Rassemblement devant le tribunal de Sidi M'hamed pour réclamer la libération des manifestants détenus à El Harrach    Mauritanie: El-Ghazouani élu président, l'opposition conteste    Une récolte de plus de 2 millions de quintaux attendue    Le constat amer du FJL    Le niet de Ghoul    Les gesticulations d'un gouvernement en partance    L'ex-P-DG d'Algérie Télécom devant le procureur jeudi    Le ministre de l'énergie inaugure le 6e Symposium de l'AIG    Premiers incidents post-congrès    "Ça n'a plus de sens que Bensalah propose quoi que ce soit"    Le président Keïta prépare le dialogue politique inclusif    Erdogan perd définitivement la municipalité d'Istanbul    L'Iran fait état d'un incident précédent avec un drone américain    Garder l'entraîneur et réviser les salaires des joueurs    L'état interpellé à s'impliquer… dans les affaires du club    Au rythme des surprises    Karim Ziani, le fils du peuple !    Large vague de dénonciation    1 281 morts et 12 914 blessés en 5 mois    Un fonctionnaire arrêté en flagrant délit de corruption    Plus de 6 quintaux de drogue saisis au niveau de l'autoroute Est-Ouest    Vers l'annulation de 6 zones d'expansion touristique    Vers le durcissement des sanctions    Lounès Matoub, la révolution dans l'âme    Les trois manifestants arrêtés à Tamanrasset libérés    Curieuse distribution gratuite du Coran dans la rue    Paroles et images de femmes    Lancement au Maroc d'une exposition itinérante    Les études se poursuivent pour la reconversion de la prison de Serkadji en musée    EN : Bounedjah remercie les supporteurs et leur fait une promesse    Ammal : Une cinquantaine de familles oubliées du relogement    Nouvelles de l'Ouest    Annoncée pour cet été à la Casbah : Où en est l'opération d'ouverture d'espaces pour l'artisanat ?    CAN-2019: Maroc 1 - Namibie 0 - Les Marocains ont sué    Habitat: L'agrément des promoteurs immobiliers désormais du ressort des walis    L'ATTENTE ET LES EXIGENCES DE SOI AUSSI    CRB Abdelmalek Ramdane: La présidente du club dénonce un complot    Les papys font de la résistance    Avec une croissance à la peine : Le marché pétrolier s'inquiète de la demande    Sahara occidental : Des eurodéputés interpellent le Maroc sur le sort de militants sahraouis    L'Algérie et la ZLECAF : Une occasion pour conquérir le marché africain    Police aux frontières : Des instructions pour fournir les meilleures prestations sécuritaires au citoyen    Entretien : La Tunisie et Naïm Sliti veulent "passer un cap"    "La banqueroute de Lehman Brothers paraîtra une simple gaminerie": Deutsche Bank lutte pour sa survie ?    Bourses : L'Europe termine en baisse avec les tensions USA-Iran    Reddition d'un terroriste    Mandat de dépôt pour 18 manifestants    Les Houthis affirment avoirabattu un avion militaire saoudien    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Le mot du Chahid à ces gens-là...
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 20 - 02 - 2019

Le 18 février, Journée du Chahid. Mausolée lui étant affecté. Foule. Des officiels. Beaucoup d'énergumènes. On le sentait, ce valeureux Chahid énormément dérangé dans son repos éternel. Les sirènes, après le brouhaha du désherbage et du chaulage que l'on se pressait de faire la veille pour embellir la sépulture oubliée l'année durant, indiquent l'arrivée des vivants.
L'on se bouscule au positionnement de la haie dite d'honneur. Les yeux ne fixent plus ni l'histoire ni ces tombes blanches et identiques, silencieuses et austères ; mais s'obligent et s'excitent à se poser sur l'officiel. L'on zyeute, l'on repère, l'on cible.
J'y étais. Il y a de ces gens-là qui poussent à l'écriture. Sans arriver à s'élever comme une muse, ils sont aptes quand bien même à donner de l'inspiration. Mauvaise certes, mais elle est là, elle extirpe vos mots, vos maux et toute la mélancolie que vous subissez à longueur de les voir agir et réagir. Ils sont à toutes les sauces. De tout événement. Sans rougir et sans se sentir rougir l'un comme l'autre, sachant réciproquement leur dessein sulfureux ; ils brandissent la carte du parti, celle de l'Etat, de la révolution, des chouhada, de l'histoire, de l'entente, de Aïn Fouara et même du Président. Ils passent pour être le peuple, dans sa grandeur quand l'opportunité avantageuse y est, de sa petitesse quand sa grandeur ne rapporte rien.
Le Chahid face à ces gens-là, sourire séraphin en bout de lèvres, me fait la confidence suivante : « dis-leur tous mes remerciements, toute ma gratitude ; mais par salut divin qu'ils ne viennent plus déchirer mon calme par leur hypocrisie. Je reconnais cependant le gré de l'Etat sans qui personne ne sera là, de la loi qui reste encore à parfaire, de l'étendard qui flotte au-dessus de ma tête et qui doit être incrusté dans le cœur et non pas servir de teeshirt ou de cache-col. Que Monsieur le Wali ou son ministre ne me ramènent plus ces mêmes visages, ces mêmes gueules. Ces gens qui exploitent ma tombe, mon nom, ma postérité pour se faire ouvrir des accès, de la proximité à des avantages précaires, mesquins et immérités. Dis-leur qu'ils arrêtent de faire de mon simple combat, de mon volontaire sacrifice un atout pour se faire valoir ou se maintenir dans ces mandats électoraux locaux qui n'en finissent plus. Qu'ils aillent faire le leur. Dis à ces élus locaux voraces et ambitieux de veiller d'abord à leurs promesses électorales et d'assurer l'eau potable, le gaz, l'état de la ville, de ses routes, de son éclairage et de toute l'hygiène sociale. Je n'ai plus envie de revoir ces faciès de députés, ces chefs d'associations, de fondations, de coordinations, de fédérations, magouilleurs, menteurs et scélérats. Dis-leur, par décence, par ultime respect, qu'ils en gardent du moins quelques brins de ne plus me mêler à leur instinct malsain. Je ne suis pas un faire-valoir pour les canailles et les renégats. Ni un trampoline pour les traînards et les assistés. J'ai cru entrapercevoir dans la densité qui croyait venir me rendre les hommages et se recueillir à ma mémoire ; des progénitures douteuses dont je m'indigne. Enfin dis-leur que j'y ai vu des âmes vieillies par l'usure et le temps, la marginalisation et l'indifférence, méditer sincèrement, de loin dans leurs hameaux, dans leur dénuement. Ce sont ces gens-là, proie aux maladies, à la souffrance, sans parade, sans cravate occasionnelle, sans maquillage que j'aurais bien voulu voir. Dis-leur chacun reconnaît les siens ».
Lourd, très lourd ce message. Je ne compte pas égaler la valeur de son émetteur, ni l'intensité de sa substance. Je me persuade néanmoins à tenter de le transcrire à défaut de pouvoir efficacement le transmettre. Il y aura certainement de l'écho, de la prise de conscience. Je doute encore que ces gens-là que refusent le Chahid, ne seront pas là et encore à toutes les dates nationales. Ils en font un métier, pas un engagement patriotique.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.