Défense Les étrangers drainent avec eux leur méfiance. Cela s'explique par de nombreuses raisons, notamment, l'insécurité. Mais, celle-ci, semble diluée dans le formidable élan de liberté qui anime la société algérienne. En outre, pour la communauté étrangère vivant en Algérie, il n'existe pas de modèle de vie standardisé. A l'instar de la société algérienne, qui cherche le sien, la communauté étrangère se cherche elle aussi. Elle n'a pas d'habitudes établies ou un mode de vie clairement affiché avec ses normes et son standing. Elle vit au jour le jour. Se repliant sur elle-même, elle s?est, au fil du temps, créé des habitudes défensives qui sont devenues un principe de vie. Les diplomates se retranchent dans leur tour d'ivoire et ne participent qu'à de rares conférences. «Les diplomates obéissent à des consignes strictes», dira Peter Skalweit, responsable d'une fondation allemande, pour expliquer ce retranchement. «Mais ce n'est pas le cas des autres étrangers qui se mêlent au vécu des Algériens». L'ambassadeur de l'Union européenne en Algérie, Lucio Guerrato estime que «ce n'est pas propre à l'Algérie. Dans tous les pays du monde, la communauté diplomatique vit en autarcie.» Les diplomates s'invitent entre eux. Des dîners dansants, des collations, voire des spectacles sont organisés dans ces ambassades. «Pour tuer la routine», explique le fils d'un diplomate. Des liens très étroits se sont noués entre les différentes communautés étrangères. Des histoires d'amour ont vu le jour sous le ciel d'Alger. Ces derniers temps, les employés des ambassades, notamment les filles, brisent les chaînes de l'interdit et partent se défouler dans les discothèques. «Beaucoup d'étrangers viennent chaque soir ici», souligne le gérant d'une discothèque réputée sur la place d'Alger. Quant aux autres, qui ne sont pas portés sur les déplacements nocturnes, ils se rendent dans les nombreux dancings des grands hôtels où ils résident. «Nous accueillons beaucoup d'étrangers», dira un employé du Pacha club de l'hôtel El-Djazaïr. D'autres étrangers ? même s'ils sont moins nombreux ? résident dans des appartements situés en ville et vivent au contact de la population sans aucun préjugé. «J'habite avec ma femme et mes deux enfants à Alger, le plus normalement du monde», déclare un Espagnol.