Le manque flagrant de main-d'œuvre spécialisée dans les métiers du bâtiment a poussé le ministère de l'Habitat à se rapprocher du ministère de la Formation et de l'Enseignement professionnels pour la formation de 50 000 jeunes apprentis. Une convention portant sur la formation de 50 000 jeunes dans ce secteur a été signée, avant-hier, entre les ministères de l'Habitat, de l'Urbanisme et de la Ville et de la Formation et de l'Enseignement professionnels. La convention a été signée, en marge de la journée d'étude sur le développement de la formation professionnelle dans les métiers du bâtiment, par Abdelmadjid Tebboune, ministre de l'Habitat, de l'Urbanisme et de la Ville, et Mohamed Mebarki, ministre de la Formation et l'Enseignement professionnels, en présence de cadres des deux secteurs. La convention porte notamment sur la prise en charge des besoins en formation, initiale et continue, exprimés par le secteur de l'habitat pour garantir une main-d'œuvre nationale qualifiée et concrétiser les projets du plan quinquennal 2015-2019. A la faveur de cet accord, de nouveaux métiers seront introduits dans la nomenclature de la formation comme la promotion immobilière, la gestion des habitations, la maintenance des ascenseurs, la réhabilitation du vieux bâti. Des sessions de formation seront lancées à cet effet pour améliorer les performances des travailleurs selon les besoins exprimés, notamment au niveau local, dans le cadre de la formation continue, outre la mise en place de centres d'excellence en collaboration avec les entreprises pionnières dans ce domaine. La convention s'inscrit également dans le cadre de la coopération déjà établie entre les deux tutelles. Une convention similaire avait été signée en septembre 2013 pour la formation de 71 000 éléments. Selon les chiffres du ministère de la Formation et de l'Enseignement professionnels, les entreprises du secteur ont intégré 38 700 jeunes dans la formation initiale en 2014 et 42 400 autres en 2015. Aussi, 15 000 employés ont bénéficié d'une formation continue durant ces deux années. La nomenclature de la formation sera enrichie de 43 spécialités dans plusieurs domaines dont le coffrage, le revêtement, la marbrerie, la gestion des chantiers et des différents réseaux ainsi que la réhabilitation des sites archéologiques. Ces efforts s'inscrivent dans le cadre de l'adaptation des programmes de formation aux besoins du marché, nécessaires à la réalisation de la croissance économique requise, a indiqué M. Tebboune, qui a mis en avant l'importance d'introduire les nouvelles techniques de construction. Pour sa part, M. Mebarki a évoqué la nécessité d'accorder la priorité au mode de formation par l'apprentissage pour améliorer l'employabilité, indiquant que la loi de finances 2016 autorise le Fonds national pour le développement de l'apprentissage et la formation continue (FNAC) à prendre en charge toutes les activités qui y sont liées. Le secteur vise à faire passer le taux d'apprentissage des personnes formées de 39% actuellement à 70% dans les prochaines années. Le ministre de la Formation professionnelle a fait savoir qu'un groupe de travail a été installé pour créer un pôle d'excellence pour la formation, qui regroupe plusieurs entreprises pionnières dans leurs spécialités sous la supervision du groupe Cosider, soutenu par plusieurs entreprises dont Knauf, Lafarge et Coral.