Le bon début de saison des Blues en Premier League et le renouveau des Bleus sous l'impulsion de Laurent Blanc l'invitent en effet à voir la vie en rose. En pleine préparation avec l'équipe de France pour les qualifications à l'UEFA EURO 2012, Florent Malouda a reçu FIFA.com, pour un entretien exclusif. Le milieu de terrain de Chelsea y évoque sa vie en club et en sélection. Détendu et souriant, Malouda aborde les prochains rendez-vous avec optimisme et détermination. Le bon début de saison des Blues en Premier League et le renouveau des Bleus sous l'impulsion de Laurent Blanc l'invitent en effet à voir la vie en rose. Après sept journées, comment voyez-vous la saison en Premier League ? Le niveau est vraiment costaud ! On parle de "Big Four", mais on sent bien, depuis quelques temps, la poussée de Manchester City, ou encore Tottenham qui est assez dangereux. Toutes les équipes cherchent à se développer, à bousculer l'ordre établi, surtout en Angleterre où les clubs investissent beaucoup. Pensez-vous que le titre va à nouveau se jouer entre Chelsea et Manchester United ? C'est comme ça depuis 2004. Il y a une vraie rivalité qui s'est installée, avec le titre pour l'un, la deuxième place pour l'autre et inversement. C'est toujours une lutte acharnée jusqu'au dernier moment. La saison dernière, on a perdu le titre à Old Trafford, l'année précédente, on a gagné le titre là bas. L'histoire se répète un peu ces derniers temps… Cette saison, on a nos cadres qui sont restés, et des jeunes joueurs ambitieux et talentueux qui nous ont rejoints. Cela doit nous permettre de rester compétitifs sur tous les tableaux, avec un savant mélange d'expérience et de fougue. Vous voyez-vous durer comme Ryan Giggs, qui évolue au même poste que vous ? Ryan Giggs ou Javier Zanetti, ce sont mes références en termes de carrière, tout comme a pu l'être Paolo Maldini. Ça se fait de moins en moins aujourd'hui, mais rester dans un club qui peut tout gagner, passer la trentaine et rester compétitif, c'est extraordinaire. C'est vrai qu'on joue moins, mais on apporte énormément quand on est sur le terrain. Est-ce que vous suivez de près le championnat français ? Bien sûr ! Notamment mes anciens clubs. Je vois que Guingamp continue à sortir des jeunes, comme Bakary Koné qui est parti à Lyon cette année, et à jouer son rôle de tremplin. Mes filles sont nées à Guingamp, et j'ai fait des enfants quasiment dans tous les clubs où je suis passé, donc ça renforce les attaches ! (rires) Comment voyez-vous cette saison de Ligue 1 ? C'est Paris qui me semble avoir le plus de certitudes, avec le recrutement qu'ils ont fait. Le problème de Lyon, c'est qu'ils ont la Ligue des champions et qu'on y laisse beaucoup d'énergie. J'aime bien ce qui se passe à l'OL en ce moment, avec plein de jeunes joueurs et un nouvel entraîneur respecté. Quand j'étais là bas, j'échangeais beaucoup avec Rémy Garde et c'est quelqu'un que j'apprécie énormément. Vous faites partie des plus expérimentés en Bleu. Vous avez tout connu, de la finale de 2006 au fiasco de 2010… C'est vrai que j'ai connu le meilleur avant, et le plus désagréable par la suite… Ce que je retiens, c'est que la différence entre les deux extrêmes ne tient pas à grand-chose. Il y a toujours énormément de passion et d'histoires autour de l'équipe nationale. Les gens ont tellement envie de savoir qu'ils imaginent des choses et échafaudent des scénarios. Il faut être imperméable et suffisamment costaud pour résister à ça. Cette pression extérieure vous atteint-elle plus en Bleu qu'avec Chelsea ? C'est complètement différent. En sélection, ce sont des périodes plus courtes, les joueurs changent parfois beaucoup d'un rassemblement à l'autre, et on n'a pas toujours les mêmes libertés et les mêmes avantages qu'on a en club. Moi en 2006, j'étais au service d'artistes comme Zinedine Zidane ou Thierry Henry, il y avait des cadres et j'avais un rôle que j'ai rempli. En 2008 et en 2010, j'ai fait la même chose mais il n'y a pas eu les résultats. Ça a engendré toute sorte de commentaires désagréables, et des comparaisons avec mes prestations en club. Ce sont toujours les résultats et les victoires qui vous donnent raison. Qu'est-ce qui a changé sous Laurent Blanc ? Il y a eu pas mal de changements et un bon renouvellement de génération, du coup je fais partie des plus vieux maintenant (rires) ! Il y a aussi eu une accalmie au niveau médiatique, parce que les gens s'acharnaient sur l'ancien sélectionneur, sans discernement et quoi qu'il fasse. Laurent Blanc a représenté un nouvel espoir, et les choses ont changé à tous les niveaux : le comportement des joueurs, leur implication, la volonté de bien faire…