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«Les Libyens vivent dans la peur et l'incertitude chroniques»
Marianne Gasser. Cheffe de délégation du Comité international de la Croix-Rouge en Libye
Publié dans El Watan le 03 - 03 - 2020

Marianne Gasser, cheffe de délégation du Comité international de la Croix-Rouge en Libye depuis début 2019, revient sur la situation actuelle en Libye et son expérience dans la conduite d'une l'action humanitaire dans un environnement difficile.
– Cela fait 11 mois depuis que les troupes de Khalifa Haftar assiègent Tripoli. Quelle est actuellement la situation humanitaire dans la capitale libyenne ? Qu'en est-il des civils qui vivent près des lignes de front ?
Les combats répétitifs qui se déroulent principalement autour de Tripoli ont un impact néfaste sur la vie des civils dans les zones urbaines.
Les plus vulnérables sont ceux qui vivent près des lignes de front. Des mois de combats à Tripoli ont entraîné la fermeture de 13 établissements de santé et de 220 écoles supplémentaires, selon l'ONU, perturbant ainsi des services essentiels.
– Quelles sont les régions les plus touchées par le conflit opposant le gouvernement de Tripoli à celui de Tobrouk ?
Les zones les plus touchées sont celles qui sont proches de Tripoli. Néanmoins, plus de 9 ans de conflit et d'autres situations violentes ont touché l'ensemble du pays.
La combinaison de la dégradation de divers systèmes de services de base, tels que l'approvisionnement en eau potable et les soins de santé, l'effondrement économique et les conflits prolongés, complique l'accès des civils aux services les plus élémentaires.
Cela contribue à l'érosion de l'épargne des Libyens et au tarissement des ressources de ces populations. Un Libyen sur quatre est touché par le conflit.
Ainsi de nombreux Libyens sont de plus en plus confrontés à une pénurie de services de base et à la détérioration ou à la destruction des services publics et des infrastructures. Nous estimons que plus d'un demi-million de personnes, dans tout le pays, ont un besoin urgent de soins médicaux.
– A quelles difficultés le CICR fait-il le plus face en Libye ?
La Libye demeure un contexte instable et, à ce titre, la sécurité et la sûreté de notre personnel restent notre principale préoccupation. Sans aborder cette question, nous ne pouvons pas atteindre les populations dans le besoin.
Grâce à des efforts solides de mise en réseau et d'établissement de relations avec de nombreux acteurs influents, y compris les autorités civiles et militaires, le CICR avec le Croissant-Rouge libyen continuent de fournir leur aide humanitaire. Nous opérons maintenant dans quatre sous-délégations à Tripoli, Benghazi, Misrata et Sabha.
– Quel est le constat du CICR suite à cette tournée avec le président du CICR en Libye ?
Nous avons des équipes basées en permanence en Libye. Nous continuons de constater une dégradation des services, notamment ceux relatifs aux soins de santé et à l'éducation, accompagnée d'une économie en décomposition, laissant de nombreux Libyens vivre dans la peur et l'incertitude chroniques, entraînant les familles dans une précarité qui les empêche de joindre les deux bouts.
Les gens souffrent profondément de cette guerre. Ils suivent les pourparlers de cessez-le-feu en cours et ils espèrent timidement que ces derniers leur apporteront un soulagement durable.
– Le CICR visite régulièrement des lieux de détention en Libye. Environ 10% des personnes détenues sont des ressortissants étrangers. A quels détenus avez-vous affaire ? Comment sont-ils traités ?
En 2019, nous avons visité des personnes privées de liberté dans trois lieux de détention sous l'autorité du ministère de la Justice à Tripoli, Misrata et Benghazi. Notre objectif est d'étendre progressivement ces visites à d'autres lieux de détention.
Le but de ces visites est de garantir que les personnes privées de liberté soient traitées avec dignité et que leur bien-être mental et physique soit respecté.
Il est important de rappeler que le CICR ne commente pas publiquement les conditions de détention, car cela fait partie de notre dialogue confidentiel avec les seules autorités détentrices, nous ne parlons pas également publiquement de la nature et des raisons de la détention, y compris leurs origines et leur identité.
Notre seul objectif est de faire en sorte que les droits fondamentaux des personnes détenues soient respectés et qu'elles soient traitées avec humanité équitablement.
Nos équipes s'assurent également qu'elles puissent maintenir des contacts avec les membres de leurs familles par l'échange de messages Croix-Rouge et, si possible, par des appels téléphoniques et d'autres moyens.
– Qu'en est-il de la situation des migrants qui transitent par la Libye ou qui y vivent ?
Les migrants sont extrêmement vulnérables, beaucoup se voient refuser la liberté près des lignes de front. Toute escalade des combats expose les civils, y compris les migrants, à des risques accrus. La Libye est l'une des principales portes d'entrée des migrants vers l'Europe.
Cependant, au lieu d'atteindre l'Europe, trop de migrants se retrouvent piégés en Libye, luttant pour survivre à ce conflit brutal. Les migrants éloignés de leurs familles et d'un tissu social proche restent vulnérables dans un contexte instable comme la Libye.
Beaucoup avaient quitté leur foyer dans l'espoir d'un avenir meilleur et se retrouvent désormais pris au piège dans un environnement précaire. Ils prennent des risques considérables pour un avenir incertain.
– En tant que cheffe de délégation du CICR en Libye, quelle appréciation faites-vous de cette mission?
Quand je vois les opérations du CICR augmenter au cours des deux dernières années, malgré la situation sécuritaire instable, je ne peux pas être plus reconnaissante aux efforts et au dévouement de mes collègues, en particulier nos collègues libyens à l'intérieur du pays, ainsi qu'à ceux du Croissant-Rouge libyen.
Malgré les défis en termes de sécurité et d'accès, nous avons réussi à fournir des secours à plus d'un million de personnes touchées par le conflit en 2019.
J'ai un profond respect pour la résilience du peuple libyen, qui au fil des ans a traversé des moments difficiles. Les Libyens espèrent pourtant qu'un jour leur pays retrouvera la paix et la prospérité. Travailler avec eux et pour eux a été mon grand privilège.


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