La loi de finances 2016 est accablante car repose sur l'augmentation de la TVA et ne tient guère compte du pouvoir d'achat des Algériens. C'est du moins ce que nous avions pu retenir d'une conférence de presse organisée, aujourd'hui mercredi à Alger, par le quotidien El Mihwar où était présents, Mustapha Zebdi de l'Association de la protection et de l'orientation du consommateur (APOCE), le porte-parole de l'Union des commerçants ainsi que Bachir Messaitfa, ex-secrétaire d'Etat chargé de la prospective et des statistiques. "On est en train de mettre la charrue avant les boeufs", tranche d'emblée le défenseur des consommateurs, Mustapha Zebdi, en faisant référence au projet de loi de finances 2016. "Avant d'augmenter les prix de l'essence par exemple, ne vaut-il pas mieux d'améliorer d'abord le service du transport des voyageurs?", s'interroge-t-il. Les trois conférenciers se sont, par ailleurs, accordés pour dire que la question de subvention de certains produits de large consommation ne doit plus être une nécessité, étant donnée que ce sont les nantis qui en jouissent et non les pauvres. "Il faut plutôt subventionner les personnes" suggère-t-on. En établissant un fichier national des démunis, en établissant des critères qui permettent de qualifier tel ou tel Algérien de "nécessiteux"afin de l'aider financièrement…Mustapha Zebdi dira que "est considérée pauvre toute famille de cinq personnes qui vit avec moins 50 000 da le mois". Mais, "il semble que l'Algérie est à la traîne et a du mal à avoir une vision prospective concernant son économie", avance l'ex-secrétaire d'Etat, chargé de la prospective et des statistiques."Par exemple l'Algérie peut mettre de côté 20 milliards de dollars si elle ne subventionnerait plus les produits de large consommation, 10 de ces 20 milliards de dollars vont être attribués aux pauvres, on aurait gagné 10 milliards", propose Bachir Messaitfa. "Même si le projet de loi de finances 2016 comprend des points intéressants", souligne-t-on lors de la conférence, "il reste que le devenir de l'économie algérienne est en berne car ne s'inscrit pas dans une vision prospective", insiste-t-on encore. "Si la loi de finances 2016 est une loi de crise, que dira-t-on de celles de 2018-2019-2020 ", s'est demandé encore Bachir Messaitfa. Il semble que le pire est à venir…