Z'mala, le plus vieux quartier de Batna n'arrête pas de pâtir. Ses rues et ruelles excavées et sales à longueur d'année semblent ne pas gêner les responsables locaux qui siègent à un jet de pierre de là. Des travaux de revêtement d'une placette y sont engagés et par bonheur on a tenu compte de la fontaine où s'abreuvaient antan les chevaux. En face, une bâtisse appartenant à la direction de la jeunesse et des sports (DJS), censée être une salle polyvalente d'activités de la jeunesse, est un lieu de prédilection pour beaucoup de jeunes qui viennent se retrouver après les heures de travail. Ils sont au nombre de 600, âgés entre 6 ans et 25, voire 30 ans, à venir pratiquer le sport et autres activités ludiques. Seulement, la bonne volonté de quelques entraîneurs est loin d'être suffisante pour répondre à la demande toujours grandissante. Self-défense, Taekwando, Capuera, full-contact, Nan Budo, Vô-Vietnam,Kung–Fu, Boxe, judo et Karaté Do, sont les disciplines pratiquées dans cette «maison de jeunes» sans le moindre matériel en dehors de quelques vieux tatamis. Nasreddine Boultif, 23 ans, inscrit en première année master de lettres françaises, 3ème Dan en Ninja Tsu, faisant office d'entraîneur en gymnastique artistique et en self-défense, voudrait bien être reconnu et, pourquoi pas, recruté par la DJS. «On me sollicite de partout. J'ai même entraîné des champions. A Batna, je suis inconnu au bataillon», nous dira-t-il avec amertume. Hormis le sport, d'autres activités y ont lieu comme les cours de couture, de cuisine et de coiffure pour les jeunes filles. L'ambition est grande, la volonté est débordante mais les moyens manquent atrocement. Pour ce grand espace, il n'y a que 30 chaises, trois tables, un baby-foot et une table de billard ! «Nous avons pourtant adressé plusieurs demandes en vue d'une dotation en matériel sportif et scientifique, elles sont restées lettre morte», explique Brahim Sahnoun, gérant des lieux, qui semble ne pas comprendre la DJS. Quelques gants, quelques sacs, un matériel pour la gymnastique et le tour est joué, ajoute-t-il en nous offrant une visite guidée dans les murs sans mobiliers. Les vitres brisées, la cour parsemée de bris de bouteilles provenant de l'extérieur, jetées par des veilleurs autour d'alcool et autres stupéfiants. Canaliser dans la bonne voie toute l'énergie que recèle le quartier, le plus vieux de Batna, est une tâche de première importance qui incombe en premier chef à la DJS.