Issad Rebrab placé sous mandat de dépôt    En l'absence de Bensalah: Une conférence vidée de politique et des interrogations    Trafic d'influence, détournement de foncier, transferts de fonds vers l'étranger...: Les frères Kouninef et Rebrab présentés au procureur    Selon Djilali Hadjadj: Près de 60 milliards de dollars détournés en Algérie en 15 ans    Tizi-Ouzou - Victime d'un accident: Un supporter du MCO succombe à ses blessures    USM Annaba: C'est la chute libre    Football - Ligue 2: Qui accompagnera l'USMB et le RCK en DNA ?    Alger: Cinq morts dans un effondrement    Constantine - Sit-in de demandeurs de logements devant la wilaya    Erosion, déversements des eaux, pollution, accès difficile...: Une plage «artificielle»... avec des problèmes «réels»    L'exception algérienne    Hi-Tech : Samsung pourrait devenir fournisseur d'Orange en 5G    Coopération bilatérale : La Russie et la France s'allient pour créer un réseau de maisons de retraite    Le GNL russe bat des records en Europe : Un moment éphémère ou nouvelle tendance ?    Sri Lanka : Des attentats font plus de 160 morts le jour de Pâques    La contestation suspend les discussions avec l'armée    Libye: Tripoli toujours sous la menace armée, avancée des troupes du GNA    Washington met fin aux exemptions    Le guide suprême nomme un nouveau chef des Gardiens de la Révolution    Analyse : Baisse de l'aide militaire US au Cameroun, une brèche pour la Russie ?    Un député FLN démissionne pour rejoindre le Hirak    Création d'une instance indépendante chargée d'organiser les élections : Début de la rencontre de concertation sur les mécanismes    Corruption : Report pour la semaine prochaine de l'affaire du sénateur Boudjouher Malik    Hazard au Madrid, c'est déjà fait!    Le Barça vole au secours de Coutinho    Yacine Chalel à la 5e place    Sport : Quand le vent du "Hirak" souffle sur le sport algérien    Championnats d'Afrique U18 et U20 : 13 médailles dont cinq en or pour l'Algérie    Le bal des hypocrites    La rue applaudit les décisions    Le baril "accompagne" le Hirak    Des débuts prometteurs    Plus de peur que de mal    Ça chauffe à Aïn Berda    Tizi-Ouzou : Réhabilitation de la station climatique de Tala Guilef    Huawei innove dans la gestion des flux de passagers    La saison 8 de Games of Thrones censurée en Chine    Un documentaire sur le royaume de Numidie en réalisation    Bouchetta Soulimane expose "El Djazair"    Retrait du permis de conduire : détails de la nouvelle procédure    La nouvelle Cupra Formentor sera produite dans l'usine Seat à Martorell    Qui succédera à Ould Abbès    L'Algérie a atteint 1,5 % en 2018    Victoire à la présidentielle du comédien Volodymyr Zelenskiy    La semaine de la langue espagnole    Cinéma à Alger.. L'Onci récupère trois salles    Evocation du séjour à Oran de Cervantès    Spécialiste de l'Algérie : L'historienne Annie-Rey Goldzeiguer, tire sa révérence    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Le syndrome de la déconcentration et de la déconnexion
Publié dans La Nouvelle République le 20 - 03 - 2019

C'est un phénomène courant, surtout en ce 21e siècle particulièrement perturbé et où il devient difficile d'entretenir une discussion dans le calme et la sérénité avec quelqu'un ou de lire un livre et de le comprendre.
Bien se concentrer sur un sujet est devenu difficile, voire impossible de notre temps pour la plupart d'entre nous tant les conditions sont loin de correspondre aux normes. Les gens ont du mal à s'écouter pour s'entendre, c'est à croire qu'ils ne parlent pas le même langage. Que de fois avons-nous entendu : répète, je n'ai pas compris, telle séquence nous a échappé, peux-tu me préciser ta pensée là-dessus, il y avait du bavardage, bien des choses intéressantes nous sont passées sous le nez. Bien des malentendus proviennent du manque d'attention dans la communication entre partenaires dont certains n'arrivent pas à suivre une discussion.
Quand il y'a des discours importants, quelques soi-disant présents venus pour écouter, ils sont assis sur les bancs mais ils sont ailleurs, leur esprit a d'autres préoccupations. Là où la déconcentration est évidente, c'est dans les cinq prières, on oublie souvent ce qu'on a fait comme «Rkaat» pour «dhor» il faut quatre, «Elmeghreb» c'est trois et ainsi pour chaque prière; lorsqu'on n'est pas bien concentrée, on oublie non seulement le nombre de prières, mais on ne sait pas si la sourate «Fatiha» est accompagnée d'une «Aya».
On doute et on refait toute la prière pour être qu'on a accompli son devoir. Cela parait bête mais c'est vrai pour ceux qui se laissent déconcentrer. La déconcentration est courante en lecture de récit long comme le roman ou le conte. Pour les premières pages, on suit l'histoire, on essaie de mémoriser les actions des personnages, mais au fur et à mesure qu'on avance, on perd le fil du récit, on s'embrouille et il arrive un moment où on plus envie de continuer.
Les discussions entre amis ou entre voisins de quartier sont révélatrices de la nature humaine
Elles nous montrent que certains hommes ou femmes ont le don de parler pendant des heures sans se fatiguer pendant que d'autres restent taciturnes, ils peuvent rester des heures sans qu'un mot ne vienne de lui -même. Dans la catégorie des gros parleurs, il y a ceux qui font du bavardage, c'est du n'importe quoi, ils changent souvent de sujet parce qu'ils sont incapables de soutenir une discussion sur un même thème à moins d'être comme eux pour participer à leurs palabres inutiles, on les écoute dire n'importe quoi, mais on ne retient rien tant c'est décousu et qu'il n'y a rien de bon à garder en mémoire. A côté, il y a des gens qui racontent des histoires intéressantes devant un public d'une grande diversité, les plus passionnés écoutent attentivement jusqu'au bout pour que rien ne leur échappe. Ils essaient de saisir au vol la moindre expression intéressante, le plus beau proverbe qui fait grandir culturellement quiconque est assoiffé de connaissances et qui va servir de point de repère pour qu'à l'avenir, il puisse retrouver toute l'histoire. Jadis, la place publique était un lieu d'apprentissage des jeunes aux côtés des vieux.
A la manière des griots en Afrique, les aînés racontaient des choses de valeur inestimable en histoire, littérature populaire. La plupart des jeunes étaient motivés et prenaient soin de mémoriser l'essentiel de ce qui se disait. Au fil des jours, ils apprenaient des fables à contenu moral, récit de tous genres à valeur éducative, maximes et proverbes qui rendaient sages ceux qui les apprenaient ; la djemâa était l'école de la vie. On y venait pour s'instruire. Mais à côté de ces gens, il y avait ceux qui ne se faisaient même pas le moindre effort pour apprendre. Le même phénomène s'est généralisé de nos jours, les générations ne s'écoutent plus et ils ne se donnent même pas la peine d'écouter ce qui se dit dans l'environnement pour s'actualiser parce qu'ils sont accaparés par la tablette avec ses Smartphones, les adresses internet, les faces book, l'e-mail, le site web etc., un vocabulaire de plus en plus compliqué et dans lequel ils s'enfoncent sans aucun profit.
Les jeunes qui ont le devoir d'écouter les aînés pour recevoir ce qu'ils doivent perpétuer ne peuvent plus être sollicités sous prétexte qu'ils sont trop pris par les mss, e-mail, face book, et à longueur de journée, ils se livrent à la communication par internet, oubliant tous ceux qui gravitent autour d'eux si bien que les générations ne se parlent plus. Chez les femmes, la situation est moins grave, sauf rares exceptions, les jeunes filles ont de meilleurs rapports avec leurs mamans. Et parmi les mères il y en a qui jouent pleinement leurs rôles et elles tiennent toujours à se faire obéir. De plus le monde des femmes est tout autre. Parmi elles, il y a celles qui s'abrutissent, elles n'apprennent rien au cours de leur vie de mères, elles sont esclaves des tâches ménagères : s'occuper des enfants, faire des lessives interminables, cuisiner du matin au soir, le soir elles sont épuisées et n'aspirent qu'au repos et comme ça toute la journée et toute la vie, elles n'ont rien appris.
Mais d'autres, plus malines font moins d'enfants et trouvent toujours moyen de mieux s'organiser pour avoir quelques moments de liberté pour se retrouver avec les autres femmes, surtout les plus vieilles qui leur apprennent beaucoup de secrets sur la manière de mieux organiser sa vie de famille. Au contact des vieilles et au fil des décennies, elles retiennent ce qu'il y a de meilleur, les histoires, toutes les légendes anciennes, les proverbes, les poésies qui font la sagesse populaire. Toute leur vie, ces femmes ont répandu à leur tour, autour d'elles, ce qu'elles ont appris de meilleur. Elles ont semé à tous vents et partout, on les a trouvées admirables tant elles apprennent toujours quelque chose avec elles. Aujourd'hui face au phénomène de la déconcentration, l'élément féminin est beaucoup plus à l'écoute des autres, contrairement aux garçons totalement déconnectés par rapport au patrimoine culturel et à la réalité.
Déconcentration et déconnexion par rapport aux œuvres culturelles
Mis à part quelques exceptions, personne parmi les jeunes garçons et les vieux ne s'intéresse aux musées, aux sites archéologiques, aux tableaux de peinture, à la lecture d'œuvres littéraires, y compris les œuvres nationales. Ils n'ont pas appris à visiter les lieux qui donnent à voir des objets anciens liés à notre légende des siècles. Dommage ! Car ces objets historiques que nous retrouvons, nous donnent des indications sur nos origines et si nous continuons à leur tourner le dos, ils feront partie des oubliés. Pourtant que d'histoires ils peuvent évoquer si on les observe bien et si on les fait parler. Et que de fois on a découvert de nouveaux vestiges, des pièces de monnaie appartenant à d'autres civilisations, des grottes méconnues et jamais visitées.
Le même sort sera réservé aux livres qu'on ne se donne même pas la peine de regarder lorsqu'on passe devant la vitrine de la librairie. Il ne s'agit pas de déconcentration mais de déconnexion par rapport aux livres. Ce phénomène est dommageable pour la culture individuelle et collective. Il y a une grande diversité de domaines dans les livres, il y en a pour tous les niveaux et toutes les disciplines.
La lecture bien concentrée de roman peut être d'un immense profit : il développe les qualités intellectuelles : la mémoire, l'intelligence, la concentration, la réflexion et l'imagination ; de plus la lecture nous fait acquérir le vocabulaire, les tournures de phrases, l'orthographe et dans n'importe quelle langue. Normalement c'est tous les jours qu'il faut garder le contact avec la lecture pour que celle-ci porte ses fruits. Ainsi c'est de cette façon qu'on élève son niveau de culture. On définit la culture comme ce qui reste lorsqu'on a tout oublié. Qu'est ce qui reste lorsqu'on a tout oublié ? Il reste les capacités de raisonner juste, de parler raisonnablement et sans bavures, c'est être maître de soi et savoir répondre juste aux sollicitations de l'environnement.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.