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La pandémie a été «la goutte d'eau qui a fait déborder le vase»
Tunisie
Publié dans L'Expression le 04 - 08 - 2021


Sous les gradins décatis du stade El Menzah de Tunis, transformé en centre de vaccination, Mohamed Ben Amar se réjouit de son vaccin autant que du coup de force du président Kaïs Saïed. «Avec lui, tout va changer», espère-t-il. Le président Saïed s'est octroyé les pleins pouvoirs à la faveur d'un ras-le-bol exacerbé par un pic épidémique meurtrier, qui a provoqué la colère des Tunisiens contre «l'incompétence» de l'ancien gouvernement et d'une Assemblée accaparée par ses luttes intestines. «Avant, la Tunisie n'avait pas de vaccins, pas d'oxygène», souffle Mohamed, cordonnier, qui a peiné à se procurer des bouteilles du précieux gaz, lorsque sa mère asthmatique de 80 ans a contracté le Covid-19. Pour lui, depuis que M. Saïed a suspendu le Parlement il y a une semaine et pris la main sur l'exécutif, «la gestion est bien meilleure». Dix ans après la révolution de 2011, le parti d'inspiration islamiste Ennahdha, qui a participé à presque toutes les coalitions au pouvoir depuis la chute du dictateur Zine El Abidine Ben Ali, cristallise le mécontentement. Inflation continue, chômage, corruption... «La situation économique n'est pas du tout celle qu'on espérait il y a dix ans», résume Hichem Fassi. Pour cet avocat de 28 ans, «le Covid, c'est vraiment la goutte d'eau qui a fait déborder le vase». «La gestion de l'épidémie a été catastrophique. Ces derniers mois, on était dans le doute permanent», insiste-t-il, en soutenant M. Saïed. La Tunisie a été frappées de plein fouet par le variant Delta: depuis mars, le nombre de morts du nouveau coronavirus a plus que doublé, dépassant désormais les 20.000 décès. Manque de respect des gestes barrières, arrivée tardive des vaccins, difficultés à décider et faire appliquer des restrictions cohérentes en raison de la crise économique et des tergiversations politiques: la Tunisie s'est retrouvée avec le pire taux de mortalité officiel du monde sur les sept derniers jours, selon des bilans officiels. Dans ce contexte, nombre de Tunisiens souhaitent un homme fort pour lutter contre l'épidémie, et le président, élu en 2019 avec plus de 70% des voix, bénéficie toujours d'une forte popularité. Le bras de fer entre le chef de l'Etat et un Parlement morcelé a déstabilisé le gouvernement de manière chronique. Résultat: cinq ministres de la Santé se sont succédé en 18 mois. Les hôpitaux saturés, les pénuries d'oxygène et l'incohérence de certaines mesures ont renforcé cette impression d'un Etat défaillant. A la mi-juillet, en pleine fête de l'Aïd- al Adha, l'ouverture soudaine de la vaccination à toutes les classes d'âges, a ainsi tourné à la foire d'empoigne. De nombreux centres ont été débordés, générant bousculades et déceptions. Depuis que M. Saïed a invoqué la Constitution pour prendre le pouvoir, il a créé une cellule de crise pour gérer la crise sanitaire, supervisée par un haut gradé militaire. Avant cela, il avait déjà poussé l'armée à ouvrir des hôpitaux de campagne et des centres de vaccination mobiles dans plusieurs régions du pays. «Laisser l'armée gérer la crise sanitaire, ça va être plus efficace», approuve M. Fassi: «On a trop attendu pour prendre cette décision.» Le président Saïed bénéficie également de l'arrivée de l'aide internationale dans le pays. Chine, Emirats arabes unis, Etats-Unis, Italie... face à la crise sanitaire, les vaccins ont fini par affluer du monde entier. Depuis dix jours, le pays de 12 millions d'habitants a reçu «à peu près sept millions de doses de vaccins», selon le représentant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en Tunisie, Yves Souteyrand. D'après les derniers chiffres du ministère de la Santé, 1,1 million de Tunisiens sont immunisés avec deux doses. Devant le stade El Menzah, où l'on vaccine désormais 1.200 personnes par jour, contre 400 en mars, Chaima Ben Brahim est moins tranchante envers les responsables démis par le président. «Avant, le gouvernement ne pouvait rien faire car on n'avait pas de moyens», soupire cette trentenaire, sans pour autant s'inquiéter d'une possible dérive autoritaire. Pour cette diplômée d'une école de commerce, la Tunisie «vit une nouvelle période révolutionnaire».

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