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Présidentielle 2019 :l'art de bricoler un mandat à blanc
Publié dans Le Soir d'Algérie le 15 - 12 - 2018

Ecrire sur le ton de la gravité que la Constitution risque bel et bien d'être l'objet de dangereuses manipulations qui la priveraient de ce qui lui reste de validité, traduit vaguement la situation déplorable des institutions dans leur ensemble : là où le fait accompli des règlements de comptes annule allègrement l'esprit et la lettre des lois. En effet, ce qui, à son origine, semblait n'être qu'une rumeur n'est-il pas en train de devenir une alternative sérieuse encouragée discrètement par le palais ? L'ajournement de la présidentielle n'étant possible que dans des contextes spécifiques et seulement édicté par la loi fondamentale, l'on se demande alors si l'argutie de la «transition» est susceptible de constituer une raison à la fois nécessaire et suffisante. Ce scénario dont les partis de la majorité se sont promptement emparés ne laisse planer aucun doute sur la possibilité d'amender la Constitution avec le secours complice d'un Parlement croupion. En effet, à la suite des signaux du palais, les quatre chapelles souvent citées ne se sont-elles pas déjà exprimées sur la délicate démarche ? Positivement, elles seraient «disposées à examiner toutes les propositions». Une disponibilité rapide qui équivaut à un feu vert dont l'origine est clairement identifiée. Se démarquant progressivement de la campagne pour un cinquième mandat, ce même panel de la médiation veut, à son tour, tirer avantage de la proposition émanant d'un courant de l'opposition (MSP), laquelle attribue à l'idée d'un gel de la présidentielle une voie de sortie à la crise nationale. L'effet d'aubaine est désormais à portée de main, il ne reste, par conséquent, au palais que le déclenchement de la procédure auprès du Parlement en la présentant comme une initiative de la classe politique. En dépit du fait que l'option de l'ajournement demeure le recours le plus détestable, le pouvoir n'a semble-t-il pas d'autres choix, étant lui-même en butte à une situation complexe aussi bien en termes de conduite des affaires publiques qu'au sujet de l'état de santé du Président. Or, cette histoire qui consiste à abroger, pour une durée indéterminée, le recours aux urnes ne prépare-t-elle pas le terrain pour un mandat à vie. A un peu plus de 100 jours de la clôture du quatrième mandat, cette probabilité sur laquelle vont se consulter les différents canaux du pouvoir ne peut qu'aggraver psychologiquement les préjugés de l'opinion. Dans les semaines à venir et jusqu'au mois de février, cette entorse à la loi et aux traditions politiques sera examinée soit à la loupe dans les cénacles des constitutionnalistes soit violemment critiquée dans les milieux populaires réfractaires à tout ce qui ressemble à de l'allégeance quasi monarchique même s'ils admettent que les votes en Algérie n'ont jamais eu une grande signification. La réalité étant ce qu'elle est depuis l'entame de l'actuel mandat touchant à sa fin, est-il encore concevable que l'entourage présidentiel persiste dans certains projets alors que le pays est rongé par tous les maux de la non-gouvernance ? Toujours à propos de la reconduction de 2019, il ne serait pas étonnant d'entendre bientôt des exégètes de circonstance établir des parallèles tout à fait douteux entre un maintien sans référendum et le passage obligé à travers une urne systématiquement violée. Il est vrai que ce genre de réquisitoires avait été dans le passé abordé par le président de la République au moment où il voulut étayer la promesse d'une transparence d'ailleurs jamais tenue. Ceci dit, l'électeur perçoit mieux que quiconque la méfiance que cultivent tous les régimes face au multipartisme. Bouteflika ne fait pas exception à ce vieux formatage car, tout au long de ces deux décennies marquées politiquement par d'incessants chassés croisés dans les rouages du pouvoir, il n'épargna guère les fonctions électives. Paradoxalement, il n'était jamais venu à l'esprit de ses victimes consentantes (députés) de soulever la question de leur représentativité et la dignité qui va avec. Pour cette raison, leur indétermination par rapport aux signaux venant de la société n'a-t-elle pas fini par les révoquer auprès de l'électorat et de les réduire au rôle de faire-valoir du régime, là où celui-ci ira chercher justement leur assentiment afin de re-légitimer une présidence reconquise en marge de toutes les urnes ? L'insoutenable dérive d'un processus est surprenante en ce sens qu'auparavant, elle ne semblait guère s'inscrire dans les tablettes du régime qui, pourtant, passa par deux fois en force. Une première fois en violant la Constitution et la seconde en interdisant au Conseil constitutionnel de statuer sur l'aptitude du Président à exercer sa charge. Seulement dans les deux cas de figure, il adressa un pied-de-nez à l'opinion en détournant les résultats des urnes. Rétrospectivement, l'on a encore en mémoire ce chef d'Etat de plein exercice qui cultivait la certitude de pouvoir gagner tous les challenges sans déplacer, disait-il, la moindre virgule de la Constitution qu'il n'appréciait pourtant guère. Puis vint le temps du désenchantement et de l'usure physique. Un doute que l'ivresse du pouvoir compense par n'importe quel subterfuge jusqu'à conclure tous les mauvais pactes afin de conserver les attributs de la majesté. Les courtisans soucieux de lui assurer une sorte de bulle lui inventeront «un temps de réflexion». Celle qui devint la référence en 2014 quand ils annoncèrent qu'il se décidera «en conscience le moment voulu». C'est qu'à cette époque, le destin de Bouteflika posait bien plus de problèmes au pays qu'à lui-même. Or, à la veille de ce rendez-vous de 2019, il en va autrement dès lors que sa présence devient nécessaire afin de «transiter» sans grand dommage. In fine, la présence du chef de l'Etat deviendra nécessaire pour justifier la période indue d'une fictive présidence ! Triste perspective pour une Algérie déboussolée.
B. H.

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