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Le rôle de l'oralité dans la sauvegarde du patrimoine amazigh
Publié dans La Nouvelle République le 14 - 02 - 2019

La tradition d'oralité joue encore aujourd'hui «un rôle significatif» dans la sauvegarde et la transmission du patrimoine historique amazigh, a soutenu Sadi Kaci, enseignant au département de langue et culture amazighes de l'Université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, lors d'une rencontre autour de la littérature amazigh entre oralité et écrit.
Rencontré lors de la célébration du troisième anniversaire de l'officialisation de tamazight, l'universitaire a expliqué l'usage de l'oralité par les sociétés amazigh, par «leur mode de vie en société, rudimentaire et peu complexe, qui se suffisait largement de l'oralité pour être exprimé». «Une veillée auprès d'un feu ou une séance de tajmaat (assemblée) suffisait pour apprendre suffisamment de choses», a-t-il souligné. L'oralité, a-t-il estimé, «a joué un rôle important dans la sauvegarde du patrimoine historique amazigh et est parvenu à le léguer à la modernité par l'écriture». Ce qui n'est plus le cas aujourd'hui avec le développement historique et économique de ces sociétés et du bouleversement technologique.
Cependant, a-t-il relevé, «l'oralité se modernise aussi et peut s'offrir une nouvelle vie à travers cette même technologie», faisant remarquer qu'«un reportage radiophonique est une expression de l'oralité de même qu'une vidéo diffusée sur internet ou à la télé contient de l'oralité». Elément structurant du récit, et donc du savoir, l'oralité a constitué «un élément de sauvegarde du patrimoine dans les sociétés maghrébines qui se caractérisent par leur culture orale et l'absence d'écritures, mais qui parvenaient à assurer la transmission du savoir», a-t-il souligné, illustrant son propos par l'histoire des zaouias en Kabylie et leur rôle dans la transmission de la religion.
«Leur action n'aurait jamais réussi sans la collaboration des savants autochtones», a-t-il dit, expliquant qu'à l'époque, l'écriture «était à l'apanage d'une minorité sociale, les mourabitines, qui avaient un savoir scriptural en arabe, mais la transmission et l'adaptation du Coran, dans la société Kabyle à tradition orale, s'est faite par l'oralité grâce aux savant autochtones». Pour l'universitaire, il y a les marques de la tradition d'oralité même dans les oeuvres d'écrivains amazighs de langue française. Il cite Ktaeb Yacine, Mouloud Féraoun, Mohamed Dib et Mammeri.
Abordant, à l'occasion, l'œuvre de ce dernier, l'universitaire a soutenu que celle-ci constitue «une affirmation face à la vision européo-centriste» du colonialisme. Mammeri, a-t-il indiqué, a pris conscience de la vision «négationniste de l'existence d'une littérature propre aux amazighs qui n'ont jamais écrit dans leur langue, et qui, partant, niait l'existence de toute histoire ou patrimoine du peuple amazigh». Une vision véhiculée par les élites coloniales et qui fut, notamment,théorisée par André Basset dans son ouvrage «La littérature des Berbères» paru en 1920. Cette attitude a suscité chez Mammeri «une conscience d'étudier spécifiquement cette littérature à part qui a ses caractéristiques propres, dont l'oralité», a souligné Kaci.
«Et c'est cette conscience qui l'a poussé à construire une affirmation face à la vision européo-centriste coloniale et qui a été le point de départ de l'immense œuvre qu'il a produite en s'appliquant à doter ce patrimoine orale d'une grammaire, d'une lexique et d'un texte», a souligné l'universitaire. Pour Mammeri, «il y a un fond commun universel véhiculé par différentes langues, latin, grec, arabe, qui s'est prolongé à travers l'oralité dans la société amazigh avec ses différentes composantes», a-t-il dit. De même, l'oralité n'était pas, pour lui, uniquement l'expression orale, mais aussi, ce qui a été écrit, peut-être, dans d'autres langues et qui est transmis oralement dans une société qui n'a pas la tradition de l'écriture, a précisé Kaci.
Une vision véhiculée par les élites coloniales et qui fut, notamment,théorisée par André Basset dans son ouvrage «La littérature des berbères» paru en 1920. Cette attitude a suscité chez Mammeri «une conscience d'étudier spécifiquement cette littérature à part qui a ses caractéristiques propres, dont l'oralité», a souligné M. Kaci. «Et c'est cette conscience qui l'a poussé à construire une affirmation face à la vision européo-centriste coloniale et qui a été le point de départ de l'immense œuvre qu'il a produite en s'appliquant à doter ce patrimoine orale d'une grammaire, d'une lexique et d'un texte», a souligné l'universitaire. Pour Mammeri, «il y a un fond commun universel véhiculé par différentes langues, latin, grec, arabe, qui s'est prolongé à travers l'oralité dans la société amazigh avec ses différentes composantes», a-t-il dit. De même, l'oralité n'était pas, pour lui, uniquement l'expression orale, mais aussi, ce qui a été écrit, peut-être, dans d'autres langues et qui est transmis oralement dans une société qui n'a pas la tradition de l'écriture, a précisé Kaci.


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