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Faux indices contre réalité
Publié dans Le Soir d'Algérie le 21 - 04 - 2019

Vendredi passé, c'était la première fois que les forces de l'ordre réussissaient nettement ce qu'elles ont entrepris en matière de blocage des manifestants en route vers la capitale. Qu'on ne s'y méprenne pas, la manœuvre a été entreprise dès le début du soulèvement. Si le « succès » n'a pas été au bout aux premiers vendredis, c'est d'abord en raison de la prudence politique qui a fait qu'on a commencé par éviter coûte que coûte l'affrontement qui pouvait installer d'emblée le mouvement dans d'autres arguments, pour s'exprimer sur un autre ton. Ensuite en raison du fait que le pouvoir, confortablement installé dans ses certitudes, avait comme toujours sous-estimé la lame de fond qui traversait le pays et l'ampleur de la mobilisation qu'elle pouvait entraîner. L'un dans l'autre enfin, le pouvoir avait d'abord déployé les moyens de ses prévisions, bien en deçà des forces en marche et surtout bien en deçà de la nature de leurs motivations et de leur niveau de détermination. Plusieurs vendredis durant, les barrages filtrants — ou bloquants, il est difficile de saisir la nuance — ont dû céder. Parce qu'en face, on n'avait aucune intention de se laisser faire, parce que les moyens étaient dérisoires en face de la marée humaine déferlant sur la capitale et parce que les décideurs donnaient souvent des ordres de repli à leurs troupes. On pensait pouvoir atténuer l'afflux en douceur, on a fini par faire preuve de « réalisme ». Ce sont les tentations fortes envisagées face à l'impasse politique qui ont, par la suite, amené à mettre plus de moyens logistiques et plus de troupes, en plus de la certitude acquise au fil des semaines que rien n'ébranlera le caractère pacifique du mouvement populaire capable à lui tout seul d'éviter l'escalade. Et ce n'est pas seulement sur les pans d'autoroute ou les chemins de contournement que ça s'est vérifié. Le déploiement policier dans les rues et places d'Alger s'est entre-temps amplifié jusqu'à n'en plus pouvoir, les bombes lacrymogènes se sont banalisées jusque dans un tunnel, les canons à eau ont été généreux, les gros véhicules ont menacé d'écraser la foule, la BRI a visité la Fac de droit, des filles ont été déshabillées dans un commissariat et on parle déjà d'un premier mort. Vendredi passé, la mobilisation n'a pas été moindre et le mouvement n'a pas montré ses « premiers signes de faiblesse », comme on a eu à le lire et l'entendre dans quelques bouches manifestement pas trop exigeantes pour être gagnées par le scepticisme. La vérité est que s'il y a eu moins de monde, c'est parce que les blocages ont fonctionné. S'il y a eu moins d'enfants, c'est parce qu'il n'aurait jamais dû y en avoir. S'il y a eu moins de femmes, c'est parce que les femmes prennent aussi l'autoroute. Et puis cette évidence : on peut continuer à fermer les accès vers la capitale, l'immense majorité des Algériens a définitivement intégré le pays en marche. Et ça, toutes les logistiques n'y pourront rien. Il vaut mieux passer à autre chose.
S. L.

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