilleure défense. Ça veut tout dire. Gagner ce titre était un objectif quand j'ai commencé en sélection à 20-21 ans. J'ai dit que j'allais écrire ma propre histoire. L'Equipe nationale était au plus mal. J'avais dit que je viendrais en sélection quand je pourrais apporter un plus à cette équipe. En 2014, j'étais très fier car on s'était qualifiés en huitièmes de finale. Donc, on l'a fait. En 2019, gagner une Coupe d'Afrique des nations à 24 équipes à l'extérieur, c'est fait. Je suis vraiment très heureux pour la sélection. Je n'oublierais jamais ce 19 juillet pour ce qu'on a accompli. On y est arrivés grâce à tout le monde. L'état d'esprit a été remarquable. Partir pendant un mois et demi en compétition, tu ne vois pas trop ta famille, les joueurs ont été très professionnels. Quand vous êtes corrects et que vous travaillez, tôt ou tard vous êtes récompensés par Dieu. J'en suis très heureux.
C'est bien évidemment différent, mais les joueurs de l'équipe de France avaient dit que leurs vies avaient changé en devenant champions du monde. Est-ce aussi le cas en devenant champion d'Afrique ?
Non. Ma femme et mes enfants, c'est ça qui a changé ma vie. Grâce au foot, c'est vrai que tu donnes de l'émotion, tu pleures, tu rigoles. C'est quelque chose d'extraordinaire. Mais de là à dire que ça a changé ma vie, non je n'irais pas jusque-là.
Vous avez rendu hommage aux supporters des Fennecs. Ils vous avaient réservés un accueil exceptionnel à votre retour de la CAN. C'était un moment fou à vivre.
C'était incroyable. J'avais vécu notre retour du Mondial en 2014. Là en 2019, je crois que c'était encore mieux. Il y avait du monde de partout. Des enfants, des grand-mères, des grands-pères, des jeunes, etc. tout le monde était réuni dans la rue pour crier, montrer sa joie et sa fierté d'être algérien. Il y avait de quoi... On a fait un parcours exceptionnel et je suis très heureux que ça ait pu donner beaucoup de joie qui peut-être passent des moments difficiles durant l'année. Sincèrement, on a joué pour le peuple. Cette récompense est pour nous exceptionnelle. En Algérie, l'Equipe nationale, c'est plus que du foot. Ça a une histoire, notamment avec l'équipe du FLN. La sélection est au premier plan pour les Algériens. Cette victoire est plus que du football. On en est ravis et fiers. On va tenter de continuer car on a une équipe et un collectif très fort. On peut accomplir de belles choses les prochaines années.
On a senti que la sélection était avant tout un groupe de frères menés par un aîné qui est Djamel Belmadi, est-ce que je me trompe ? Quelles étaient vos forces ?
Djamel, c'est lui qui est la base de tout. En dix mois, il a fait un travail remarquable. Humainement, il a le respect de tout le monde. Au niveau de son travail, c'est carré. On prend du plaisir aux entraînements. Au niveau de la compétence, c'est du très haut niveau, je peux le dire. Pas parce que j'aime beaucoup Djamel et que c'est mon coach. Non, j'ai eu beaucoup d'expérience et j'ai connu beaucoup de coaches. Je peux vous dire que Djamel Belmadi, c'est du très haut niveau. Objectivement, tout le monde l'apprécie parce qu'on sait qu'il est correct, qu'il a des principes et des valeurs. Il est droit. A partir du moment où la concurrence est saine, personne ne peut dévier. Celui qui dévie, il se met tout seul en dehors du groupe. Ce qui s'est passé en sélection cet été est tout à fait normal. Quand tu as un coach compétent, des joueurs de qualité et que tu fédères autour de toi, si t'es bon et honnête, tu vas être récompensé tôt ou tard. C'est ce qui s'est passé.
Votre coach a d'ailleurs terminé 4ème au classement des entraîneurs Fifa de l'année. J'imagine que c'est une fierté pour vous tous...
C'est plus qu'une fierté. Personnellement, je suis trop fier d'avoir un coach comme lui, qui est compétent, franc, direct et travailleur. Le connaissant lui, il ne court pas après les trophées individuels. Ce n'est pas du tout son objectif. Pour lui, ce qui compte, c'est le football et les trophées collectifs. C'est ça qu'on retient. Lui est très heureux de ce qu'il a fait. Il a encore faim, il veut encore nous faire progresser car on sait qu'on a encore une belle marge de progression. Il ne pense qu'à ça et attend chaque rassemblement avec impatience. Le peu de temps qu'il a pour travailler est exploité au maximum. C'est un honneur d'avoir un coach comme ça. On est à fond derrière lui. On le suit.
Quels sont les prochains objectifs à atteindre ?
Ce sont les qualifications pour la prochaine CAN et pour la Coupe du Monde. En tant que vainqueurs de la précédente édition de la Coupe d'Afrique, on doit tout faire pour se qualifier de nouveau. Ensuite, on va tenter de se qualifier pour le Mondial. On va essayer de progresser. Ça va être long et il y aura certainement des moments difficiles. Mais il faudra toujours rester ensemble et être soudés. On sait ce qu'il faut faire pour gagner. On l'a fait lors de la CAN. On sait aussi ce qu'il ne faut pas faire comme lors de la précédente CAN en 2017. Ce qui nous a fait du mal à nous et à notre peuple. Il ne faut pas refaire ça. On a l'expérience maintenant. Il faut toujours essayer de s'améliorer et conserver notre humilité. C'est ce qui fait la force des grandes équipes.
Vous avez été rejoints par une nouvelle génération de Fennecs qui montent en puissance. Que pensez-vous d'eux ?
On a un groupe facile. Tout le monde est accueilli les bras grands ouverts. On a une jeune génération qui va faire parler d'elle dans le futur si elle reste sérieuse et professionnelle. Le potentiel d'Adam Ounas, de Youcef Atal, de Ramy Bensebaini et d'autres est de très haut niveau. J'espère que dans les années à venir, l'Equipe nationale va perdurer au haut niveau. Ça fait plaisir de voir jouer beaucoup de jeunes algériens dans de grands clubs. Par le passé, je me souviens que s'il y avait un ou deux Algériens, c'était énorme. Là, on voit qu'actuellement il y en a de partout. Quand j'allume ma télé, je mets un coup Monaco, un coup Nice, la Serie A, la Liga, etc., ça fait vraiment plaisir. J'espère que les futures générations, grâce au travail effectué par cette génération, vont pouvoir se dire qu'elles aussi peuvent devenir professionnelles, faire de grandes choses et gagner une CAN. Si nous on l'a fait, les autres peuvent le faire aussi. Il y a de futurs talents qui vont éclore les prochaines années. On commence à former des jeunes, notamment avec l'académie du Paradou en Algérie. C'est un exemple pour le football algérien. Les autres clubs doivent s'inspirer de ça. On a de jeunes talents dans les centres de formations en France. A eux de continuer comme ça pour faire de l'Algérien un joueur de très haut niveau, qu'il ait une grosse cote. On sait que c'est dur de venir jouer en Afrique, que pour certains leurs carrières peuvent être plus difficiles que s'ils étaient dans une sélection européenne, la reconnaissance, la joie et la fierté qu'on vous donne, ça n'a pas de prix. Quand vous croisez les supporters algériens dans la rue, l'amour qu'il vous donne c'est mieux que de l'argent.
Parmi tous ces jeunes, Ismaël Bennacer a fait une entrée fracassante en sélection. Il a bluffé tout le monde à la CAN où il a terminé meilleur joueur. Quel est votre regard sur lui ?
Ismaël a une histoire bizarre. Ça faisait un petit moment qu'il était en sélection mais il avait peu joué avant la CAN. Mais nous qui nous entraînons avec lui, on le connaissait depuis longtemps. On savait qu'il avait un vrai talent. Il fallait juste lui faire de la place au milieu du terrain pour lui donner l'occasion de jouer. Avec les méformes et les mauvaises performances des joueurs qui étaient en place à son poste, Djamel lui a donné sa chance et il a su la saisir. Il l'a fait de fort belle manière. Isma, c'est un petit frère, un gars équilibré dans sa tête. C'est quelqu'un qui peut vraiment aller au très haut niveau. Ce qui lui arrive est tout à fait normal. Il a faim et il a envie de montrer qu'il est un grand joueur. J'espère qu'il aura un avenir encore meilleur que moi ou les joueurs qui ont la trentaine bientôt. J'espère qu'il fera une grande carrière, qu'il jouera dans les meilleurs clubs du monde. Nous, on sera toujours ses premiers fans. On le supportera toujours. J'espère qu'il va rendre heureux tous les Algériens et surtout sa famille.
Vous allez affronter la Colombie le 15 octobre prochain à Lille. L'Algérie va donc rejouer en France pour la première fois depuis 2009. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
Jouer la Colombie qui est une équipe de haut niveau, ça fait plaisir. Ça permet d'avoir une bonne expérience et de jouer une équipe différente d'une équipe africaine. Ça va nous permettre de nous jauger face à l'une des meilleures nations au monde. Ensuite, jouer en France c'est bien aussi pour tous les Algériens qui vivent en France, les Français d'origine algérienne. Ils vont pouvoir voir l'Equipe nationale jouer. C'est une bonne chance de faire ça de temps en temps. On jouera d'abord le Congo en Algérie avant d'aller jouer à Lille la Colombie. C'est bien. Durant ce stage, on espère bien se préparer pour les échéances de novembre qui vont être très importantes. Ce stage d'octobre va nous permettre de monter en régime et de nous confronter à l'une des meilleures nations qui est la Colombie. Qui plus est devant un public algérien de France.
On parle de plus en plus d'un possible match contre l'équipe de France, qu'en pensez-vous ?
Sportivement, ce sont les champions du monde. Donc, c'est sûr que ce serait une super confrontation pour nous pour voir où nous en sommes. Ensuite, sincèrement, je préfère jouer face à des équipes sud-américaines, des équipes qui nous ressemblent on va dire, afin de voir ce qu'on doit améliorer. J'aime bien des équipes comme la Colombie, le Chili, etc. C'est plaisant de jouer contre des équipes de ce profil-là. Après, c'est la fédération qui verra ce qu'elle veut faire. Nous, les joueurs, qu'on joue contre la France, l'Allemagne ou une autre sélection, c'est avec plaisir qu'on participe à ces rencontres.


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