Le cancer du sein est une tumeur maligne de la glande mammaire. Autrement dit, c'est un cancer qui naît dans les unités cellulaires dont la fonction est de sécréter le lait, les unités ducto-lobulaires du sein, essentiellement chez la femme (le cancer du sein survient 200 fois moins souvent chez l'homme). Ce cancer est le plus fréquent chez la femme, avec 89 cas pour 100 000. 5 à 10% de ces cancers ont une origine génétique héréditaire; 85 à 90% des cas (forme dite sporadique ou non-héréditaire) ont des origines environnementales mal comprises. Certains choix de mode de vie (consommation d'alcool, acides gras, obésité, manque d'exercice physique) ou gynécologiques (première grossesse tardive, absence d'allaitement, etc.) favorisent aussi ce cancer. Le risque augmente de façon significative avec l'âge entre 30 et 60 ans, il est ensuite homogène entre 60 et 80 ans. L'âge moyen du diagnostic est de 61 ans. Il existe certains facteurs génétiques prédisposants, ainsi que des facteurs hormonaux. En 2002, on a dénombré près de 1,1 million de nouveaux cas dans le monde, avec plus de 400 000 décès dus au cancer du sein. L'incidence semble augmenter régulièrement, avec plus de 1,6 million de nouveaux cas en 2010 et 425 000 décès. La mortalité décroît sensiblement depuis les années 1990 dans les pays développés. Elle continue à croître dans les autres pays. En Algérie, les centres de santé enregistrent entre 7 000 et 10 000 nouveaux cas de cancer du sein par an selon les spécialistes, et près de 3 500 cas de décès annuellement. Ce chiffre est appelé à la hausse, car les cas non répertoriés officiellement ne sont pas comptabilisés par défaut de fichier national spécialisé. La prise en charge de ces cas s'opère au niveau des hôpitaux du pays à la faveur des services spécialisés ouverts ces dernières années, mais la radiothérapie accuse un grand déficit au niveau national. Une boule ou une masse dans un sein est le signe d'un cancer du sein le plus couramment observé. Cette masse, en général non douloureuse, est le plus souvent de consistance dure et présente des contours irréguliers. Elle apparaît par ailleurs comme «fixée» dans le sein. Une ou plusieurs masse(s) dures à l'aisselle signifient parfois qu'un cancer du sein s'est propagé aux ganglions axillaires. Les ganglions restent toutefois indolores. Des modifications de la peau du sein et du mamelon apparaissent, la peau du sein peut devenir capitonnée (et prendre l'aspect d'une peau d'orange) ou plissée. Le mamelon peut pointer vers l'intérieur, alors qu'habituellement il est dirigé vers l'extérieur. Le sein peut se déformer et perdre de son galbe, des rides peuvent apparaître. Si le cancer n'est pas diagnostiqué dès l'apparition des premiers symptômes, la tumeur peut grossir et se propager vers d'autres parties du corps, entraînant ainsi d'autres symptômes dits plus tardifs, tels que des douleurs osseuses, des nausées, une perte d'appétit, une perte de poids et une jaunisse, un essoufflement, une toux et une accumulation de liquide autour des poumons (épanchement pleural), des maux de tête, une vision double et une faiblesse musculaire. Le traitement du cancer du sein repose idéalement sur l'ablation chirurgicale de la tumeur, qui permet dans le même temps d'en faire le diagnostic de certitude. Cependant, la mutilation mammaire correspond aussi en général pour les femmes à une mutilation psychologique et sociale. Certaines femmes peuvent vivre cette mutilation comme une négation de leur féminité et, donc, de leur personnalité. Il existe aussi d'autres traitements comme la chimiothérapie, la radiothérapie et l'hormonothérapie, qui dans certains cas peuvent être utilisés pour obtenir une diminution de la tumeur en préalable à une opération chirurgicale. L'efficacité et les risques de chaque type de traitement dépendent du type du cancer, de son extension et du terrain. Détecter et traiter les tumeurs quand elles sont très petites (moins d'un centimètre de diamètre) est possible grâce à la mammographie et à un suivi régulier. Cela réduit le risque de mortalité, et permet des traitements moins lourds et moins traumatisants que la chimiothérapie et la chirurgie «mutilante» (ablation). Une mammographie tous les deux ans permet un dépistage efficace, mais qui expose à un risque de surdiagnostic correspondant à un faux positif : la femme est considérée comme porteuse d'un cancer du sein alors qu'elle ne l'est pas, l'exposant ainsi à un traitement non justifié avec tous les effets secondaires et les risques qui s'ensuivent. Le bénéfice de ce dépistage doit donc être soigneusement étayé. Il est mis en évidence, en particulier par une méta-analyse, une réduction significative de la mortalité en cas de dépistage précoce. Une échographie associée à la mammographie pourrait détecter un plus grand nombre de cancers, mais est associée à un nombre tout aussi important de faux positifs (biopsie infirmant le diagnostic du cancer). L'Imagerie par résonance magnétique (IRM) serait également un examen prometteur avec une fiabilité supérieure à celle de la mammographie. En terme de prévention, il est conseillé aux femmes de maintenir un poids santé, principalement après la ménopause, de faire de l'exercice le plus régulièrement possible (3 à 6 heures/semaine), limiter et, mieux encore, éviter le tabac. A. K.