Les violences au Yémen ont causé la mort de quelque 1.850 personnes et environ 500 000 habitants ont fui leurs foyers, ont annoncé hier à Genève des porte-parole de l'ONU. Selon l'Ocha, l'organisme de l'ONU gérant les situations d'urgence, qui cite les services de santé du Yémen, il y a eu en outre 7 394 blessés, en sus des 1.850 tués. Adrian Edwards, porte-parole du Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR) de l'ONU, a indiqué que le nombre de personnes déplacées depuis mars dernier est estimé à plus de 545 000. Selon lui, la trêve qui s'est terminée lundi, a permis au HCR d'envoyer plus d'aide par la route ou par avion, à partir des centres de redistribution à Sanaa et Aden. L'aide a pu être distribuée dans des régions difficiles d'accès. Six avions chargés d'aide ont pu atterrir sans problème à Sanaa, a-t-il précisé. Toutefois, selon Elisabeth Byrs, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU, la trêve n'a pas été suffisamment longue pour permettre la distribution de toute l'aide alimentaire prévue. Le PAM n'a pu distribuer qu'environ la moitié de ce qui était prévu. Le PAM prévoyait de donner une aide alimentaire à 738 000 personnes, mais n'a pu secourir que 400 000 d'entre elles.
Les raids de la coalition frappent la capitale La capitale du Yémen, Sanaa, a été touchée dans la nuit de lundi à mardi par des raids aériens de la coalition conduite par l'Arabie saoudite. Ils visaient des forces demeurées loyales à l'ancien président Ali Abdallah Saleh. Ces attaques, qui se sont concentrées sur l'est et le sud de la ville, selon des habitants, sont les premières menées sur la capitale yéménite après une trêve de cinq jours qui s'est achevée dimanche soir. Les opérations militaires ont repris lundi dans la province de Saada dans le nord du pays ainsi que dans le port d'Aden, situé au sud. L'Arabie saoudite et ses alliés sunnites du Golfe mènent depuis sept semaines une offensive contre les milices chiites houthies, alliées de l'Iran, et contre les groupes armés fidèles à Ali Saleh. Cette campagne militaire vise à permettre un retour au pouvoir du président Abd Rabbou Mansour Hadi contraint à l'exil. La trêve de cinq jours n'a pas été prolongée dans le pays en dépit des appels des Nations unies et des organisations humanitaires qui demandaient du temps pour apporter l'aide nécessaire aux populations civiles.