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Arrabal, l'Egyptien
9e FESTIVAL INTERNATIONAL DU THEÂTRE DE BEJAIA
Publié dans Le Soir d'Algérie le 20 - 10 - 2018

Quatrième soirée au TRB du 9e Festival international du théâtre de Béjaïa. Ce soir, c'est une troupe égyptienne qui donne Nozha fi ardh al maâraka, une pièce mise en scène par Ahmed Fouad, tirée de Pique Nique en campagne la toute première pièce datant du début des années 1950 de Fernando Arrabal, l'auteur dramatique espagnol connu pour faire dans l'absurde. Cette courte pièce d'Arrabal est l'une des plus interprétées de son œuvre. Il ne se passe pas une année depuis sa sortie où une ou plusieurs troupes à travers le monde ne la monte. La version égyptienne présentée l'autre soir sur la scène du théâtre de Béjaïa avait de la gueule, à n'en pas douter. Elle colle au texte originel, une dénonciation de l'absurdité de la guerre, tout en prenant des libertés par l'actualisation et l'adaptation. Le soldat «402», qui n'est plus une personne mais un matricule, est stationné à un poste frontière face à l'ennemi. Décor de front, de guerre, de violence fatale et absurde : fils barbelés, quelque chose qui ressemblerait à des casemates avec des grabats pour dormir, des postes radio pour communiquer, et puis, comme pour attendrir un peu ce décor de promesse immédiate de la mort qui fige le temps, des photos suspendues à des fils ravivent la mémoire de l'époque où le temps avait une autre teinte, celle de la famille, de la douceur, des projets à faire, des petites choses qui rendent heureux. Les parents du soldat 402 viennent rendre visite à leur fils, sur le front. Ils incarnent le temps normal, celui du père et de la mère qui aident leur fils à grandir et à construire, les petites choses de la vie qui creusent dans la mémoire des désenchantements les plus lumineux souvenirs. Et ils arrivent sur un front où leur fils fait la guerre, entend la guerre dans les tirs sporadiques qui peuplent le front, et entendent aussi le silence monumental, pesant, périlleux qui précède et succède aux bruits acérés de la mort, et imprègne jusqu'à l'imaginaire. L'ordinaire du front, c'est le décompte sonore du nombre de morts en fin de journée et l'ennui qui écrase de sa chape les gestes des soldats. Pour briser ce mur, le père, vétéran d'une autre guerre qui ressemble à s'y méprendre en absurdité à celle que fait le fils, raconte ses sempiternelles histoires et la mère, pour laquelle le temps du fils ne doit pas rester figé, formule ses soucis quant à l'hygiène de son rejeton dans cet endroit fait pour attendre la mort et les repas. C'est du choc de la réalité mesquine de la guerre et des préoccupations ordinaires des parents, qui subliment la vie dans sa facture quotidienne, que naît l'absurde. La mise en scène d'Ahmed Fouad est efficace. L'interprétation des quatre comédiens est tout aussi efficace, même si l'on regrette que le corps ait joué moins que la voix. Nous avons surpris un grand comédien algérien commenter à la fin de cette quatrième pièce : «C'est la meilleure qu'on ait vue jusqu'à présent.»
A. M.

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