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Réformes sans ouverture
Publié dans Le Soir d'Algérie le 19 - 02 - 2019

La pensée occidentale, toutes écoles confondues, continue à faire valoir son prisme de lecture à des contextes socio-politiques inédits dans l'Histoire.
«Après la répression, la révolte ?», se demande quant à l'avenir de la Chine Dissent Magazine, dans son numéro de cet hiver, sous la plume de l'historienne Maura Elizabeth Cunningham, professeure à la prestigieuse université d'Oxford ?(*)
Dans l'ensemble, il est reproché au désormais Président à vie Xi Jinping de «consolider son pouvoir à un degré jamais vu depuis l'époque de Mao», alors que «le système rigide qu'il préside peut être plus fragile qu'il n'y paraît».
L'amendement constitutionnel de l'Assemblée populaire nationale chinoise en mars 2018 a éliminé la limitation des mandats à deux – qui était en place depuis 1982.
Depuis un an, Xi assume donc trois fonctions : il est à la fois Président, président de la Commission militaire centrale et secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC). Agé d'à peine soixante-cinq ans, il «pourrait (donc) potentiellement rester en charge pendant plusieurs décennies».
A titre de digression, s'agissant de son espérance de vie, l'auteure de l'étude soutient que Xi a de qui tenir génétiquement parlant : «Son père, Xi Zhongxun, ancien responsable du PCC, a survécu à la guerre et à l'exil politique à l'âge de quatre-vingt-huit ans, et sa mère était toujours vivante au début des années quatre-vingt.»
Cette perspective suscite moult inquiétudes au regard de la personnalité de Xi, plutôt autoritaire, depuis son accession au poste de secrétaire général à la fin de 2012 : «Sous Xi, l'Etat-parti dirigé par le PCC a arrêté des avocats et des militants sociaux, renforcé la censure et réduit l'espace disponible pour ceux qui recherchent des changements même modérés à l'intérieur du système politique.»
Il lui est toutefois reconnu d'avoir «mené une campagne anti-corruption de grande envergure au sein du parti», même si, au passage, elle l'a servi pour se débarrasser de ses rivaux politiques.
Il lui est également reproché d'exercer le pouvoir sans partage – il est surnommé «le Président de tout» – à la tête «de nombreux ‘'petits groupes dirigeants'', qui supervisent différents aspects des activités du gouvernement, tels que les relations avec Taiwan et la cybersécurité, et opèrent au-dessus des départements bureaucratiques désignés comme tels».
Xi est associé au type même de dirigeant que les hauts responsables du PCC avaient pourtant juré d'empêcher de prendre le contrôle du pays après Mao à sa mort, en 1976 : «Le pays qu'il dirigeait depuis sa fondation en 1949 était ravagé par une décennie de bouleversements formellement connue sous le nom de ‘'Grande révolution culturelle prolétarienne''. Le principal objectif de Mao en lançant la Révolution culturelle était d'éliminer ses ennemis politiques et de reprendre le contrôle du pouvoir, mais la campagne a occasionné d'importants dommages collatéraux. Les universités ont fermé leurs portes, l'activité économique a été ignorée et les liens sociaux ont été rompus, chaque voisin étant accusé d'action contre-révolutionnaire.»
Les réformes inaugurées en 1978 ont réhabilité l'activité économique et abandonné le culte de la personnalité.
Le régime a tiré les enseignements du modèle soviétique à la suite des manifestations de 1989 sur la place Tiananmen ; il a notamment conclu qu'une libéralisation politique complète pouvait lui être fatale : «Des réformes limitées de la gouvernance offraient toutefois la possibilité de canaliser et de répondre aux doléances des citoyens au sein du système; le parti gardant le contrôle et se montrant attentif à la volonté du peuple.»
Le nouveau modèle s'apparente à «un autoritarisme résilient, dans lequel l'Etat est suffisamment sûr pour permettre un engagement politique civil à son plus bas niveau (élections de village, activité de la société civile et règlement judiciaire des litiges). Au sommet, des dirigeants technocratiques compétents travaillent ensemble dans un cadre consensuel».
Les dix années passées sous la direction de Hu Jintao (président de la République du 15 mars 2003 au 14 mars 2013) ont éloigné le pays du chemin des réformes, chacune d'entre elles étant désormais systématiquement neutralisée, au nom de la stabilité sociale et du maintien de l'emprise du PCC sur le pouvoir.
La direction du PCC a tracé des «frontières institutionnelles» pour réprimer tout ce qu'elle ne pouvait pas complètement contrôler.
«A court terme, l'Etat-parti peut arrêter un manifestant, censurer des publications sur les médias sociaux et réprimer la dissidence, mais sa capacité à maintenir cette fermeté sur le long terme est incertaine.»
«Lorsque les perspectives de réformes graduelles sont étouffées, la pression en faveur d'un changement révolutionnaire augmente.»
Xi a inauguré un nouvel âge : Mao a mené à bien la première révolution, qui a abouti à la fondation de la République populaire de Chine, Deng a érigé les réformes postérieures à 1978 en «deuxième révolution», alors qu'avec Xi, le PCC serait «entré dans une période de stagnation et de déclin possible».
La politique et les actions de Xi sont toutefois jugées prometteuses pour repositionner le pays, tant sur le plan national qu'international : «La République populaire de Chine est en train de passer d'une dépendance à la fabrication bas de gamme à l'innovation de haute technologie, et le PCC cherche à faciliter cette transition en promouvant des industries de pointe, telles que les véhicules électriques.»
«A certains égards, Xi a eu plus de succès dans le domaine des relations extérieures. Au moment où les Etats-Unis se retirent de leur rôle de premier plan, la République populaire de Chine s'intègre dans d'autres espaces, notamment par le biais d'un vaste programme d'aide étrangère, de commerce et d'infrastructures baptisé ‘'Initiative ceinture et route''.»
Dans l'ensemble, le programme de Xi réhabilite l'Etat dans la vie politique et économique mais il reste «une réforme sans ouverture», favorisant le contrôle plutôt que la concurrence, ce qui empêche son optimisation stratégique sur le long terme.
A. B.
(*) Maura Elizabeth Cunningham, After Repression, Revolt ?, Dissent Magazine, Hiver 2019, https://www.dissentmagazine.org/article/after-repression-revolt


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