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Et Ramsès III tomba à Beni Snous...
Traditions à Tlemcen
Publié dans El Watan le 22 - 01 - 2005

En 950 avant Jésus-Christ, à Khémis, le roi amazigh Chachna poussa dans ses derniers retranchements les fantassins du pharaon Ramsès III avant de les battre.
Un pharaon venant en envahisseur dans cette riche région des Beni Snous, dans la wilaya de Tlemcen. Mythe ou réalité, toujours est-il que, mue par des croyances anciennes (qui ont fait l'objet de recherches et d'études anthropologiques), cette région frontalière fête, tous les 12 janvier, avec un esprit carnavalesque, Ayred (lion). La direction de la culture de Tlemcen, pour mettre davantage en valeur l'importance de ce rite chez les autochtones, a organisé, comme il se doit, des activités culturelles dont des conférences pour expliquer Yennayer, Ayred, mais surtout dépoussiérer la mémoire pour mieux la préserver. Qu'est-ce qu'Ayred ? Au-delà de sa signification étymologique, c'est toute une mise en scène festive pour une cause noble : pendant trois jours, des groupes de personnes s'échangent des civilités en prononçant des expressions inspirées d'anciennes coutumes. Déguisés en animaux, des participants sillonnent les ruelles et font des escales dans des maisons. La lionne pénètre dans une ambiance faite de chants du terroir et fait le mort. C'est le moment que choisit le « roi de la savane » pour faire irruption sur les lieux et assister à la « disparition » de sa femelle. Après le réveil graduel de celle-ci, le propriétaire de la maison remet des présents (argent et fruits) au groupe, et ainsi de suite... A l'issue de ce carnaval, les dons sont offerts aux pauvres de la région. D'ailleurs, des dramaturges, à l'image de Ali Abdoun, ont essayé d'expliquer cette « foi », mais aussi adapter cette « spiritualité » dans leurs œuvres où l'image et le symbole sont omniprésents. D'origine païenne, Yennayer est également pratiqué, cependant avec de légères différences, chez plusieurs communautés méditerranéennes. Lors de cette manifestation, beaucoup de spécialistes de la communication, dont Bouziane Ben Achour, Saïd Boutarfa et Kamel Bendimerad, ont contribué avec leurs communications à la compréhension de cette croyance, en fait, une partie de l'histoire de notre pays. Miloud Hakim, écrivain et directeur de la culture, estime qu'« au-delà du caractère festif de ces journées culturelles, cette rencontre est aussi celle de la formation, de la confrontation des idées et des connaissances pour mieux cerner un événement. Et contribuer au redressement d'un pan de notre histoire ancestrale ».

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