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Réunion informelle de l'OPEP à Alger en septembre : objectif stabiliser les cours L'annonce a fait remonter les prix du brut à près de 45 dollars le baril
Une réunion informelle de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) se tiendra, en marge du 15e Forum international de l'énergie prévu du 26 au 28 septembre à Alger. Cette annonce, émanant de Mohammed Bin Saleh Al-Sada, ministre qatari de l'Energie et de l'Industrie, également président de l'Opep, a fait remonter hier les prix pétroliers à près de 45 dollars pour le Brent. Une réunion informelle de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) se tiendra, en marge du 15e Forum international de l'énergie prévu du 26 au 28 septembre à Alger. Cette annonce, émanant de Mohammed Bin Saleh Al-Sada, ministre qatari de l'Energie et de l'Industrie, également président de l'Opep, a fait remonter hier les prix pétroliers à près de 45 dollars pour le Brent. Les cours du Brent et du WTI, rappelons-le, sont dernièrement entrés en territoire baissier. La référence européenne du brut est tombée, mardi dernier jusqu'à 41,51 dollars, au plus bas depuis le 18 avril, tandis que son homologue américaine s'est enfoncée jusqu'à 39,26 dollars, un minimum depuis le 18 avril également. Le baril de brut vénézuélien, qui était tombé en avril à 30 dollars, s'est repris en juin pour atteindre les 40 dollars, mais jeudi dernier, il s'établissait à 33,50 dollars. Chose qui a suscité l'inquiétude du Venezuela, très dépendant du pétrole et plongé dans une profonde crise politique et économique. Le chef de l'Etat vénézuélien, Nicolas Maduro, a voulu, de ce fait, organiser une réunion entre les pays membres de l'Opep et les producteurs extérieurs à l'Opep pour stabiliser les cours du brut. L'objectif de cette rencontre est de «stabiliser (le cours) autour de 40 et plus, 50, 60» dollars par baril, a expliqué Nicolas Maduro, dont le pays est membre de l'Opep. «Cela n'est pas un problème juste de Maduro, c'est un sujet national et international de premier ordre. Nous avons lancé une bataille terrible pour stabiliser» les prix du pétrole, en chute depuis de longs mois, a-t-il souligné. En décembre, le Président vénézuélien, a multiplié les efforts diplomatiques pour convaincre ses pairs de l'Opep d'établir une stratégie commune pour réduire «de 5%» la production globale de brut et ainsi redresser les prix. En vain. L'Algérie qui dépend fortement aux hydrocarbures, s'est lancée dans ce processus de concertation avec les pays membre de l'Opep et s'est même orientée vers les pays non membres de cette Organisation. Et ce, afin d'arriver à un consensus qui permettrait d'endiguer la baisse des cours sur les marchés. Mais, «l'Algérie seule ne peut rien faire. Tout comme beaucoup de pays, d'ailleurs», avait estimé l'ex –ministre de l'Energie, Salah Khebri. Pour lui, «il s'agit de mener un travail de concertation et trouver un consensus au sein de l'Opep» pour examiner les voies et moyens d'arriver à faire remonter les cours, du moins à stabiliser le marché. Selon lui, «il faut faire bouger les choses au sein de l'Organisation. Menée par l'Arabie saoudite, l'Opep contribue, depuis plus de deux ans, à déprimer les cours en s'abstenant d'abaisser son plafond de production, notamment après l'échec de négociations entre la plupart de ses membres et la Russie en avril. Les participants à cette réunion devaient discuter autour de la possibilité du gel de leur production pétrolière à son niveau de janvier 2016 afin de soutenir les prix, dans un marché où l'offre est surabondante. Mais des divergences entre l'Iran et l'Arabie saoudite, les deux grands rivaux du Moyen-Orient, avaient éclaté avant même le début des discussions, entraînant une décision de boycott de Téhéran. Selon Anas Alhajji, économiste expert en énergie et ancien économiste en chef à la NGP Energy Capital Management, «le pouvoir de l'Arabie saoudite est expansif. Il reste le principal producteur sur les marchés pétroliers mondiaux et ses décisions politiques et économiques donnent le ton de l'économie énergétique mondiale». L'expert pétrolier, Mourad Preure, dans un entretien à La Tribune a déjà mis le doigt sur ce point épineux. Selon lui, «l'Opec ne pourra plus carteliser le marché comme elle a pu le faire par le passé». «En fait l'Opec a cédé son rôle de swing producer, de producteur résiduel aux pétroles de schistes américains», nous a-t-il expliqué. Dans le moyen terme, cet expert pense que l'Opep ne pourra plus contrôler le marché. La mainmise de l'Arabie saoudite sur le marché pétrolier a fait sombrer la majorité des pays producteurs de pétrole dans une crise économique aigue. Avec une exploitation en hydrocarbures qui compte pour plus de la moitié de son PIB et pour 60% des recettes fiscales de l'Etat, l'Algérie est la deuxième grande victime, en dehors des pays du Golfe, du crash pétrolier initié en juin 2014. Sa balance commerciale est déficitaire de 10,83 milliards de dollars (mds usd), enregistrant ainsi, une hausse du déficit de 27,2%, au premier semestre 2016 par rapport à la même période de l'année 2015. Le Fonds de régulation des recettes (FRR), créé par le pouvoir en 2000 pour gérer les excédents budgétaires liés aux exportations d'hydrocarbures, suffit encore à éponger le déficit. Mais d'après les données disponibles sur le site de la Direction générale de la prévision et des politiques du ministère des Finances, l'épargne publique versée dans le FRR n'a enregistré aucune plus-value, alors que les prélèvements s'y sont accélérés… Pour limiter les répercussions de cet effondrement, le gouvernement algérien a opté pour la diversification de ses ressources financières en lançant entre autres, un emprunt obligataire public. Déjà fragilisée par les sanctions occidentales liées au rôle de Moscou dans la crise ukrainienne, l'économie russe est l'autre grande perdante de la faiblesse des prix du pétrole, qui représente la moitié de ses recettes budgétaires à l'export. La dégringolade du rouble, liée à ce recul des cours de brut, a renchéri le coût des importations et des biens de première nécessité. Pour sortir sereinement de cette récession, la Banque centrale russe s'est préparée à un «scénario de risque», dans lequel le cours du baril de pétrole se maintiendrait autour de 35 dollars sur les trois prochaines années. Le pays, qui s'était opposé en décembre dernier à certains pays de l'Opep désireux de baisser le volume de production, a choisi, sans surprise, de maintenir son principal taux d'intérêt à 11% et de prolonger le statu quo de sa politique monétaire face à la montée des risques inflationnistes. Une question se pose: les pays producteurs de pétrole réussiront-ils à redresser les prix lors de la réunion «informelle» de l'Opep qui aura lieu prochainement à Alger? Il y va du devenir de leurs économies! B. A.