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Quelle politique face à la pression démographique ?
Publié dans La Nouvelle République le 27 - 02 - 2019

Le constat est que certains responsables vivent encore de l'illusion de l'ère matérielle des années 1970 reposant leur politique sur des modèles périmés, alors que nous sommes à l'ère de l'intelligence artificielle, pouvant conduire le pays droit au mur sans vision stratégique s'adaptant au nouveau monde. Par ailleurs, les organismes chargés de l'investissement et l'emploi agréent un maximum de projets avec de nombreux avantages financiers et fiscaux sans analyser les impacts. Or, il convient de se demander si ces projets s'insèrent dans une vision globale du développement du pays, s'ils concernent des segments porteurs de croissance durable ou ne s'assimilent-ils pas à un replâtrage par la redistribution de la rente pour calmer le font social ? Il existe un lien dialectique entre développement et sécurité car sans un développement durable, il y a nécessairement accroissement de l'insécurité qui a un coût croissant.
Cette présente contribution est une réactualisation d'une étude que j'ai dirigée avec une équipe pluridisciplinaire complexe composée d'économistes, de sociologues et de démographes entre 2007/2008. Un important audit pour les pouvoirs publics (présidence de la République) sur le thème – problématique de l'emploi et des salaires (huit volumes 980 pages).
1- Structure de l'emploi et du chômage
La population algérienne est passée de 12 millions en 1965, de 34 591 000 le 1er juillet 2008, à 37,5 millions d'habitants en 2010, 39,5 millions d'habitants au 1er janvier 2015, à 40,4 millions d'habitants au 1er janvier 2016 et à 41,3 au 1er janvier 2017. L'augmentation du volume de la population résidente totale s'explique par un accroissement relativement important du volume des naissances vivantes. En avril 2017, selon l'ONS, la population active a atteint 12,277 millions de personnes contre 12,117 millions en septembre 2016, avec un solde positif de 160.000 personnes, soit une hausse de 1,3% et les femmes représentaient 20,6% avec un nombre de 2,524 millions.
Rappelons que la population active était de 10,862 en 2010, 11,423 en 2012, 11,964 en 2013, 11,932 millions d'habitants en 2015. En avril 2017, le nombre de la population active a atteint 12,277 millions de personnes contre 12,117 millions en septembre 2016, avec un solde positif de 160.000 personnes, soit un hausse de 1,3%. Sur cette population active, les femmes représentaient 20,6% avec un nombre de 2,524 millions. Selon l'ONS, la population au chômage pour la même période est de 15,3% en 2005, en 2011, 10%, 11% en 2012, 9,8% en 2012/2013, 10,6% en 2014, 11,2% en 2015. Le taux de chômage en Algérie a atteint 12,3% en avril 2017 contre 10,5% en septembre 2016. Le FMI dans son rapport de 2018, tout en attirant l'attention du gouvernement, sur ses actions de court terme, amplifiant les déséquilibres à moyen terme, du fait de l'injection monétaire par la planche à billets (financement non conventionnel) a abaissé ses projections pour le chômage en Algérie à 11,2% en 2018 après avoir tablé en octobre 2017 sur 13,2%, avec une projection de plus de 11/% en 2019.
Selon l'enquête de l'ONS pour avril 2017, il est relevé que l'évolution du taux de chômage selon le diplôme fait ressortir que l'augmentation enregistrée a touché les personnes sans qualification ainsi que les diplômés de la formation professionnelle. Ainsi, le taux de chômage auprès des personnes sans qualification est passé de 7,7% en septembre 2016 à 10,1% en avril 2017, alors que celui des diplômés de la formation professionnelle est passé de 13% à 14,8% entre les deux périodes de comparaison. Par contre, le taux de chômage des diplômés universitaires a légèrement reculé passant de 17,7% en septembre 2016 à 17,6% en avril 2017, en baisse de 0,1 point. Quant à la répartition des chômeurs selon le diplôme obtenu, il est constaté que 787.000 chômeurs n'ont aucun diplôme, soit plus de la moitié de l'ensemble de la population en chômage (52,2%). Les diplômés de la formation professionnelle constituent 24,1% des sans-emploi, tandis que les diplômés de l'enseignement supérieur représentent 23,7% des chômeurs.
Il est observé, par ailleurs, que la baisse du volume de l'emploi entre septembre 2016 et avril 2017 a touché le secteur du BTP avec un solde négatif de 91.000 personnes, ainsi que le commerce, les services et l'administration publique (un solde négatif de 84.000). En revanche, un solde positif a été enregistré pour le secteur de l'agriculture (63.000) et l'industrie (36.000) comparativement à septembre 2016. L'ONS fait aussi savoir que six chômeurs sur dix en moyenne sont des chômeurs de longue durée, c'est-à-dire que 62,2% cherchent un poste d'emploi depuis une année et confirme la tertiarisation de l'économie, sa corrélation avec celle de l'emploi.
En effet, la dominance de l'emploi se trouve dans des petits commerces et services représentant 83% de la superficie économique à très faible productivité non comparable à celles des pays développés où la tertiarisation de l'économie à travers les services des technologies de l'information et de la communication crée des opportunités de croissance économique et génère des emplois productifs, absorbant plus de 60% de l'emploi total.
2- Faire le bilan des agences d'investissement et de la dépense publique
Sachant que le secteur industriel représente environ 6,3% du produit intérieur brut (PIB) en 2017, que sur ces 6,3% les PMI/PME qui constituent plus de 95% du tissu productif algérien sont en difficulté (bureaucratie, système financier sclérosé, système socio-éducatif non adapté, foncier) en plus de la concurrence de la sphère informelle produit de la bureaucratie qui contrôle 40/50% de la masse monétaire en circulation, il convient de se demander si les jeunes promoteurs agréés par l'ANDI, l'ANSEJ et d'autres organismes chargés de la promotion de l'emploi, ont la qualification et surtout l'expérience nécessaire pour manager les projets, à l'instar de ce qui se passe partout dans le monde, diriger une entreprise dans un cadre concurrentiel afin d'avoir des prix-coûts compétitifs.
Le risque n'est-il pas d'assister à un gaspillage des ressources financières en fait de la rente des hydrocarbures et à terme au recours au trésor à l'instar de l'assainissement des entreprises publiques ? Comme on le constate actuellement pour la SNVI et El Hadjar, véritable gouffre financier, dont le collectif malgré ses promesses euphoriques publiques induisant en erreur les plus hautes autorités du pays, qui avait promis la résolution de tous les problèmes entre 2014 et 2015. Car l'actuelle politique industrielle, sans cohérence, se fonde sur l'ère matérielle des années 1970 (fer-ciment) croyant que c'est la solution miracle, oubliant que le monde s'oriente vers de nouvelles technologies économisant le fer et le ciment, segments contrôlés au niveau mondial actuellement par cinq firmes internationales, étant impossible d'exporter surtout en Afrique, sans un partenariat étranger fiable.
La trajectoire raisonnable, en attendant une véritable relance des segments hors hydrocarbures, n'aurait-elle pas été l'investissement le plus sûr dans l'acquisition du savoir-faire par une formation additionnelle et des stages pour les préparer sérieusement à l'insertion dans la vie active durablement ? Comment ne pas rappeler que selon les données officielles pour ce qui est de la répartition des projets par secteur, ANSEJ notamment, c'est celui des transports qui a attiré le plus d'investissements suivi de près par le secteur du bâtiment, des travaux publics, suivi de loin, moins 15 à 20%, par le secteur de l'industrie, celui de l'agriculture avec un faible investissement direct étranger IDE hors hydrocarbures au niveau des segments productifs permettant la concurrence internationale, se concentrant essentiellement sur le marché intérieur, nombre insignifiant en comparaison de ce qui est enregistré chez nos voisins et surtout en rapport avec le potentiel national et des efforts gigantesques en investissements publics, car les firmes étrangères innovatrices dont les PMI/PME choisissent de s'installer chez nos voisins et vendre chez nous, la règle généralisée des 49/51% étant jugée trop protectionnistes par les investisseurs étrangers. Ce qui a freiné l'élan aux IDE en baisse en 2017 par rapport à 2016.
D'une manière générale, les résultats des organismes chargés de l'emploi (ANDI, ANSEJ et CNAC) en référence aux projets réalisés et non en intention sont mitigés malgré les nombreux avantages accordés. Comme selon certaines sources, plus de 50% des projets réalisés sont abandonnés après avoir bénéficié des avantages accordés et les nombreux litiges auprès des banques de non- remboursement l'attestent.
Or, avant de lancer dans une opération coûteuse à terme pour le pays et sans analyser sa rentabilité en dynamique au vu des nouvelles mutations technologiques et managériales mondiales, un bilan serein implique de répondre à certaines questions, et ce, d'une manière précise et quantifiée :
- Quel est le bilan de l'ANDI- CNAC, ANSEJ depuis leur existence dans la réalisation effective de ces projets et non de dossiers déposés et le statut juridique ;
- Quel est le temps imparti pour les projets réalisés entre le moment du dépôt et la réalisation effective le principal défi du XXIe siècle étant la maîtrise du temps ;
- pour les projets réalisés combien ont fait faillite selon les règles du code de commerce ;
- quelle est la part en devises et en dinars des projets réalisés en dressant la balance devise ;
- quel est le niveau d'endettement bancaire des projets réalisés avec le montant des créances douteuses ;
- la ventilation des crédits bancaires par projets ;
- quel est le montant exact des avantages fiscaux accordés tant pour les projets que ceux réalisés ou en cours ;
- la ventilation des postes de travail avec le niveau de qualification des projets et ceux créés dans la mesure où le développement du XXIe siècle repose sur la valorisation du savoir ;
- quelle est la contribution à la valeur ajoutée réelle du pays des projets réalisés ou en cours ;
- ces projet et en voie de réalisation s'insèrent-ils dans le cadre des valeurs internationales dans la mesure avec la mondialisation, malgré la crise, nous sommes dans une économie ouverte, du fait des engagements internationaux de l'Algérie.
Au total, les programmes de développement ont nécessité durant la période allant de 2001 à 2017, une enveloppe de 531,8 milliards de dollars dont une grande partie en devises et le budget de fonctionnement et de gestion pour la même période une dépense de l'ordre de 649,9 milliards de dollars, soit au total 1187,7 milliards de dollars. Au vu de la dépense publique actuelle, des dépenses improductives, des subventions généralisées sans ciblage, des surcoûts et une mauvaise gestion pour ne pas dire corruption, il faut un baril dépassant les 100 dollars, pour ne pas puiser les réserves de change et éventuellement les augmenter.
Mais avec grande rigueur budgétaire, une meilleure gouvernance, un changement de cap de la politique économique actuelle, avec un baril entre 60/70 dollars, l'Algérie peut sens sortir, possédant des atouts. L'endettement est faible, 20% du PIB, la dette extérieure 2,5% du PIB et le secteur bancaire reste capitalisé, le ratio de solvabilité étant de 17% au 1er janvier 2017. Aussi, pour se faire une idée du bilan nécessaire et afin de dépasser l'entropie actuelle, il y a lieu d'évaluer l'impact de la dépense publique :
- sur le taux de croissance, le taux de chômage et le pouvoir d'achat des citoyens ;
- réaliser des enquêtes fines mettant en évidence la répartition du revenu et le modèle de consommation par couche sociale pour déterminer l'indice de concentration en termes réels et non fictifs et selon une vision dynamique à moyen et long terme ;
- la part des marchés octroyés aux nationaux (privé et public), en distinguant également l'autofinancement et les emprunts auprès des banques et surtout leurs capacités de réalisation,
- de distinguer au sein des investissements nettement la partie devises et la partie dinars;
- la part des marchés octroyés aux étrangers ; ont-ils contribués à l'accumulation du savoir faire organisationnel et technologique ou est ce des contrats clefs en main; quel est leur apport en fonds propres et la part couverte par les banques algériennes.
Dr Abderrahmane Mebtoul professeur des universités, expert international


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