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L'appel de la terre des anciens nomades d'In Amenas
Illizi
Publié dans El Watan le 06 - 05 - 2011

Investir dans l'agriculture. Acheter des dromadaires. Retrouver les grands espaces. D'In Amenas à Debdab, dans le Sud-Est algérien, les habitants rêvent de renouer avec la vie nomade. Mais les difficultés pour rebâtir une économie autonome ne manquent pas…
In Amenas et Debdab .
Hammou travaille comme bagagiste à l'aéroport d'In Amenas. La manutention lui permet de faire vivre sa famille et de regarder passer des voyageurs du monde entier. Mais Hammou a la tête ailleurs et rêve de revenir au métier de ses ancêtres. Voilà à peine quinze ans que son père a décidé de sédentariser la famille et d'abandonner la vie nomade. Et cette vie lui manque, dit-il. «Nous sommes des nomades, c'est notre nature et c'est dans la nature que je me sens bien.» De ce désir de retour à l'état originel, Hammou a tiré un plan : investir dans l'agriculture et l'élevage camelin. Citant comme exemple Ouargla où l'agriculture donne des résultats probants, Hammou croit qu'il est possible d'exploiter les terres de certaines régions d'Illizi et en tirer des fruits.
L'expérience reste tributaire d'un certain nombre de facteurs, sachant la nature aride de la région. Mais pour l'élevage, il n'y a pas de doute, les potentialités sont énormes et le savoir-faire ne se discute même pas. D'ailleurs, ce désir habite l'ensemble de la population à In Amenas, dominée par la tribu arabe des Chaânba. Combien sont-ils comme Hammou à nourrir le rêve de revenir à l'activité des ancêtres ? Enfin, ce n'est pas si simple… «Je veux acheter quelques chamelons pour commencer mais l'Agence nationale de soutien à l'emploi de jeunes refuse de m'accorder des financements», précise-t-il. De plus, il faut du temps pour constituer son cheptel. «La femelle dromadaire a besoin d'une année pour porter son petit, une année pour accoucher et une année encore pour l'élever : l'éleveur a donc besoin de trois ans pour avoir un chamelon dont il puisse faire le commerce», explique Hadj Laïd Benarouba, rencontré à Debdab.
Tombés dans les puits
Dans cette commune d'Illizi, située aux frontières avec la Libye, l'attachement à la terre et la résurgence du désir d'y travailler est aussi fort qu'à In Amenas. Propriétaire d'un troupeau de quatre-vingt têtes, Laïd appréhende l'année en cours, entamée par un hiver sans pluie. La sécheresse dure depuis plusieurs années et cela n'est pas bon pour les troupeaux. En 2006, l'Etat a pensé aux soixante-quinze éleveurs de Debdab en subventionnant l'aliment de bétail. Ces derniers dont l'activité est sérieusement ralentie par la sécheresse, ont du mal à payer leur l'orge à 2000 DA le quintal. De plus, de nouveaux types de problèmes, d'origine étrangère à la région et à sa population, sont apparus. Entre In Amenas et Debdab (220 km), l'élevage de dromadaires est sérieusement menacé par les chantiers pétroliers.
Dans les plaines de Aach loghrab, et d'El merk, trois dromadaires sont tombés récemment dans des puits pétroliers. «Les déchets pétroliers et les puits abandonnés constituent une sérieuse et permanente menace sur le bétail», affirme Abdelmadjid Ghedier, un éleveur de la région. En trois années, les propriétaires ont perdu plus d'une centaine de têtes tombées dans ces puits abandonnés sur l'erg Hamada. Beaucoup de sociétés engagées dans ces champs qui s'étalent à pertes de vue, négligent, en effet, de fermer les puits après avoir sondé ou pompé du gaz ou du liquide noir. Là n'est pas le dernier souci des éleveurs.
Des meutes de chiens affamés s'attaquent de plus en plus au bétail, ciblant les chamelons. Les éleveurs affirment avoir saisi les pouvoirs publics, notamment le wali, «mais leur appel est resté sans écho à ce jour», affirme Benarouba.
Meutes de chiens affamés
Il est par ailleurs interdit aux troupeaux de dromadaires de boire à proximité des bases d'extraction de pétrole et de gaz, comme si le choix des points d'eau était multiple. Cette interdiction s'ajoute à celle imposée par les stations-services qui refusent de vendre du carburant aux éleveurs propriétaires de véhicules 4x4 sur instruction des autorités sécuritaires, sauf ceux détenteurs de dérogation spéciale. «Nous avons pourtant la carte d'éleveurs, on est éleveurs de père en fils !», martèle Laïd Benarouba qui en veut aussi aux terroristes islamistes qui ont investi le sud algérien et dont l'activité justifie les restrictions et influe négativement sur la vie des populations. Khaled, fils cadet de Hadj Benarouba, s'indigne, quant à lui, contrela décision gouvernementale d'interdire la vente des Toyota Station, seul véhicule, selon lui, capable de rouler sur ces terrains.
Depuis des années, la famille veut, en effet, changer sa vieille Station mais se heurte à l'interdiction de changement de propriétaire et de carte grise. Une mesure qui s'ajoute à tout un chapelet de restrictions, confectionné pour faire face au terrorisme et aux grands réseaux de trafic qui traversent le Sahara en utilisant ces véhicules. La volonté des gens du Sud de construire une économie autonome en s'investissant pleinement dans leur activité originelle bute hélas sur des obstacles en cascade. Mauvais timing ? En tout cas, à l'instar des troupeaux, les éleveurs et les éleveurs potentiels sont fatigués et commencent à douter, craignant de voir cette richesse mourir. A moins que l'Etat ne décide de répondre au SOS lancé par ces éleveurs.


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