Lors de l'ouverture, hier, du premier Forum mondial de la démocratie à Strasbourg, le SG du Conseil de l'Europe, Thorbjorn Jagland, a critiqué le décalage entre les « espoirs » suscités en 2011 par le « printemps arabe » et « la réalité de 2012 ». « En se soulevant contre des régimes autoritaires, les populations arabes demandaient une démocratie représentative, des élections équitables, une vie décente et la justice sociale » a-t-il estimé, déplorant que « beaucoup parmi les protestataires, notamment les jeunes, sont encore frustrés (...) parce que les changements sont trop lents, parce qu'ils ne vont pas assez loin ». L'ancien chef de gouvernement norvégien constate que ces « révolutions » rappellent que « l'autoritarisme tendait à produire ses propres symptômes de dysfonctionnement dont la corruption, l'injustice et l'abus de pouvoir ». Présent à la rencontre, le SG des Nations unies, Ban Ki-moon, a repris l'exemple syrien, qualifiant d' « extrêmement dangereuse » l'escalade du conflit à la frontière entre ce pays et la Turquie. Une crise, poursuit-il, qui « pose des isques sérieux à la stabilité des voisins de la Syrie et à l'ensemble de la région ». Se disant « profondément préoccupé » par le flot continu d'armes en Syrie, M. Ban a appelé toutes les parties à « abandonner l'usage de la violence et à se diriger vers une solution politique ». « La Syrie montre à quel point les transitions actuelles, qui ont inspiré tant d'espoir et de changement, ont aussi apporté incertitude et peur », a-t-il souligné, rejoignant les appréhensions soulevées par M. Jagland.