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La mer nous emportera, le talent restera !
Publié dans La Nouvelle République le 31 - 01 - 2019

Le libraire insiste sur un retour en grâce de ce livre paru en 2014 et qui revient depuis le Sila dernier sur les étagères des libraires les plus inspirées.
«La mer nous emportera» est une sorte de première phrase d'une litanie ottomane en Algérie, c'est aussi le titre d'un livre fulgurant de puissance littéraire et descriptive. Il s'agit d'une saga, certes modeste, eu égard aux turbulences de la grande histoire algérienne, mais qui nous plonge dans une immersion formidable au cœur-même de la population algérienne aux prises avec la présence espagnole, anglaise ou française dans les limites de la Mare Nostrum à l'époque. Sur six chapitres aux intitulés qui semblent énigmatiques, «La mer nous emportera» est en réalité conté sur un mode chronologique par, d'abord, la mise en place du récit de la destinée du Raïs Bouzid qui vogue élégamment sur le «Nour» une corvette, ou plus exactement un Chebek du plus beau acabit, bien armé et redoutablement efficace dans les limites de la mer Méditerranée au quinzième siècle, après la chute de Grenade. Ici, Turcs, Maures, Berbères…vivent dans un semblant d'harmonie.
L'imam Salim combat ses démons et panse la folie de Salma, la démente -sa femme-, partie trop tôt du haut d'une falaise expier les vieilles plaies encore béantes de ses deux enfants noyés sous ses yeux. La Casbah, capitale chatoyante, étale ses charmes portés par ses cosmopolites habitants dont la vie est réglée par l'arrivée des Chebek héroïques emplis des «trésors» les plus variés et les prises les plus marquantes, mais aussi des exécutions de traîtres et de félons, de voleurs et d'assassins. Alger est trépidante, animée, vivace. Le rythme de la ville est alimenté par les, vizirs, khodja, imams, raïs, wakil el haradj (ministre de la marine), musulmans, renégats, fils de renégats, esclaves, et laissés pour compte souvent considérés comme la pire engeance que la ville basse, entre dédales impossibles et venelles tortueuses, héberge en son sein entre le port et la ville haute.
Juste sur 170 pages, Khaled Naïli, écrivain-biologiste arrive, dans la finesse la plus absolue, à transcrire en écriture romanesque une partie de l'histoire algérienne à l'époque ottomane entre Salim l'imam, sa femme Selma, puis repartir sur les pistes écumeuses de l'étrave du «Nour» et du Raïs Bouzid son valeureux capitaine, avec Joihar sa femme, qui ont tous deux pour enfants Soulaiman, et Merzek. Ce dernier sera futur raïs héritier heureux du «Nour» et de sa force marine. L'assidu Merzek fera les belles lignes d'un roman épique par son amour inconditionnel d'une des esclaves espagnoles de sa maman Joihar, Maria, en l'occurrence, la belle captive espagnole héroïne qui est de fait aussi éprise fougueusement de celui qui deviendra plus tard un Raïs de renom. Entre histoire fictive et réalité tangible, ce roman plonge ses inspirations dans le quinzième siècle avec des références admises de la réelle histoire algérienne.
On voit entre les lignes les références à la présence espagnole en Algérie, aux frères Barberousse et Kheireddine, avec de précises indications sur le vécu de l'époque, des gens du vieil Alger, ainsi que ceux de la périphérie. Le livre de ce cher Khaled Naïli est un récit très esthétique, à la limite du violent sur certains aspects, la nécessité faisant loi pour restituer la réalité de l'époque. On en ressent les inspirations connues de tous, décrites dans un ouvrage qui méritait un succès d'estime nonobstant la dimension moyenne de l'éditeur, El Dar El Othmania qui, hélas, n'a pas eu l'impact mérité.
Qu'à cela ne tienne, «La mer nous emportera» est un roman assez bien ficelé, qui rend d'une manière pertinente l'atmosphère de l'époque sur une saga de famille, qui aurait pu exister, on sent les rebondissements d'une manière juste et l'inspiration des différentes catégories, de strates qui vivaient à l'époque comme si on y était, retourner les pages de ce roman et se parfaire les sens par l'écume et les vagues de sensations qui émergent de ce travail lancinant de recherche décliné en fictions passionnantes. A lire vraiment pour le plaisir de sentir les embruns salés du vieil Alger, et percevoir les images de ce que fût à son époque, une grande capitale.
«La mer nous emportera» de Khaled Naïli, roman, éditions
El Dar El Othmania, Alger 2014, 170 pages


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