Il ne se passe pas une année sans que la rentrée universitaire soit secouée par des conflits. Houleuses, les rentrées se succèdent et se ressemblent, mais les leçons ne sont pas retenues. Que les mouvements de grève soient déclenchés par les enseignants ou les étudiants, leur fréquence et leur relative régularité traduisent un malaise profond dans notre université. Evidemment, les officiels et responsables successifs ne lésinent pas, dans leurs discours? un véritable faire-valoir ? sur la force des mots pour décrire le «marasme» dans lequel se débat l?enseignement universitaire avec toujours l?air de dire que la responsabilité incombe aux prédécesseurs et que, pour l?heure, il n?y a pas moyen de faire grand-chose. En fait, ce qui se passe pour l?université est à l?image de ce qui se passe pour tous les autres secteurs. La différence, et elle est de taille, c?est que de l?université dépend l?avenir de toute la nation. S?il y a une vérité au-dessus de toute démagogie, c?est bien celle-là. Elle reste valable même dans un pays comme le nôtre où l?on assiste à un bouleversement dramatique de l?échelle des valeurs et où des diplômes, couronnant de longues années d?études, ne valent rien devant les signes d?une richesse acquise au moyen de «débrouillardise» et d?«affairisme». C?est pourquoi, et même si cela semble être des coups d?épée dans l?eau, il y a lieu d?appeler encore et toujours à la nécessité de mesures urgentes pour une véritable refondation de notre université, son système de fonctionnement et ses programmes. Cela ne pourra toutefois pas se faire sans une revalorisation des enseignants et, en définitive, de toute l?institution qui a besoin des moyens de sa politique. Alors, peut-être, on assistera à une réévaluation des diplômes algériens qui, pour l?heure, ne pèsent pas lourd. Sauf surprise, ce ne sont pas les mesures annoncées aujourd?hui par le ministère qui vont amorcer la véritable réforme.