Après le Comité olympique algérien, voilà que la Fédération internationale de handball s'insère, plus à raison qu'à tort, dans le domaine des sports en Algérie. Cet évènement n'est pas l'apanage uniquement de notre pays même s'il se répète trop souvent, ce qui n'est pas sans lui porter quand même un sérieux accroc. Il faudrait rappeler en effet, ce et, juste pour dire les choses comme elles le sont en réalité avec les instances internationales sportives et le CIO, qu'en juin 2011 et au lendemain de la débâcle française au Mondial et des remous suscités, Jerome Valcke, secrétaire général de la FIFA anticipant sur les réactions sanguines et pour cause de l'establishment, rappelait «…qu'il n'était pas question que le pouvoir politique exige la démission d'un dirigeant d'une fédération de football…et si tel est le cas, il y aura réaction de la FIFA comme elle le ferait dans n'importe quel endroit du monde…». Et, ce qui a le mérite d'être clair pour la Fédération internationale de football l'est aussi pour le reste des autres fédérations dans la mesure où, au regard de l'universalisme du sport, les principes généraux ne peuvent qu'être à l'identique. Le cadre réglementaire, juridique et administratif étant déterminé, il ne restait plus à tout Etat ayant choisi d'adhérer à une fédération donnée d'en respecter les règles aussi drastiques pouvaient-elles l'être en certaines circonstances pour certains. Une telle adhésion induisait obligatoirement une organisation interne des fédérations rigoureuse recoupée par un comité olympique local (national) campant le rôle de sentinelle en charge du respect des valeurs sportives et morales.Toute cette organisation a encore une fois le mérite d'être claire. Quoi que malgré la transparence qui la caractérise elle n'a pas empêché dans le pays, depuis une dizaine d'années, l'installation sournoise d'une véritable anarchie au sein du football, discipline populaire dont les contours sont devenus corvéables à merci du fait de l'intrusion d'une nouvelle race de dirigeants, apprentis sorciers, qui en ont perverti les règles et remplacé par des pratiques interlopes auxquelles les institutions officielles se plient par passivité, pour ne pas jurer de complicité, corrodant ainsi l'esprit même de la discipline. Une corrosion qui, bien entendu, a donné les successives et douteuses compétitions de la dernière décennie.Ce qui s'est passé dans le monde du football et qui jusque là était considéré comme une tare inévitable en raison d'enjeux dépassant largement le seul contexte sportif n'allait pourtant pas épargner graduellement d'autres disciplines, non pas pour des raisons strictement vénales (ce qui n'est pas exclure automatique) mais plus parce que le créneau était devenu le tremplin par excellence à même de matérialiser les ambitions de ceux qui s'y projetaient. Que ces ambitions soient professionnelles ou politiques.Judo, handball, basket-ball, boxe, natation, escrime, des fédérations réputées inatteignables par l'amateurisme, au sens péjoratif du terme, vont vivre à tour de rôle les trames déstabilisatrices de coulisses, Iago de services et serviteurs zélés se multipliant, les soutiens de marque à un camp précis s'épancheront à travers les médias pour, sans en donner l'air, légitimer une partie par rapport à une autre, les présidents des fédérations concernés étant dépassés, incompétents pour ramener la sérénité, sinon sont dans la réalité les Néron par qui arrivent et/ou sont orchestrés les scandales.L'instabilité qui s'en suit aidée en cela par une communication sujette à caution si ce n'est d'une omerta collective convenue et une confusion dans sa médiatisation induit obligatoirement des conséquences sur la nature de la compétition d'abord, sur le comportement des supporters et les potentiels risques de dérives et dérapages qui, enfin, incitent les pouvoirs publics à sortir de leur réserve et ce faisant à leur faire prendre des mesures irrationnelles en ce sens qu'elles irritent les institutions internationales es qualité lesquelles, semblent se faire un plaisir à affirmer leur autorité en insistant sur le respect des engagements pris par l'Algérie et celui (respect) des valeurs morales qu'elles-mêmes galvaudent superbement. Nous en donnons pour preuve les affaires de corruption, abus d'autorité et passe-droit qui ont émaillé un bon nombre de fédérations internationales en plus de l'auguste Comité olympique international lui-même plus que secoué lors de l'attribution des Jeux d'hiver de Salt Lake city.Cela n'absout toutefois en rien le secteur sportif national qui est bel et bien gangréné, comme cela n'absout pas le gouvernement et les institutions élues de rester dans une posture de démissionnaire devant des pratiques qui mènent l'activité sportive vers l'impasse et faire de la démesure la seule norme possible.L'Algérie en ce domaine a atteint les profondeurs abyssales. Plus particulièrement à partir du moment où, il y a trois années, le Comité olympique algérien a commencé à connaitre ses premières lézardes car s'agissant du reste des fédérations, le péril est désormais en la demeure. A. L.