Après avoir fait parler de lui depuis plusieurs mois, le prix de la sardine, jadis poisson de choix pour les ménages à bas revenu, est en passe de se stabiliser autour de 250-300 DA le kilo. En plus d'être cher, voire inabordable pour les petites bourses, le petit poisson bleu est devenu un produit rare. Les services de la pêche de la wilaya, sans faire le lien de cette rareté avec la baisse de la production de 25% qu'ils ont annoncée au premier semestre de l'année 2010, ont plutôt fait l'éloge du programme quinquennal et ses retombées positives sur le secteur. À noter qu'aucune explication n'a été fournie pour justifier cette baisse qui a pesé de tout son poids sur le marché de la sardine, marqué désormais par une offre faible qui ne répond plus à la demande. Selon des initiés du marché du poisson, le prix de la sardine restera élevé tant que le déséquilibre entre l'offre et la demande persiste. Les chiffres élogieux cités par le directeur de la pêche sur les ondes de la radio Jijel FM, ne font cependant pas mention de ce déséquilibre constaté depuis plusieurs mois.
Les statistiques officielles montrent que la production, qui était de 3500 t en 1999, est passée à plus de 8500 en 2009. Signalons, par ailleurs, que pour développer l'activité et augmenter la production, 7,40 milliards de dinars ont été dégagés au titre du plan quinquennal en cours. En dépit de ces statistiques rassurantes, la réalité est tout autre, puisque le poisson est devenu un produit cher et introuvable, donc de luxe, pour le commun des consommateurs. En plein été, habituellement, une période au cours de laquelle la sardine amorce une certaine baisse de prix, ce produit n'est guère tombé au dessous de 250 DA le kilo. Il y a quelques jours, il s'est même vendu à 300 DA au grand dam de la population, déjà bien prise dans le tourbillon de la cherté des produits de première nécessité et des viandes. Et dire que le secteur de la pêche va bien !