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Sans titre
Publié dans Le Soir d'Algérie le 12 - 08 - 2020

Je ne trouve pas de titre. C'est comme ça. Que voulez-vous que je vous dise ? Il y a des jours sans. Le mien, c'est aujourd'hui. Je dois avoir besoin d'un recul. Un recul pour mieux sauter. C'est ce qu'on dit pour se donner bonne conscience. Il n'y a rien de réjouissant aux alentours. C'est la sinistrose. Je vois tout en noir. Je ne vois nul sourire ami venir arrondir, un tant soit peu, les angles. Pourtant, j'aurais aimé le trouver ce geste amical, compatissant et désintéressé, qui viendrait proposer une once de réconfort. En période bénie, les gestes amicaux pleuvent de partout ; ils tombent à verse. En périodes de vaches maigres, le silence se fait lourd, opaque à couper au couteau. Une voix intérieure me dit : « C'est de bonne guerre ! » Est-ce vrai que l'on est que l'ami de soi-même ? C'est du domaine du possible. On n'est jamais mieux servi que par soi-même.
Je me dis alors : « Et le partage des bancs de l'école ? Et le partage des petits secrets amoureux ? Et le partage des escapades vers la grande bleue ? Et le partage des bleus à l'âme ? Et le partage des gueuletons arrosés comme il se doit ? Et le partage des choses de la vie ? Et le partage de la belle paire de tennis ? Et le partage de la chambre universitaire ? » Puis la spontanéité de la jeunesse s'en va discrètement. Juste après le service national, le cœur en a plein la besace. De là, les intérêts s'aiguisent et les mains relâchent l'épaule amie jusqu'à la déchirure. Il y a également le boulot, on n'a plus le temps. On vit dans une autre ville. De plus, il y a les enfants à couver. Il y a d'autres priorités, n'est-ce pas ?
Comme il n'y a pas d'amour éternel, il ne peut y avoir d'amitié éternelle. Ça dure le temps de la passion. Puis, comme tout ramollit, jusqu'aux neurones qui perdent leur jus. On continue néanmoins de se bercer d'illusions. On va chanter nos retrouvailles. Ce n'est qu'une chanson, rien d'autre ! De temps à autre, par téléphone, surtout depuis l'invention du mobile, on rallume le feu ; sauf qu'on oublie de mettre, de nouveau, du bois sec. Dès lors, il y a un semblant de fumée. Qui ne fait pas illusion. On se raconte quelques anecdotes d'un temps qui n'est plus ; puis, à la prochaine ! La prochaine n'est jamais déterminée ni datée. Du tout ! À la prochaine, c'est tout ! On oublie. On revient, nécessité fait loi, à l'absurde du quotidien. Le boulot. La famille. Les enfants. La retraite. Hop, on commence à entrevoir la mort au seuil de la porte.
Tiens, j'ai le cœur qui flanche ; je vais devoir subir une opération. Tiens, je souffre d'arthrose ; j'ai le genou en flanelle. Tiens, j'ai une insuffisance rénale terminale ; je suis sous dialyse. Tiens, j'ai un diabète ; je l'ai su incidemment ; oui, je me mets à l'insuline. La liste est longue. Je n'invente rien. À ce stade, on perd de l'huile de partout, comme une « dodoche ». On prend un abonnement chez le spécialiste. Et chez le pharmacien. Tout d'un coup, nous sommes des malades chroniques. Le pilulier est dans la poche, au quotidien. Alors, les amis, vous dont le silence est de plomb, que reste-t-il de nos vingt ans ? Une carcasse vermoulue. Une carcasse qui tombe en ruine. Une carcasse qui respire une nostalgie béante. Une carcasse qui se dirige droit vers le trou. Alors, nos vingt ans sont dans un album photo en noir et blanc. Dans notre mémoire ? Non, elle est défaillante, la pauvre !
J'ai l'esprit en compote. Je suis hors-jeu. Il y a des jours comme ça. C'est ce qui explique cette chronique sans titre. Je voudrais dire, mais doucement, que j'ai le spleen. Aïe, le mot est lâché ! Tu es ringard, me diront certains esprits sûrs de leurs certitudes et de leur bon droit sur cette existence. Mais, tu es d'une autre époque, kho ! Réagis, ya bnadem, tu prends une bonne cuite, comme un vrai adepte de Bacchus, pour un réveil en gueule de bois ; tu verras, tu seras d'aplomb, frais comme un gardon. Wech, had le spleen ? Tu n'es pas Baudelaire. Tu n'as pas écrit Les fleurs du mal, que je sache. Pour le moment, tu peines à finir une chronique, sans titre qui plus. Cette voix intérieure ne me facilite pas la tâche. Et si c'était ma mauvaise conscience ?
Je ne vais pas parler du Liban, il est à l'image de tous les pays arabes. Je le voyais autrement cet Etat, une espèce de rivage verdoyant dans un Moyen-Orient désarçonné. De la corruption (encore ?). De la faillite, jusqu'à la cessation de paiement. Un Hizbollah, maître des lieux. Mais qu'ai-je à voir avec le Liban ? Je n'arrive même pas à réguler mon humeur. Je ne vais pas tout de même me mettre à parler d'un pays écrasé par des voisins cannibales. Israël par là. La Syrie omniprésente. L'Iran et son armée chiite, le Hizbollah. Dès lors, dans ma tourmente de ce jour, je voudrais savoir si les pays arabo-musulmans connaîtront la paix, la richesse et la reconnaissance du monde. N'ont-ils pas seulement le regard tourné vers la Cité Idéale de Médine ? Non, je laisse les spécialistes faire la part des choses. J'ai, tout de même, mal au Liban.
Je ne vais pas encore parler du corona. On en a fait le tour. Il faut maintenant attendre un hypothétique vaccin, qui viendrait de là-bas. Bien sûr ! Pas du Moyen-Orient, en tous les cas ! Tout le monde le sait. On ouvre tout, désormais. Les plages. Les mosquées. Les cafés. Les restaurants. Les bars... Je ne suis pas si sûr. A-t-on parlé des bars ? Je ne pense pas. Ce que je sais, c'est que la pandémie fait toujours sa sale besogne. Ça cueille des malades de tous âges. Je ne vais pas, tout de même, parler de poésie. J'entends la petite voix me dire : « Repars à ta préhistoire. Arrête de nous bassiner avec ceux qui traficotent les mots, pour (zaâma) en faire une belle toile. Laisse tomber tes grimoires. Va à l'essentiel. Tes mots, tu les mets dans le coffre de ton cœur. Regarde la vie en face. » J'aurais dû faire l'impasse de cette chronique. J'aurais dû faire une chronique buissonnière. J'aurais dû fermer ma gueule et aller vers la mer lui dire mon désarroi.
Je laisse le soin à Hamid Tibouchi de clore cet espace de parole : «Le verbe/Ce devrait être une patère/Pour y suspendre/Le silence. »
Y. M.


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