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La gouvernance dans le monde arabe
De la révolution à l'évolution
Publié dans Liberté le 17 - 01 - 2012

Les transitions prometteuses en Tunisie, en Egypte et en Libye peuvent apporter une certaine stabilité politique et économique à travers les pays de la Méditerranée.
L'un des thèmes générique du Forum de Davos 2012 qui se tiendra à la fin du mois de janvier est : “La gouvernance en Afrique du Nord et dans le monde arabe : de la révolution à l'évolution”.
En fait, c'est le cas de l'exception algérienne qui avait donné le ton puisque l'effet domino tant attendu n'avait pas eu lieu et que nous parlions déjà d'évolution sans révolution. Un processus de mutations du pays en deux temps. Une première génération entamée avec la révolte de la jeunesse d'Octobre 1988 et une deuxième génération amorcée avec ce qui est abusivement dénommé “le Printemps arabe” de janvier 2011.
Comme pour la chute du mur de Berlin, le “Printemps arabe”, je dirais plutôt les révoltes populaires arabes ont engendré une nouvelle ère non seulement d'ambitions mais également d'incertitudes. Les transitions prometteuses en Tunisie, en Egypte et en Libye peuvent apporter une certaine stabilité politique et économique à travers les pays de la Méditerranée.
Force est de constater que vingt ans après une période d'incertitudes similaire en Europe de l'Est, les institutions régionales ont joué un rôle majeur dans la réussite de cette transition.
Pour les anciens pays satellites de l'Union soviétique tels que l'Allemagne de l'Est, la Pologne et la Hongrie, les démocraties prospères de l'Europe de l'Ouest ont fourni un modèle à imiter, tandis que la promesse de l'adhésion à l'UE a offert une incitation rapide à la réforme. La réactivité et le succès avec lequel ces pays d'Europe de l'Est se sont transformés pour devenir membres à part entière de l'UE montrent le potentiel et l'importance des institutions régionales grâce à une politique de convergence.
En ces temps d'incertitudes dans notre région, les défis pour les nouveaux gouvernants sont immenses.
La gouvernance économique adaptée aux enjeux d'un monde nouveau qui naîtra de la relative récession économique actuelle sera incontestablement le pré-requis pour une stabilité et par conséquent pour une gouvernance politique réussie. En ce sens, je retiens 3 défis :
l Le chômage des jeunes : ce fut l'une des principales causes des révoltes du monde arabe. Les gouvernements futurs seront donc jugés sur leur disposition et aptitude à créer des opportunités d'emploi. On ne vend plus de “rêves”!
l L'intégration régionale : Elle a été jusque là disproportionnée. Les Etats en mutation ne peuvent tirer profit que d'une approche plus collaborative.
l La mobilité horizontale et verticale des personnes et des capitaux est la clé de la croissance dans la région méditerranéenne en général et en Afrique du Nord en particulier. En effet, les jeunes frustrés et désabusés ainsi que le chômage ont été à la pointe des révoltes et des turbulences qui ont secoué le Sud de la Méditerranée l'année dernière. Au moins 25% des hommes et 30% des femmes sont en chômage. Sans oublier bien évidement, l'instabilité et l'insécurité qui ont provoqué une vague de migration inhabituelle vers le Nord. Le Pacte social entre Etat et Citoyen est en revue. Par ailleurs, l'intégration régionale a été tentée et elle a été relativement réussie à travers des accords politiques, économiques et commerciaux. Les Etats de la Méditerranée ont collaboré plutôt verticalement, plus en douceur vers le Sud avec l'Afrique et vers le Nord avec l'Europe, qu'horizontalement les uns avec les autres. La collaboration équitable sera la clé de réussite de cette intégration.
Comme les pays sont à différentes phases de développement et de gouvernance, une approche progressive pour l'intégration pourrait offrir une solution adéquate. À mon sens, la priorité pour le Sud de la Méditerranée devra être la mobilité - des personnes et des capitaux – qui, actuellement, est entravée. Une contrainte sur la mobilité est une contrainte sur la croissance. La gestion durable des ressources, non seulement du capital humain, mais aussi de l'énergie et de l'eau, nécessitera également une approche collaborative. Dix-huit (18) millions d'emplois seront indispensables dans les cinq prochaines années dans la région. Les gouvernements vont devoir soutenir et favoriser l'entrepreneuriat et l'éducation pour produire de l'entreprise. Ceci aidera à parvenir à une répartition plus équitable des richesses et à éviter la concentration des ressources entre les mains d'une minorité. Ces efforts nécessitent le développement d'un nouveau système de valeurs, basé sur la transparence et le rejet de la corruption. L'inclusivité sera le principe fondamental qui guidera la nouvelle gouvernance. Mettre en harmonie toutes ces questions est le défi majeur à relever par notre région, actuellement à la croisée des chemins.
A. C.
(*) Membre du Conseil d'experts du World Economic Forum (Forum de Davos)


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