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Le tribunal de Sidi M'hamed
Publié dans Le Soir d'Algérie le 22 - 04 - 2019

La convocation par la justice d'Ahmed Ouyahia et Mohamed Loukal est certainement le début de «quelque chose» mais on ne sait pas exactement quoi. Quelles que soient ses motivations et les appréciations qu'on peut en faire, elle inaugure une ère que les Algériens n'attendaient pas si tôt. Pour les perspectives qu'elle est censée ouvrir, pour le symbole et jusque dans ses effets d'annonce, elle peut, au moins dans la foulée de sa survenance, suffire à justifier l'enthousiasme de tous ceux qui ont cru à sa sincérité. Ils peuvent y voir le début d'une entreprise de justice qui va s'étaler dans le temps, prendre du volume et étendre le champ des explorations. Mais ils peuvent tout aussi bien se dire que c'est déjà quelque chose en attendant mieux, tout en révisant leurs espérances à la baisse. Après tout, personne ne rêvait plus de voir un Premier ministre fraîchement viré et dont on connaît le poids dans le système, convoqué par un petit tribunal d'Alger pour des affaires aussi sérieuses que la «dilapidation des finances publiques et l'octroi de privilèges illégitimes». Il y a même un ministre en activité qui l'accompagne en l'occurrence, des fois qu'on croirait qu'on ne s'en prend qu'aux « ex », comme de… tradition. Mais les satisfactions, même quand ceux qui les expriment ne manquent pas d'arguments, n'empêchent pas d'autres d'être plutôt dans le questionnement, voire dans l'appréhension. D'abord parce que de toutes les mesures entreprises jusque-là en réponse au mouvement populaire, il n'y a pas une seule qui soit l'expression franche d'une volonté politique de satisfaire les principales revendications des Algériens. Ou même un message rassurant sur les perspectives immédiates. Ensuite parce que les moins exigeants en termes d'indices de changement ont dû s'esclaffer en entendant que les magistrats du tribunal de Sidi M'hamed ont ouvert tout seuls, comme des grands, un dossier aussi grave en convoquant un ancien Premier ministre et un ministre récemment arrivé en poste. La justice algérienne, au vu des retards accumulés et des réflexes installés en son sein, ne peut pas, entre la poire et le fromage, décider de son émancipation vers l'indépendance, au point de se permettre de telles audaces. Pour le citoyen ordinaire,une justice qui n'a pas ouvert une enquête sur un président de club de foot qui vient de déclarer sur un plateau TV qu'il a «acheté des matchs»… ne peut pas aller aussi loin sans oreillette. Et ce n'est certainement pas la profession de foi de Gaïd Salah qui va y changer quelque chose. Encore moins ses… injonctions qui peuvent tout suggérer sauf l'indépendance de la justice ! Viennent ensuite les appréhensions. Sur la crainte de voir s'installer le règlement de comptes quand les Algériens demandent des… comptes, de livrer (encore) des seconds couteaux pour épargner les têtes, d'assister à des procès pour «négligence» là où il y a crime économique, de sortir des détournements de clopinettes quand il s'agit de milliards lourds, de voir se confirmer qu'il y a des intouchables… Et surtout de se rendre compte que « tout ça» n'est qu'un moyen au service du statu quo. Pour son maintien ou sa prolongation.
S. L.

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