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L'hommage oublié aux victimes du Printemps noir
Tizi-Ouzou
Publié dans Le Soir d'Algérie le 19 - 04 - 2021

En dehors du recueillement qui s'est déroulé, dans la matinée de dimanche, sur la tombe de feu Massinissa Guermah, la première victime du Printemps noir, tué par balles le 18 avril 2001, dans une brigade de la Gendarmerie nationale, et qui repose à jamais dans l'enceinte de la demeure familiale à Agouni-Arous (Ath-Douala), en présence de son père et de sa mère toujours éplorés, et de quelques personnes ; aucun geste commémoratif similaire n'a été observé ailleurs.
Aucun autre acte de célébration significatif n'a été initié par quelque partie que ce soit, pour perpétuer le souvenir des victimes de la terrible tragédie humaine qui a ensanglanté la Kabylie durant le printemps 2001.
Paradoxalement, vingt ans après, une lente désacralisation des événements qui ont jalonné cette période, s'est insinuée dans une conscience collective qui semble se refuser à la remontée de souvenirs pénibles. Nous revenons, ici, sur un traumatisme collectif causé par la violence meurtrière de l'Etat au nom duquel, il y a eu recours à des armes de guerre pour faire taire des manifestants à mains nues.
Le 18 avril 2001, succombait à ses blessures le jeune lycéen Massinissa Guermah, suite à des blessures causées par un gendarme qui a fait usage de son arme de service dans l'enceinte même de la brigade de gendarmerie d'Aït-Douala sur les hauteurs de Tizi-Ouzou. Cet acte que rien ne pouvait justifier a suscité la réaction indignée de la population qui avait investi la rue pour dénoncer l'arbitraire et exiger réparation. S'ensuit, alors, un cycle de protestations-répressions avec des pics de violence et des manifestations mémorables, à l'instar de la marche noire du 19 mars 2001 et celle du 14 juin de la même année qui ont fait descendre des millions de personnes dans la rue.
Le recours aux armes de guerre par les forces de l'ordre pour mater le soulèvement juvénile causera la mort de 128 jeunes et plus de 5 000 autres blessés par balles réelles. Ces événements, qui ont atteint le summum de la contestation citoyenne ayant marqué l'histoire de l'Algérie indépendante, sombrent, vingt ans après leur éclatement, quasiment dans un troublant oubli ; ils ne font pas l'objet du culte de célébration à la hauteur du sacrifice des 128 jeunes martyrs.
En dehors du recueillement initié qui s'est déroulé dans la matinée de dimanche, sur la tombe de feu Massinissa Guermah, initié par sa famille en présence de quelques personnes, aucun geste commémoratif similaire n'a été observé.
Le rite immuable de la commémoration des événements observé, il y a quelques années, s'est estompé au fil du temps. Les rares îlots de résistance où l'on continue à célébrer les victimes et à rendre hommage à leur martyre ne sont plus que le miroir des revers de l'histoire qui, peu à peu, entourent ces événements.
Devenus quasi inaudibles et invisibles, les « héros » d'hier, les délégués des Arouch qui avaient encadré la protestation de la rue, sont oubliés et critiqués. Pour beaucoup d'analystes, l'action de ce mouvement est souvent présentée comme une séquence historique utilisée par le pouvoir pour briser la mobilisation d'une Kabylie résolument contestataire. À tort ou à raison, on impute au mouvement des Arouch la cause d'une désertification du champ des luttes politiques et citoyennes en Kabylie.
Une région qui ne se réveillera de cette longue séquence de léthargie politique qu'avec le déclenchement de la révolution populaire du 22 février 2019.
S. A. M.


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