Tous les agents chimiques de catégorie 1 déclarés par la Syrie sont détruits (OIAC)    La CNEP-Banque a accordé près de 11.000 crédits hypothécaires entre janvier et mai    Signature électronique: le patronat national salue un nouveau pas vers l'économie du savoir    Le rouble à son plus bas historique face au dollar    Baisse de plus de 7 % du transit de passagers au port d'Alger en juillet 2014 (EPAL)    Egypte: enquête visant Morsi pour des documents livrés au Qatar (agence)    Nomination de 48 magistrats et titularisation de 331 autres (CSM)    Ouverture mardi de la session d'automne des deux chambres du Parlement    Mobilis et le COA d'accord pour prolonger leur partenariat jusqu'à 2020    Décès d'Albert Ebossé : la dépouille mortelle rapatriée au Cameroun    L'Algérien Salim Arrache en approche avec Arles-Avignon (France)    Après la tragique disparition du footballeur de la JSK Ebossé Bodjongo    ILS ONT FAIT LE BUZZ !    Un hommage à M'Hamed Benguettaf, en ouverture du 9e Festival national du théâtre professionnel    Des mesures "strictes" au niveau des frontières, aéroports et ports pour faire face au virus Ebola (ministre)    Jijel : La plage du "Grand phare", numéro 1 au hit-parade des plages    La pièce "Ya chari dalaà fi souk Edlala", un plaidoyer pour les artistes    L'Algérie et la Chine conviennent du renforcement de la convention culturelle    Le gouvernement provisoire libyen a présenté sa démission au Parlement    USA : premier essai clinique d'un vaccin expérimental début septembre    Récupération de plus de 3000 kg de kif traité à la frontière Ouest du pays (MDN)    La Chine appelle à un cessez-le-feu immédiat dans l'est de l'Ukraine    Les prix du pétrole portés par des chiffres américains et la crise ukrainienne    Algérie - Quand rôdent en été les fantômes de Lady 'Di'' et Mama Binette à Beni Haoua    Algérie:Remise de plus de 5.200 actes de concession agricole à Relizane    Le match sera maintenu à Blida    Premier stage avec Pierre-André Schurman    Verts d'Europe : Brahimi s'illustre en Ligue des champions    Fièvre aphteuse à Sétif : Début des indemnisations    74 incendies maîtrisés à Alger depuis le lancement du plan de lutte contre les feux de forêt    Tunisie:La marine reçoit deux vedettes rapides octroyées par les Etats-Unis    Un responsable palestinien dévoile un plan politique visant à mettre fin à l'occupation israélienne    Fièvre aphteuse: vaccination de 10.000 têtes bovines à Oum El Bouaghi    Mali:Les mouvements rebelles du nord font la paix entre eux    Maroc:Le CESE émet son avis sur le projet de loi sur les banques participatives    Tunisie:Importation de pesticides biologiques pour lutter contre le feu bactérien    Renforcement de la lutte contre la violence à l'égard des femmes    Quand la rivalité féminine prend le pas sur la solidarité gouvernementale    Palmarès du Festival du film francophone d'Angoulême    Refusant de réagir à chaud aux mesures prises contre lui    EN BREF    Que deviendra-t-il après son limogeage?    Le malaise refait surface    Le traumatisme de trop...    L'écrivaine canado- algérienne s'attaque au Maroc    La Mostra de Venise écarte le cinéma révolutionnaire algérien    "La répression des libertés m'a poussé à écrire"    "Moi, Brutus Belkhadem"    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.




Vos amis recommandent

Nous sommes le GIA, nous allons à Paris pour mourir
Publié dans El Watan le 25 - 12 - 2009

Alger, samedi 24 décembre 1994. Le GIA détourne l'avion d'Air France pour tenter de le faire exploser sur la capitale française. Quinze ans après les faits, El Watan Week-end vous fait revivre l'événement.
Ils sont quatre, jeunes, rasés de près, vêtus en costume et en imperméable. Sur leur poitrine, des badges du personnel d'Air Algérie. Sur le tarmac de l'aéroport d'Alger, ils prennent place dans une 305 blanche aux couleurs de la compagnie française et attendent patiemment que tous les passagers montent à bord de l'airbus d'Air France qui doit décoller vers Paris à 11h25. Lorsque tous les voyageurs ont embarqué, les quatre jeunes dont l'un portant un gros sac s'engouffrent à leur tour dans l'appareil. Au commandant de bord, ils se présentent comme des policiers dépêchés par la présidence de la République pour effectuer un dernier contrôle avant le décollage. L'équipage laisse faire et les passagers s'exécutent. Une chanteuse de renom, Hassiba A., installée dans la cabine 1er classe, apostrophe un des policiers en lui tendant son passeport : « Heureusement qu'il y a des hommes comme vous pour nous défendre contre ces ordures de terroristes ! » En guise de réponse, le policier lui assène un coup de poing sur le visage.
Choquée, la femme se rassoit sans protester. Dans l'autre cabine, un autre passager, croyant avoir affaire à des collègues, exhibe alors sa carte de police. Il est conduit vers la porte de sortie avant qu'on l'exécute d'une balle dans la tête. La déflagration provoque l'étonnement, puis la stupeur. C'est à ce moment que le chef du groupe fait irruption dans la cabine première classe, un pistolet à la main avant d'hurler : « Nous sommes le GIA, nous sommes des moudjahidine. » Ce samedi 24 décembre 1994, veille de Noël, un groupe terroriste du GIA conduit par Abdellah Yahia, récemment évadé de la prison de Tazoult, à Batna, vient de prendre le contrôle du vol Air France 8969 avec à son bord 271 passagers et 12 membres d'équipage. A Alger comme à Paris, la nouvelle du détournement fait l'effet d'un cataclysme.
Si les revendications des ravisseurs sont pour le moment floues, leur objectif est précis : décoller sur Paris pour faire crasher l'avion au-dessus de la capitale française. Durant les premières heures de la prise d'otage, les autorités algériennes tentent de négocier la libération d'une partie des passagers. Le groupe terroriste leur formule ses exigences : la libération des dirigeants du FIS dissous, emprisonnés à la prison de Blida après leur condamnation en juin 1992 à douze ans de réclusion. Les heures passent. A l'intérieur de l'avion, les voyageurs sont pétrifiés. « Nous allons tous mourir, parle doctement Yahia. Nous allons à Paris pour exploser l'avion. Ne vous inquiétez pas, vous n'allez rien sentir. Rien sentir… » Prise de panique, la femme d'un ministre fait une crise d'asthme.
Apitoyé par son sort, Yahia demande à la chanteuse de lui venir en aide. Celle-ci accepte, mais négocie : elle voudrait bien la secourir si toutefois le chef consentait à lui rendre sa liberté. Elle fera donc partie du premier groupe de passagers que le groupe libère en début d'après-midi. Un des passagers, un diplomate vietnamien qui rentrait chez lui parce que sa femme venait d'accoucher, connaîtra un funeste sort. Alors qu'il est conduit vers la porte de sortie, un terroriste lui loge une balle dans la nuque. Deuxième victime. La tension est à son comble. Tandis que les Algériens continuent de négocier la libération des passagers, le gouvernement d'Edouard Balladur met la pression sur Alger. En attendant que les autorités algériennes autorisent le décollage de l'appareil ainsi que l'exige Paris, Balladur échafaude un plan B : faire intervenir le GIGN français. C'est ainsi que dans la journée du samedi, des policiers français s'envolent vers Palma de Majorque pour préparer un éventuel assaut.
Sur place, ils s'entraînent à bord d'un airbus identique à celui qui est cloué sur le tarmac d'Alger. Si les Algériens excluent toute possibilité d'une intervention française sur le sol algérien, ils ne pensent moins faire intervenir les fameux Ninjas… Oui, mais comment amadouer entre temps ces fanatiques déterminés à mourir ? Le ministre de l'Intérieur, Meziane Cherif, en charge des négociations, pense avoir trouvé la faille. Il fait venir la mère du Yahia dans la tour de contrôle. Elle parle, tente de raisonner son fils, mais lui reste obstiné. « On se retrouvera au Paradis », lance-t-il en guise d'adieu. Dimanche 25 décembre. Les négociations s'enlisent. Dans la soirée, les terroristes posent un ultimatum : si leurs exigences ne sont pas satisfaites, ils exécuteront un passager toutes les heures. A 21h30, ils passent à l'acte en tuant le cuisinier de l'ambassade de France à Alger, Yannick Meunier. La nouvelle provoque un nouveau pic de tension à Paris. Balladur s'entretient au téléphone avec le président Zeroual. L'échange est vif, musclé, presque discourtois. La France exige que l'avion quitte le sol algérien, Zeroual finit par accéder à la demande. Il est 3 heures du matin en ce lundi 26 décembre quand l'appareil atterrit à l'aéroport de Marignane, à Marseille.
Durant l'heure de vol, les passagers sont soulagés, ils sentent la délivrance. Mais le cauchemar n'est pas encore terminé. A Marseille, les terroristes négocient un plein de kérosène. Leur objectif n'a pas changé d'un iota : gagner Paris pour faire exploser l'avion au-dessus de la Tour Eiffel. Pour ce faire, ils préparent les passagers pour le dernier voyage en diffusant, à partir des haut-parleurs de l'appareil, des versets coraniques, des prêches morbides. « Ils nous parlent de l'au-delà, du paradis, témoigne le chanteur Ferhat M'henni, passager de ce vol. C'est comme si vous vous penchiez sur un cercueil pour renifler cette mort qui vous saisit à plein le corps. » Il est 17h12 quand l'équipe du GIGN donne enfin l'assaut. L'échange est bref, fulgurant, brutal. Retranchés dans la cabine de pilotage, les quatre terroristes sont abattus. Les passagers sont évacués vers l'extérieur tandis que les ravisseurs sont emballés dans des sacs en plastique avant d'être acheminés vers la morgue. Ainsi s'achève le détournement de l'airbus d'Air France du 24 décembre 1994. Mais l'histoire n'est pas finie.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.