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IRRESISTIBLE BÔNE
ANNABA, PLAISIRS DE LA MER ET CRAINTE DE CORONA
Publié dans Liberté le 18 - 07 - 2021

Ici, comme sur le front de mer, où les familles continuent à sortir en groupes pour prendre l'air dès la nuit tombée, personne n'a cure des chiffres alarmants et de la vague de contamination qui déferle sur le pays.
Depuis le début de l'été et l'élévation des températures, les estivants venus des différentes régions du pays sont très nombreux à avoir choisi la ville d'Annaba et ses plages comme destination de vacances, malgré les récentes perturbations occasionnées par le coronavirus. Comme d'habitude en cette mi-juillet, le soleil tape fort sur fond de ciel bleu, et la grande bleue ouvre largement ses bras aux baigneurs au sein de la plage Rizzi-Amor, plage Chapuis pour les Bônois purs et durs.
Alors qu'au même moment, au centre-ville et au niveau des quartiers périphériques d'Annaba, les habitants sont écrasés par la canicule, une atmosphère de vacances plane ici avec ces enfants qui jouent en riant au bord de l'eau et ces estivants qui se prélassent sur le sable doré, le coronavirus semble bien loin. Pourtant, la wilaya n'est pas à l'abri d'une reprise épidémique brusque qui pourrait modifier le comportement de tous. Ce chef de famille originaire de Constantine et ses trois enfants sont installés confortablement sous un parasol face à l'étendue bleue. Aucun d'eux ne porte son masque de protection.
"C'est vrai que nous devrions nous protéger, mais nous faisons bien attention en gardant nos distances avec le reste des baigneurs", explique la maman, en ajoutant qu'en voyant le nombre de contaminations augmenter jusqu'à 800 et plus, elle et son époux ont failli annuler les vacances familiales, mais qu'ils se préparent à plier bagage aussitôt, si la situation sanitaire vient à s'aggraver.
Le père signale que des amis à eux ont décidé de "ne pas se mêler aux autres vacanciers, par prudence" et afin d'éviter le plus possible les baignades et les activités. "Nous pouvons paraître téméraires, mais nous veillons au grain", nous lance-t-il, dans un grand sourire. Plus loin, un jeune couple est installé sous une tente de camping apparemment équipée de tous les accessoires de plage, depuis les chaises pliantes jusqu'à la glacière pleine à craquer de boissons et de victuailles.
"Nous sommes ici pour toute la journée et nous ne voulons manquer de rien", argue le jeune marié, en confiant qu'il a fui la chaleur insupportable de Guelma, très tôt dans la matinée. Son épouse et lui ne portent pas de bavette non plus. Notre interlocuteur avoue ne pas être plus inquiet que cela. "Nous sommes en vacances et nous pouvons mourir de n'importe quoi. Rabi Ourahamtou", se motive-t-il, en soulignant qu'il reste quand même prudent, qu'il porte le masque obligatoire partout où il va et se lave régulièrement les mains. Des réponses comme celles-ci, on en entendra à profusion, empreintes de fatalisme pour la plupart d'entre elles, comme cela a été le cas depuis que la pandémie s'est installée.
Les touristes au rendez-vous, mais inquiets
Comme tous les commerçants de la ville, ce propriétaire de restaurant en vue de la corniche annabie a mis beaucoup d'espoir dans la saison estivale, après avoir été contraint de fermer les portes de son établissement de longs mois durant, l'année précédente.
"Si les autorités sanitaires décident d'ordonner la fermeture des commerces à cause de la Covid, cet été encore, c'est fini pour nous", s'inquiète-t-il. Et de faire noter que ses clients, des gens de passage pour la plupart, sont à cran dès qu'ils pénètrent dans la salle de restaurant.
"Ils ne sont pas à l'aise et observent avec méfiance le moindre geste que fait le personnel pour s'assurer que nous respectons scrupuleusement le protocole sanitaire", déplore-t-il, en relevant que la plupart des personnes qui prennent place dans son restaurant ne parlent que de la Covid-19, du variant indien et du nombre, sans cesse, grandissant de cas contaminés, qui est annoncé.
Les gérants d'hôtels de la ville balnéaire ne sont pas plus rassurés, eux non plus. Si le taux d'occupation des lits disponibles est relativement élevé ces dernières semaines et que les bookings sont nombreux, au niveau des hôtels classés notamment, les propriétaires craignent les annulations de dernière minute, sachant que les familles préfèrent attendre de voir l'évolution de la situation sanitaire pour se décider.
L'un d'entre les hôteliers affirme que depuis le 10 juillet, quelques réservations ont été reportées, mais que cela n'a pas gêné outre mesure la bonne marche de son établissement, car la demande reste toutefois forte.
Sur le cours de la Révolution, personne n'a cure de la pandémie
Sur le célèbre Cours de la révolution, l'incontournable place centrale et cœur battant de la ville, l'ambiance est décontractée et colorée en cette fin d'après-midi. Vêtus élégamment, comme ils l'ont toujours été, les Bônois et les Bônoises se mêlent aux gens de passage pour sacrifier à la tradition locale, qui consiste à faire quelques pas sur cet espace public, après une bonne sieste.
La vaste esplanade, avec ses ficus centenaires et ses carrés de fleurs parfaitement entretenus, invite, en effet, à la promenade et à la pause-café à l'une ou à l'autre des terrasses des non moins fameux glaciers de la Coquette. Cette animation pourrait paraître sympathique, si l'on n'était pas en pleine phase de flambée de la pandémie à l'échelle nationale, avec des contaminations au coronavirus qui vont crescendo, passant de moins de 200 cas à plus ou moins 1 000 au quotidien. Ici, comme sur le front de mer, où les familles continuent à sortir en groupes pour prendre l'air, dès la nuit tombée, personne n'a cure des chiffres alarmants et de la vague de contaminations qui déferle sur le pays. Dur de faire comprendre à ces femmes et à ces hommes, à ces jeunes surtout, qui se pressent les uns sur les autres et qui se laissent aller à des effusions et à des échanges de poignées de main, que le port du masque et l'observation de la distance sociale sont des gestes obligatoires pour éviter la propagation du virus.
Si pour l'instant les hôpitaux de la wilaya ne signalent, fort heureusement, aucune perturbation notable, la situation inquiète quand même les professionnels de santé, d'autant qu'une hausse significative des cas est observée dans différentes régions. "Les chiffres enregistrés à Batna, à Tébessa, à Constantine et à Sétif, pour ne citer que ces wilayas de l'Est, signifient qu'il ne s'agit pas de clusters isolés, mais que nous entrons dans une nouvelle vague de la pandémie", explique le directeur de wilaya de la santé, Mohamed Nacer Damèche, en faisant noter qu'en ce qui le concerne il n'a jamais perdu de vue le tableau de l'évolution de l'épidémie et de suivi de la campagne de prévention contre la Covid-19.
"Annaba figure au nombre des wilayas au taux faible de vaccination et il nous faut multiplier les actions de sensibilisation des citoyens sur la nécessité de se faire piquer, si nous voulons endiguer la pandémie", en signalant que la campagne de vaccination a concerné ces derniers jours tous les personnels de l'université Badji-Mokhtar et du site sidérurgique d'El-Hadjar.
Les médecins face au fatalisme et à l'incrédulité
Les médecins des CHU Ibn-Rochd appellent, de leur côté, au strict respect des gestes barrières et à la vaccination. Pour eux, il faut maintenir l'état d'alerte ; c'est la seule chose à faire dans la situation actuelle.
"Il faut que tout le monde comprenne que le virus est toujours là, chez soi à la maison, dans la rue, dans les magasins, au bureau, dans les ateliers, et qu'il peut s'incruster en nous à n'importe quel instant. Nos confrères médecins et paramédicaux, qui ont payé et paient encore le prix fort de la pandémie, sont confrontés aujourd'hui aux hésitations à se faire vacciner", rapporte l'un d'eux.
Un combat inégal, cette fois, parce qu'il est difficile, voire impossible de convaincre les sceptiques et les incrédules. Pourtant, la majeure partie des médecins que nous avons pu rencontrer est convaincue qu'avec le respect du protocole sanitaire, la vaccination contre la Covid-19 est le meilleur moyen d'éviter de nouvelles vagues épidémiques.

Réalisé par : A. ALLIA


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