Les avocats de Béjaïa étaitent au rendez-vous d'un événement important à la Maison de la culture. La semaine dernière, il y avait beaucoup de monde pour la circonstance. La manifestation était si importante qu'il ne fallait pas la rater. Il s'agit de la première sortie publique du tout nouvel Ordre des avocats, un des deux nouveaux barreaux d'avocats, créés récemment à Boumerdès et Béjaïa. Cette première sortie coïncide avec la Journée nationale de l'avocat célébrée annuellement en pareille période. Les 520 avocats que compte la juridiction de Béjaïa étaient tous là. Des doyens aux tout nouveaux promus, il y eut des discours, des moments d'émotion qui cachent mal les préoccupations de la corporation dans «une période décisive pour notre pays», pour reprendre l'expression d'un des nombreux intervenants. Devant une assistance représentant toute la composante politique, sociale et économique de la région, le président du barreau de Béjaïa, Maître Driss Abderrahmane a rendu un vibrant hommage au martyr Ali Boumendjel, tombé au champ d'honneur. Me Driss évoquera ensuite longuement la fonction de l'avocat qui, dira-t-il, «est intimement liée aux droits de l'homme». «La reforme de la justice ne peut être complète sans la contribution de tous», ajoute-t-il, allusion à la nécessité de faire participer toutes les parties. Il citera la cybercriminalité au titre de laquelle la formation des avocats est une urgence de l'heure. A cet effet, il engagera l'organisation qu'il préside dans une série de cycles de formations futures au profit des membres de la corporation. S'ensuivra l'intervention du wali, du président de la cour de Béjaïa, du procureur général, qui ont tous salué la naissance du bâtonnat de Béjaïa, qui, comme a tenu à le rappeler Maître Benouaret, «n'est qu'une renaissance», puisqu'il «existait déjà à l'époque coloniale», a-t-il précisé. Le président d'APW a pour sa part tenu un discours de circonstance. «La justice se réappropriera inéluctablement sa mission de garante pour le règne de la force de la loi», a-t-il souligné. S'en est suivi une série de moments intenses lorsque, notamment, le doyen des avocats de Béjaïa, Me Mechaï rejoignait la tribune pour recevoir une distinction. L'allocation qu'il développera par la suite avait, par la force du verbe et des idées, ému plus d'un. Des moments d'émotion se succèderont à la remise d'autres distinctions tant pour d'anciens avocats qu'aux tout nouveaux avocats agréés à la Cour suprême, les 260 autres arrivant sur le terrain des plaidoiries.