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Livres : Mohammed Aziz présente «J'accuse la France»
Publié dans La Nouvelle République le 09 - 11 - 2018

La mère dans son infinie affection a dit dans sa lettre : «Mon fils, je sais que tu es à l'armée, tu dois faire ton devoir. Mais ne fais jamais de mal à personne, surtout à la population civile, n'oublie pas qu'ils ne font que défendre leur liberté et leur dignité qui leur ont été ravies par notre pays : la France. Ils sont dans leurs droits d'êtres humains»…
La lettre a été trouvée sur un jeune soldat français appelé, mort dans un des maquis du Mizrana. Elle révèle qu'il n' y avait pas que des salopards qui ont tué, égorgé et massacré des populations entières sous le couvert d'une France civilisatrice, pacificatrice d'un pays, un territoire riche de ses multiples civilisations qui n'avait de cesse d'attirer toutes les convoitises. La missive, citée plus haut, avait incité le moudjahid qui l'a trouvée sur le corps de son ennemi, happé par une mort brutale, à essayer de comprendre, de comprendre la guerre, de comprendre ce conflit par un aspect inédit, le point de vue probable de l'ennemi… Pour Mohammed Aziz, il affirme : «en écrivant, je panse mes plaies purulentes», il enchérit : «Les martyrs ont dit, écrivez notre histoire avec notre sang, et contez là aux générations futures», «La France doit reconnaitre ses crimes».
Ce livre n'est peut-être pas présent au salon du livre, il est plutôt édité à compte d'auteur (éditions El-Amel) et ne bénéficie pas des canaux de diffusion usités par les grandes maisons d'éditions qui ont pignons sur rue. Nous l'avons eu entre les mains un jour de septembre sur les hauteurs kabyles de la ville de Boudjellil et il nous a interpellés à plus d'un titre, d'abord son auteur l'a voulu comme un roman, même s'il possède les attributs littéraires du récit réaliste ancré sur une base de faits réels. L'auteur, Mohammed Aziz est un personnage dont la vie reste marquée par la perte de son père, chahid trois mois avant sa naissance. L'auteur, natif de 1958 n'aura de cesse de faire de cet acte fondateur une série de travaux consacrés à l'histoire de la guerre de libération nationale. Professeur de français de son état, Mohammed Aziz avait consacré la majorité de son premier ouvrage «J'accuse la France» à une sorte de pérégrination dans les maquis du Mizrana dès le déclenchement de la guerre de libération, ce sont donc des informations récoltées in-vivo sur une période située entre 1954, et 1958 avec un passage sur la vie de l'époque, de l'engagement de ces héros du cru qui ont lutté avec acharnement à la libération de cette grande nation.
L'auteur sur plus de deux cent pages a donné le ton du récit en inscrivant les rets de l'intrigue de son histoire dans les bras de ce que l'on devine comme étant son fils Amine qui repart grâce à ses deux aïeuls vers une sorte de quête tutélaire qui mènera ce jeune étudiant féru de l'histoire grandiose de son pays à la découverte de l'organisation sociale en Kabylie de l'époque, de comment s'organisait la lutte armée de libération, des maquis du Mizrana, la région dont est issue l'auteur qui inscrit dans une méthodologie intéressante son livre dans un contexte algérien plus général en citant des faits historiques, des dates, des faits précis par le canal de la transmission d'anciens moudjahid sollicités par Amine le jeune étudiant qui dans cet ouvrage devient une interface avec le lecteur.
Le récit est totalement impressionnant sur les dates, et cette immersion totale dont l'écrivain Aziz fait montre dans une attitude racontée qui reste complètement inédite, on ressent la force de l'histoire qui devient une sorte de feuilleton palpitant d'où surgit l'odeur du, feu, de la poudre et du sang, l'héroïsme incarné de ces jeunes, de ces moins jeunes, hommes et femmes organisés comme une seul personne pour que l'Algérie redevienne algérienne. Mais dans «J'accuse la France» dont le titre manifeste est utilisé à juste raison lève aussi un pan entier de voile sur d'autres questions courageuses et fondamentales, sincères et admises sur les harkis, les supplétifs de l'armée française sur nombre de situations qui n'ont pas été très assumées bien-sur de la part d'une armée coloniale à la férocité et la barbarie savante en atrocités diverses.
Nous éviterons de marquer d'un trait rouge quelques scories et maladresses dans le cheminement du récit, ou quelques scories écrites ici et là qui avec quelques aspects redondant qui nous ramènent de temps à autre à la même idée, c'est un premier roman, rappelons-le, ce qui en fait n'altère pas le caractère imaginatif de l'auteur, ni la force de ses évocations pour nous raconter les maquis, la Kabylie de l'époque, les divers clivages politiques, la vie au quotidien sur des dates précises, des faits pertinents et une narration tout simplement sans faille qui nous fait oublier le pathos ambiant et quelque peu sentimentaliste que recèle notre écrivain en herbe, eut égard à sa propre perception à son ressenti intimement puisé dans son héritage familial, son ascendance, d'ailleurs ce vécu prégnant de Mohammed Aziz justifie ce titre direct lancé comme un doigt accusateur inscrit dans la responsabilité totale de la France qui a de fait crée une multitude de situations complexes aux conséquence qui se ressentent encore aujourd'hui comme des blessures purulentes et qu'elle a voulu nous faire croire à une mission «civilisatrice», «pacificatrice», que l'auteur dans sa catharsis écrite essaie de transcender, en démontant le mythe pacificateur il a réussi à nous mener dans son histoire à la découverte de beaucoup de faits dans un style sobre, directe et fondamentalement efficace, nous attendons le deuxième opus avec impatience donc.
Roman, «J'accuse la France», de Mohammed Aziz, Editions El-Amel, Prix conseillé 500 Da.


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