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Joint-ventures et transfert de technologie
Publié dans Le Soir d'Algérie le 09 - 10 - 2018

Le modèle d'association (joint-venture) internationale de la Chine est-il efficace pour assurer le transfert de technologies tant espéré ? C'est la question que se posent des enseignants-chercheurs des universités de Nottingham, du Colorado et de Hong Kong.(*) L'actualité de la question tient au fait que l'administration américaine considère comme pratique commerciale déloyale l'obligation faite aux entreprises étrangères opérant dans des secteurs «protégés» de s'associer à une entreprise chinoise. En effet, le train de mesures annoncé mars 2018 par l'administration Trump comporte des droits de douane de 50 milliards de dollars sur les importations en provenance de Chine pour une série de pratiques commerciales jugées déloyales : violations des droits de propriété intellectuelle, transfert forcé de technologie des Etats-Unis aux entreprises chinoises et restrictions onéreuses imposées aux investissements étrangers en Chine. La pratique commerciale qualifiée de «déloyale» ou d'«abusive» par l'administration Trump est l'obligation de créer des coentreprises internationales dans des secteurs spécifiques — notamment les industries de haute technologie, telles que la construction automobile, l'électronique ou les produits pharmaceutiques – secteurs classés comme «restreints» ou protégés. Dans ces secteurs, les investisseurs étrangers qui souhaitent s'établir en Chine sont toujours tenus de passer par un partenariat commercial avec une entreprise chinoise et ce, malgré des mesures continues de libéralisation et d'assouplissement. De moins en moins d'industries y sont, en effet, soumises. Vingt ans plus tard, on se demande pourquoi la Chine maintient-elle une telle politique consistant à obliger les investisseurs étrangers à s'associer avec des entreprises chinoises ? «La raison tacite d'une telle politique est le transfert de technologie et les effets d'apprentissage engendrés par ces partenariats : lorsqu'un investisseur étranger s'établit en Chine, il apporte généralement sa technologie et ses processus avancés, que le partenaire chinois et la coentreprise filiale sont en mesure d'absorber directement ou indirectement. Des accords de licence de technologie explicites, une rotation du personnel ou même une appropriation directe facilitent ce transfert et, en principe, le résultat final est que les entreprises chinoises bénéficient des méthodes étrangères avancées. Dans le meilleur des cas, ces effets pourraient se propager aux entreprises au-delà des limites de relations de coentreprises individuelles. » Examinant les effets de ces relations de joint-venture pour comparer les entreprises chinoises en partenariat à des entreprises similaires qui ne l'étaient pas, les trois chercheurs observent que le transfert de technologie, direct ou indirect, se produit effectivement de manière systématique : «Les partenaires d'une coentreprise ont tendance à être environ 5% plus productifs que leurs pairs (mesurée par la productivité totale des facteurs, mesure de la capacité d'une entreprise à transformer efficacement ses intrants en produits), à enregistrer environ 1% de brevets en plus, et à vendre plus à la fois au pays et à l'étranger (avec des augmentations de 23,4% et 1,3% respectivement). » Qu'en est-il des entreprises chinoises situées à l'extérieur d'une coentreprise et qui exercent leurs activités dans un secteur où la présence de joint-ventures est relativement importante ? Elles peuvent naturellement bénéficier d'une sorte de transfert indirect de technologie, résultant du déplacement des employés d'une entreprise à une autre, en apportant leurs connaissances. Il reste à mesurer l'importance de l'origine nationale du partenaire étranger. Les joint-ventures en Chine proviennent de trois sources principales qui sont, dans l'ordre : Hong Kong/Macao/Taiwan (HMT en abrégé), les Etats-Unis et le Japon. L'essentiel des effets externes produits sur d'autres entreprises chinoises provient des joint-ventures avec un partenaire américain. Cela revient au fait que les Etats-Unis sont souvent leader technologique dans les industries de fabrication de pointe. Si l'ampleur du marché chinois demeure un atout de poids pour le partenaire local, ce pourquoi des milliards de dollars d'investissements continuent d'affluer chaque année en Chine, il convient toutefois de souligner que les coentreprises en tant que véhicule d'investissement ont considérablement perdu de leur importance par rapport à il y a 20 ans : «Aujourd'hui, la grande majorité des investissements en Chine est réalisée via des entreprises à capitaux entièrement étrangers, où les partenariats avec des entreprises nationales ne sont pas obligatoires ; en 2017, ces entreprises ont généré des investissements de 86 milliards de dollars, contre 31 milliards de dollars provenant de coentreprises.» Cette appropriation technologique est ce qui inquiète le plus les Etats- Unis et motive leurs mesures de rétorsion commerciale. La Chine est, selon l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, devenue en 2011 déjà le pays déposant le plus de brevets au monde. Elle est passée devant la France et se rapproche de l'Allemagne. Selon l'Office européen des brevets (OEB) et l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), plus de 520 000 requêtes ont été déposées dans l'empire du Milieu en 2012 (+41 %). Celles-ci émanent aussi bien de déposants locaux que d'étrangers, ces deux catégories enregistrant, ces quinze dernières années, une multiplication par huit du nombre de demandes formulées. Les Etats-Unis se trouvent ainsi, pour la première fois, relégués à la deuxième place. Ce qui fait écrire au quotidien français de l'économie Les Echos : «La Chine n'est plus seulement l'usine du monde, elle devient innovatrice ; une ascension spectaculaire qui se révèle la plus importante dans les domaines des nanotechnologies (+220 %), mais également dans l'ingénierie électrique (+33 %). Dans le Top 10 des entreprises les plus innovantes figurent plusieurs organisations chinoises, tels les géants des télécommunications Huawei et ZTE (qui ont chacun suscité près de 2 000 demandes de brevets l'an dernier). Après le made in China, place au «Invented in China».(**)
A. B.
(*) Kun Jiang, Wolfgang Keller, Larry D. Qiu, and William Ridley, Is China's International Joint Venture Policy Effective in Diffusing Technology?,Promarket, 18 septembre 2018, https://promarket.org/chinas-international- joint-venture-policy-effective-diffusing-technology/?mc_cid=985014471f&mc _eid=6b484f1c8e
(**) Julie, le Bozer, Innovation : la nouvelle carte du monde des dépôts de brevets, Les Echos, 14 avril 2013, https://business.lesechos.fr/directions- generales/innovation/innovation- services/innovation-la-nouvellecarte- du-monde-des-depots-de-brevet s-6156.php


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