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De l'Etat profond de Saadani
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 26 - 03 - 2019

  L'Etat profond s'est déployé sur la scène nationale pour assembler un puzzle dont les pièces maîtresses sont tirées de situations mouvementées orchestrées par le passé et le présent contre la personne du président de la République et le chef d'état-major.
C'est ce qu'on pourrait retenir en synthèse de la sortie médiatique que Amar Saadani a signée hier. Paradoxe des temps, des valeurs et des mœurs, c'est cet ex-secrétaire général du FLN, réputé pour ses frasques «fougueuses» ici et ailleurs, qui vient convoquer des faits pour ajuster des rôles, recadrer des situations et situer des responsabilités. Connu pour avoir en 2015 mis en œuvre la partition de la destitution du «Dieu du pays (rab el bled)» préparée par Bouteflika, Saadani avait à cette époque, défrayé la chronique par son franc-parler, ses accusations et ses remontrances à l'égard d'un homme qui avait plombé le pays avec une main de fer. Rien que le nom de Mohamed Mediène, Toufik pour les services secrets, donnait froid au dos, tant de nombreux cadres et autres personnalités ont subi son diktat depuis1990, année de sa nomination en tant que patron de la direction du renseignement et de la sécurité (DRS) jusqu'à son limogeage en 2015. Dans son interview d'hier, Saadani le qualifie d'«Etat profond» qu'il constitue en évidence avec l'ensemble des réseaux actifs et «dormants» de l'ex-DRS. Il tombe à bras raccourcis sur Ahmed Ouyahia qui, pour lui et pour beaucoup d'autres, a toujours été la main agissante de Toufik. Saadani a souligné que le président ne voulait pas briguer un 5ème mandat et que «(...), sa candidature est venue de l'Etat profond.»
Le DRS et ses réseaux sont restés actifs
Pourtant, dans sa lettre du 11 mars dernier, le président de la République disait qu'«il n'y aura pas de cinquième mandat et il n'en a jamais été question pour moi, mon état de santé et mon âge ne m'assignant comme ultime devoir envers le peuple algérien que la contribution à l'assise des fondations d'une nouvelle république en tant que cadre du nouveau système algérien que nous appelons de tous nos vœux.» Sans se forcer à lire entre les lignes, le président n'avait pas exclu sa candidature à l'élection présidentielle d'avril prochain puisqu'il voulait «s'assigner une contribution à l'assise des fondations d'une nouvelle république.» Cependant, il n'était pas question pour lui de terminer les 5 années du mandat. «Il devait partir dès la mise en route d'une nouvelle constitution et ce, en annonçant des élections présidentielles anticipées un ou tout au plus deux ans après son élection,» précisent des responsables.
Si l'on remonte dans le temps récent, l'on pourrait déduire, selon Saadani, que l'ex-DRS et ses réseaux sont restés actifs même après 2015. Le FLN est dirigé, selon lui, par «un groupe de hors la loi que l'Etat profond a désigné.» Le fâcheux épisode du départ forcé de Bouhadja (ex-président de l'APN) ne serait donc qu'un coup monté par les services de Toufik et exécuté par Ouyahia. L'on pourrait alors avancer que l'affaiblissement et la destitution du clan Bouteflika sont programmés d'une manière minutieuse depuis quelques années si l'on se réfère aux nombreux soubresauts qu'a connus le pays avant et après l'éviction du DRS, le démantèlement et la restructuration des services secrets. Saadani cite l'affaire El Bouchi des 700 kg de cocaïne qui, dit-il, visait beaucoup plus la déstabilisation de l'état-major de l'ANP, proche du président.
L'amorce de la destitution du clan présidentiel
Si l'on continue les rappels, l'affaire Sonatrach l'a été plus que tout dans le démantèlement du clan présidentiel. Le 19 août 2013, l'on écrivait dans ces mêmes colonnes sous le sous-titre «relents de règlements de compte» que «depuis qu'elle a été jetée sur la place publique, l'affaire Sonatrach a été émaillée d'une multitude de non dits, d'hésitations et de grands marchandages. (...) De ce fait, elle dégage forcément de forts relents de règlements de comptes, par laquelle ceux qui l'ont constituée devaient obliger le clan présidentiel à se ressaisir et à avouer que nul n'est infaillible(...).» Ainsi déclaré, avions-nous écrit, l'acte aurait été pour concevoir, pour cette fois, «un enfant dans le dos du président de la république,», comme avancé par un haut responsable à l'époque. Dans ces mêmes colonnes, nous avions dit que Bouteflika avait exigé en revanche, selon des sources qui lui sont proches, la constitution d'une commission pour enquêter sur la mort en 1995 du général Saïdi dans un terrible accident de la route, année où il devait selon nos sources, remplacer Toufik à la tête du DRS. Bouteflika avait, dit-on, en outre, demandé par la même occasion de (r)ouvrir le dossier de l'assassinat de Boudiaf. L'inculpation de Khelil n'était pas un fait de justice mais un acte politique. «Le président Bouteflika est aujourd'hui bien malade, il poursuit ses soins à l'ouest de la capitale sous les yeux avertis des responsables de l'institution militaire,» nous disaient nos sources en 2013.
Le temps de la revanche des vieux démons
Il semblait déjà, selon des responsables, que «le chef de l'Etat en avait fini avec la République mais pas avec le pouvoir.» L'on avait noté que l'affaire Chakib Khelil a failli emporter le clan présidentiel dans toute sa composante. La fin du règne de Bouteflika devait être amorcée en 2013, sur fond de «coup d'Etat à blanc».
Dans l'édition du 22 mars 2016, l'on écrivait aussi que «dans ce tumulte politico-judiciaire sans précédent, il y aurait, selon des stratèges, certainement la préparation d'un scénario pour que le président quitte la table de son plein gré. Ils rappellent qu'il a toujours prôné «un changement dans la sérénité.» A la même année, on avait avancé par ailleurs, que «bien qu'il ait défendu publiquement l'idée qu'il ne participe dans aucun plan politique, Lakhdar Brahimi est encore une fois, donné pour grand favori dans la gestion courante des affaires de l'Etat durant une période très courte de transition. Le temps que les conditions de la tenue d'élections présidentielles soient mises en place notamment en matière de choix de candidats «potentiels». Mais déjà, Lakhdar Brahimi avait été donné pour être «l'homme des Américains» et ne devait pas plaire «par exemple aux Français... ,» disaient aussi des analystes avec beaucoup de sous-entendus. Les faits sont têtus.
Si l'on croit Saadani, le DRS (re)prend sa revanche sur un clan avec lequel il avait coopéré pour sauvegarder des intérêts colossaux de pouvoirs et d'hégémonie. Aujourd'hui, il veut reprendre la main. La vengeance est bien ce plat qui se mange froid. L'on rappelle que Bouteflika avait pris 15 longues années pour limoger le DRS non pas parce qu'il voulait coopérer avec lui mais parce qu'il savait qu'il ne s'agissait pas uniquement de la personne de Toufik mais de tout un système de réseaux qui allaient devenir «dormants» pour être «réveillés» au moment que leurs mentors jugeraient opportun. L'on avait toujours avancé que si Bouteflika disparaissait, ce sont les vieux démons qui prendront les choses en main «de gré ou de force.» L'ex-syndicaliste et membre de la Commission Exécutive Nationale (CEN) de l'UGTA affirme à propos de l'exigence du «départ immédiat de Bouteflika» qu'«il s'agit de personnes agitées par l'Etat profond qui cherchent à cibler des institutions de la République dans le but de se recycler.»
Saadani avait déclaré en 2016 que «la photo tweetée par Valls ne changera pas le président en Algérie et n'amènera pas un nouveau et que ceux qui rêvent d'un changement devront attendre 2019.» Le tonitruant enfant de Oued Souf, décrié par ses propres compatriotes «pour avoir spolié des petites gens», devait déjà en savoir quelque chose sur ce qui se passe aujourd'hui.


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