à Tazoult, la population vit dans un mouchoir de poche, faute d'un portefeuille foncier pour le développement. L'administration locale préconise le regroupement des communes afin de permettre aux unes de combler les déficiences des autres. Si les communes de la wilaya de Batna souffrent du manque d'assiettes foncières, Tazoult n'en peut plus ! Située entre la ville de Batna et celle de Timgad, elle aurait épuisé sa superficie constructible et les rares parcelles encore disponibles sont partagées entre les forêts, l'agriculture, les privés et les sites de fouilles archéologiques. Ces parcelles représentent 1/3 de la superficie totale estimée à 120 km2, alors qu'il s'agit de répondre aux besoins d'une population de 30 000 habitants.Fellah Moussa, P/apc de Tazoult se trouve face à un dilemme. «L'acquisition des terres privées exige des fonds que nous ne possédons pas, et les terres domaniales, elles, sont pratiquement des terres agricoles», nous dira-t-il, et de renchérir: «D'autant plus, qu'en dépit d'une étude engagée par le ministère de la Culture qui a coûté 1 milliard de centimes, les sites archéologiques ne sont pas encore bien délimités.» Et c'est à juste titre qu'il souhaite une étude géophysique approfondie car, ajoutera-t-il avec beaucoup de regret, «le centre anti-cancer ou bien encore le pôle universitaire de Fendis et d'autres projets étaient prévus à Tazoult si ce n'est cet obstacle du foncier». Ainsi donc la commune continuera à subir le cumul de problèmes relatifs à l'emploi, à l'éducation et à l'immobilier. Selon le P/apc, il est toujours possible d'exploiter une partie de la forêt pour répondre aux besoins de l'habitat. D'ailleurs, il ne manquera pas d'insister sur tous ces aspects lors de la réunion tenue samedi passé autour du plan directeur d'architecture et d'urbanisme (PDAU), présidée par le wali. Cette réunion a regroupé, outre les directeurs de wilaya des secteurs de l'hydraulique, de l'énergie, du foncier, de l'OPGI et de la DUC, les chefs de daïras et les présidents d'APC de sept régions voisines du chef -lieu de wilaya. Elle vient, à point nommé, pour répondre aux soucis de notre président d'APC, puisqu'il a été retenu comme principe le regroupement des communes afin de permettre aux unes de combler les déficiences des autres. Cette projection doit tenir compte des secteurs stratégiques, «L'hydraulique, l'agriculture et le tourisme jouiront du droit de veto», selon les orientations du wali. Les terres agricoles, selon toujours le même responsable, doivent être sauvegardées et dotées de la logistique nécessaire. Le tourisme pour sa part, représente les ressources futures de la wilaya en raison du vaste patrimoine archéologique qu'elle renferme. Quant au secteur de l'hydraulique, il occupe, sans conteste, la première préoccupation du plan et «il n'est pas question de prévoir quelque projet que ce soit sans tenir compte de l'eau», insistera encore le wali, en soulignant l'urgence relative à la prévention des inondations dont souffre justement la commune de Tazoult. Afin de jouir d'un développement durable, la wilaya doit tenir compte de tous ces aspects et encore mieux de l'avis de tous. Et en ce sens il n'a pas oublié de rappeler, dans la foulée, le caractère public des sessions de délibération des APC et le droit des citoyens à inscrire leurs remarques sur le registre du commissaire enquêteur.